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Actualités - Chronologie

Droits de l'homme ou diplomatie mercantile : Paris cherche à se défendre

L’accueil controversé à Paris des présidents chinois Jiang Zemin et iranien Mohammad Khatami a obligé la France à se défendre des accusations de sacrifier les droits de l’homme sur l’autel de son influence politique et économique. La coïncidence de calendrier entre les deux visites, la pompe et les honneurs exceptionnels réservés aux deux dirigeants, et la volonté très claire des autorités françaises de contenir les manifestations hostiles, ont accentué cette critique de «realpolitik» à la française. Le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine a été interpellé à l’Assemblée nationale par une parlementaire reprochant aux autorités françaises leur «cynisme commercial». La Chine a annoncé, pendant la visite de Jiang Zemin la commande de 28 avions européens Airbus, assemblés en France. Et les chefs d’entreprises français espèrent de nouvelles percées en Iran après la venue de M. Khatami. Le jour de son arrivée à Paris, le groupe français Alstom révélait la vente aux chemins de fer iraniens de 100 locomotives, un contrat de 200 millions de dollars. «Vous parlez de cynisme commercial. Je ne vois pas bien ce que cela veut dire dans un pays où un tiers des salariés travaillent pour l’exportation et je ne vois pas en quoi la démocratie progressera plus vite dans les pays qui achèteront des Boeing plutôt que des Airbus», a répliqué M. Védrine. Le ministre a expliqué que la France ne pouvait s’abstenir de dialoguer avec une puissance telle que la Chine. Il a ajouté qu’elle devait encourager les efforts de Mohammad Khatami, dirigeant réformiste et légalement élu, qui porte les espoirs d’ouverture du régime des mollahs iraniens. Les dirigeants français, aussi bien le gouvernement majoritairement socialiste que le président néo-gaulliste Jacques Chirac, ont assuré que la question des droits de l’homme et des libertés avait été abordée, tant avec Jiang Zemin qu’avec Mohammad Khatami. En employant une formule choc sur les Boeing et la démocratie, Hubert Védrine a exprimé le souci de la France de ne pas laisser, dans les relations avec la Chine, le champ libre aux États-Unis. «Le dialogue portant à la fois sur ce qui peut représenter des convergences et en même temps des désaccords sur la démocratie, sur les droits de l’homme, sur la question du Tibet, pourquoi seuls les États-Unis l’auraient-ils ?», a-t-il interrogé. Avec M. Khatami, les dirigeants français ont assuré avoir soulevé la question du sort de 13 juifs iraniens accusés d’espionnage et qui risquent la peine de mort. N’empêche, le cérémonial des deux visites et le zèle montré par les autorités françaises à contenir, voire réprimer les manifestations d’opposants ou de défenseurs de droits de l’homme, ont choqué une partie de la presse et certains hommes politiques. «Je ne suis hostile ni à la venue du président Khatami ni à celle de Jiang Zemin. Cela fait partie des relations normales d’État à État. Mais, si des manifestations d’opposants relèvent du terrorisme, alors les choses sont graves», a déclaré au quotidien Le Figaro Henri Leclerc, président de la Ligue des droits de l’homme. La France a, pendant une semaine, mis entre parenthèse la libre-circulation des personnes en Europe, en rétablissant les contrôles aux frontières avec l’Allemagne et l’Italie, afin d’empêcher l’entrée sur son territoire de manifestants anti-iraniens.
L’accueil controversé à Paris des présidents chinois Jiang Zemin et iranien Mohammad Khatami a obligé la France à se défendre des accusations de sacrifier les droits de l’homme sur l’autel de son influence politique et économique. La coïncidence de calendrier entre les deux visites, la pompe et les honneurs exceptionnels réservés aux deux dirigeants, et la volonté très claire des autorités françaises de contenir les manifestations hostiles, ont accentué cette critique de «realpolitik» à la française. Le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine a été interpellé à l’Assemblée nationale par une parlementaire reprochant aux autorités françaises leur «cynisme commercial». La Chine a annoncé, pendant la visite de Jiang Zemin la commande de 28 avions européens Airbus, assemblés en France. Et les...