Libérée de toute pression après sa victoire en poursuite, Marion Clignet a remporté un deuxième titre mondial en course aux points, permettant ainsi à l’équipe de France d’atteindre un record historique de sept médailles d’or, dimanche à Berlin. Dans l’épreuve de clôture du keirin, Frédéric Magné a pris la troisième place pour porter le bilan tricolore à un total définitif de dix médailles : sept d’or, deux de bronze et une d’argent. Clignet, célèbre pour le caractère imprévisible de ses performances, ne faisait pas vraiment partie des favorites de la dernière épreuve féminine des championnats du monde de cyclisme sur piste. «C’était un pari, dit-elle. J’ai attaqué la course sans pression puisque j’avais rempli mon contrat en décrochant le titre de la poursuite, qui était mon principal objectif. Je n’avais pas de stress». Clignet est partie très prudemment avant de placer une attaque à mi-course pour distancer d’un tour le peloton de ses rivales et l’emporter finalement avec 20 points devant l’Allemande Judith Arndt et la Néo-Zélandaise Sarah Ulmer, toutes deux creditées de 18 points. «D’après la tactique que nous avions établie, ce n’était pas à moi de mener la course et de me fatiguer. Quand j’en ai eu l’opportunité, j’ai démarré mais je comptais bien que Judith ou Sarah me rejoignent parce qu’à deux, c’est plus facile de prendre un tour», expliquait-elle. Marion Clignet, âgée de 35 ans, avait déjà réalisé un véritable exploit en s’imposant vendredi en poursuite, pour la troisième fois après ses titres de 1994 et 1996, alors que beaucoup la pensaient perdue pour la compétition. Pendant deux ans, en effet, elle a souffert d’une arthrite congénitale qui l’empêchait de marcher. Seule la perspective des Jeux de Sydney lui a donné suffisamment de motivation pour revenir. Désormais quintuple championne du monde, Clignet ne compte en effet aucun titre olympique. En 1996, elle avait dû se contenter d’une médaille d’argent en poursuite. La nouvelle médaille de Marion Clignet porte à sept le total des titres décrochés par les pistards français à Berlin, soit une de plus que le record de médailles d’or rapportées de Bordeaux en 1998. Quelques heures plus tard, Magné a pris la troisième place du keirin derrière l’Allemand Jens Fiedler et le Néo-Zélandais Anthony Peden. Un peu plus tôt, à l’issue d’une demi-finale très disputée, Laurent Gané, nouveau champion du monde de sprint, avait été disqualifié pour être sorti de son couloir. Une faute contestée par le camp français qui porta en vain une réclamation. Furieux, Gané voyait s’envoler ses espoirs de décrocher une troisième médaille à ces championnats du monde. Keirin : Fiedler conserve son titre L’Allemand Jens Fiedler a conservé son titre du keirin, dimanche à Berlin, en clôture des championnats du monde de cyclisme sur piste. Fiedler, 29 ans, s’est imposé de très peu au Néo-Zélandais Anthony Peden et au Français Frédéric Magné bien qu’il ait été gêné par l’Américain Marty Nothstein à l’entrée de la dernière ligne droite. Nothstein, deuxième à l’arrivée de ce sprint très disputé, a été rétrogradé par le jury des commissaires à la dernière place de la finale. La France a enlevé au total sept des douze titres en jeu. Après sa victoire, Fiedler, très démonstratif, a jeté son vélo sur la piste et s’est livré à des démonstrations de joie qui ont fait le ravissement de son public. Double champion olympique de la vitesse, l’Allemand a remporté son deuxième titre du keirin après celui de Bordeaux qui avait prêté à suspicion. Plusieurs irrégularités – sept selon le décompte des commissaires qui ont revisionné à Berlin l’édition 1998 – avaient été commises, notamment à l’encontre du Français Laurent Gané. Cette fois, la victoire de Fiedler (2e du tournoi de vitesse) s’est avérée indiscutable, l’Allemand étant même la victime de la «vague» provoquée par Nothstein. Magné, qui avait pris le commandement du sprint avant même le dernier tour, a été remonté dans la dernière ligne droite. Champion du monde en 1995 et 1997 dans cette épreuve, le Français est monté sur le podium pour ce qui pourrait être sa dernière apparition dans les Mondiaux, sa retraite étant programmée pour fin 2000. Gané, champion du monde de vitesse, a été éliminé en demi-finale après avoir été rétrogradé par le jury. Rousseau : le grand fauve blessé Dans la défaite, Florian Rousseau ressemble aux grands fauves blessés, prêts à reconquérir leur territoire au prochain affrontement, en l’occurrence le tournoi de vitesse des JO de Sydney. Battu pour la première fois depuis 1996 en championnat du monde, le Français a admis sa défaite de Berlin. Il a reconnu les (grandes) qualités de Laurent Gané, son coéquipier de la vitesse par équipes et en même temps son rival national qui lui a succédé au palmarès mondial. Mais il s’est juré aussi de rebondir l’année prochaine, comme il l’avait déjà fait voici quatre ans dans des circonstances semblables. Tenant du titre du mondial du kilomètre, il avait dû se contenter de la médaille d’argent à Bogota (Colombie). Un an plus tard, il ramenait l’or olympique d’Atlanta et dictait sa loi ensuite, dans les championnats du monde, son règne sur la vitesse. «C’est peut-être un mal pour un bien», a soupiré l’un de ses proches, une fois la grande déception passée. «Cela le relancera de plus belle pour l’année 2000», s’est résigné son entraîneur Gérard Quintyn, témoin privilégié de la difficulté du champion français à concilier toutes ses obligations, entraînement, compétition et études de professorat de sport. En lettres d’or Dans le tournoi mondial, l’Orléanais s’est refusé à calculer et à envisager une défaite dans les premiers tours qui aurait modifié son tableau afin d’éviter Gané en demi-finale : «Quand on veut être champion du monde, il faut battre tous les autres. Je ne veux pas entrer dans ce jeu-là». Son parcours de Berlin a paradoxalement rassuré son entourage. Au long de la saison, celui qui compte huit titres mondiaux à son palmarès (toutes épreuves confondues) a montré sa vulnérabilité, voire sa fatigue. Mais, dans la capitale allemande, il a retrouvé le plus haut niveau chronométrique, même s’il a réalisé le deuxième temps des qualifications derrière l’Allemand Jens Fiedler, un centième de seconde devant Gané. «C’est mon deuxième chrono au niveau de la mer dans les championnats du monde. J’ai seulement fait mieux à Bordeaux l’an dernier», a rappelé Rousseau, qui a expliqué sa troisième place par un ensemble de raisons, psychologiques, physiques et techniques. «La saison prochaine ? C’est trop tôt pour en parler dans le détail en ce qui concerne le programme», a-t-il dit. Mais, pour un champion exceptionnel, qui a tout gagné à l’âge de 25 ans hormis le titre olympique de la vitesse, le rendez-vous de Sydney s’inscrit en lettres d’or dans son cœur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Libérée de toute pression après sa victoire en poursuite, Marion Clignet a remporté un deuxième titre mondial en course aux points, permettant ainsi à l’équipe de France d’atteindre un record historique de sept médailles d’or, dimanche à Berlin. Dans l’épreuve de clôture du keirin, Frédéric Magné a pris la troisième place pour porter le bilan tricolore à un total définitif de dix médailles : sept d’or, deux de bronze et une d’argent. Clignet, célèbre pour le caractère imprévisible de ses performances, ne faisait pas vraiment partie des favorites de la dernière épreuve féminine des championnats du monde de cyclisme sur piste. «C’était un pari, dit-elle. J’ai attaqué la course sans pression puisque j’avais rempli mon contrat en décrochant le titre de la poursuite, qui était mon principal...