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Actualités - Chronologie

Dopage Le peloton encaisse en silence, mais n'en pense pas moins (photo)

La nouvelle affaire de dopage mise au jour à Paris par la Brigade des stupéfiants fait parler tout le peloton, mais tout bas, et évidemment pas devant les micros de la presse, a-t-on constaté dimanche à la dernière étape des Quatre Jours de Dunkerque, entre Gravelines et Dunkerque (Nord). L’arrestation de Bernard Sainz, l’éleveur de chevaux connu dans le monde du cyclisme sous le surnom de «Docteur Mabuse», n’a pas surpris grand monde, celle de Me Bertrand Lavelot étonne manifestement davantage, et la mise en examen de Philippe Gaumont suscite des commentaires gênés chez ses confrères coureurs. L’engouement du public ne se dément pas, on l’a constaté sur les routes des Quatre Jours, et les supporters sont peu enclins à se poser les questions de fond. «On en veut au vélo, on veut casser le cyclisme et on laisse les autres sports tranquilles», reprochent-ils assez unanimement. D’autres sont plus virulents, et un journaliste de L’Equipe a ainsi été molesté samedi soir dans un café, après l’arrivée de l’avant-dernière étape. «Les coureurs observent la loi du silence, non pas au sens mafieux, mais tout simplement parce qu’ils ont peur de parler, par crainte de ne pas retrouver un contrat la saison prochaine», explique un ancien coureur, resté une figure du petit monde cycliste. «La plupart de ceux qu’on appellera les petits coureurs, pour les différencier des vedettes, disent tout bas qu’ils approuvent les initiatives de la police et de la justice», ajoute-t-il. « Prendre ses responsabilités » «Au fond d’eux-mêmes, ils sont contents, car ils ont découvert, s’ils l’ignoraient, que l’argent et les relations continuent de permettre à certains, malgré l’offensive antidopage, de profiter de certaines pratiques auxquelles eux-mêmes n’ont pas accès», affirme-t-il. Quelques-uns parlent toutefois. Laurent Pillon, par exemple, le Français de la petite équipe belge Home Market Charleroi. «Les coureurs doivent prendre leurs responsabilités et arrêter les c... Un coureur pris la main dans le sac doit être sanctionné, très durement, comme cela les coureurs ne joueront plus», disait-il dimanche midi, peu avant le départ de la dernière étape. Marc Madiot, directeur sportif de la Française des Jeux, dont le coureur Yvon Ledanois a été mis en examen et libéré sous contrôle judiciaire dimanche après-midi à Paris, éludait toutes les questions avec un sourire muet. Alain Bondue, manager de Cofidis, s’en tenait aux positions clairement établies par son groupe : «Si un coureur s’est avéré coupable de dopage, et je considère que la culpabilité s’établit par des preuves ou des aveux, nous nous en séparons». « Présomption d’innocence » À propos de son coureur Philippe Gaumont, lui aussi mis en examen et libéré dimanche, Alain Bondue a invoqué à nouveau le respect de la «présomption d’innocence». «Voyons quelles seront les conclusions de l’instruction, et elles détermineront la décision de Cofidis», a-t-il ajouté. Alain Bondue a enfin eu des nouvelles de son leader Franck Vandenbroucke. «Il m’a appelé après avoir été informé de mes messages, et m’a confirmé sa décision d’organiser une conférence de presse mardi matin», a-t-il annoncé. Mais le jeune champion belge ne lui a fait aucun commentaire au téléphone, a-t-il affirmé. «J’ai découvert, essentiellement par la presse, que Franck avait toujours recours aux services de Me Lavelot dans son contentieux financier avec l’équipe Mapei, et il est vrai que cela pourrait suffire à expliquer la présence de son nom dans le fichier de l’avocat», a-t-il ajouté. Alain Bondue veut rester «optimiste, malgré le traumatisme», a-t-il encore déclaré. «C’est dommage, bien sûr, que des coureurs de mon équipe soient mis en cause, mais je suis persuadé que l’offensive contre le dopage va dans le bon sens. Je persiste à croire, comme je le disais déjà l’été dernier, que seules la police et la justice ont les moyens d’intervenir efficacement», a-t-il conclu. Fanck Perque (Française des Jeux) : « Je ne me suis jamais dopé » «Je ne me suis jamais dopé», a indiqué le coureur picard de La Française des Jeux, Franck Perque, dans une communiqué publié dimanche soir à l’AFP. «Après avoir été entendu le 7 mai par les policiers au Quai des Orfèvres, je tiens à préciser avoir reçu l’assurance de n’être en rien soupçonné d’être complice d’une quelconque affaire de dopage», a-t-il déclaré. «Les policiers m’ont demandé dans quelles mesure j’avais eu recours au Dr Bernard Sainz. Je leur ai précisé que j’avais rencontré le Dr Bernard Sainz pour la première fois fin décembre 1998 à titre d’homéopathe. Ils ont d’ailleurs saisi chez moi des produits homéopathiques et de la vitamine B12. J’affirme ne m’être jamais dopé», conclu le communiqué de Franck Perque. Ce dernier avait été interpellé à son domicile en province, vendredi et avait été interrogé de 12h00 à 18h30, avant de ressortir libre et non inculpé des locaux de la Brigade des stupéfiants de Paris. Fort de son innocence, Franck Perque a par ailleurs indiqué qu’il n’avait pas ressenti la nécessité d’avoir recours au service d’un avocat.
La nouvelle affaire de dopage mise au jour à Paris par la Brigade des stupéfiants fait parler tout le peloton, mais tout bas, et évidemment pas devant les micros de la presse, a-t-on constaté dimanche à la dernière étape des Quatre Jours de Dunkerque, entre Gravelines et Dunkerque (Nord). L’arrestation de Bernard Sainz, l’éleveur de chevaux connu dans le monde du cyclisme sous le surnom de «Docteur Mabuse», n’a pas surpris grand monde, celle de Me Bertrand Lavelot étonne manifestement davantage, et la mise en examen de Philippe Gaumont suscite des commentaires gênés chez ses confrères coureurs. L’engouement du public ne se dément pas, on l’a constaté sur les routes des Quatre Jours, et les supporters sont peu enclins à se poser les questions de fond. «On en veut au vélo, on veut casser le cyclisme et on...