Les militaires étaient toujours hier à la recherche de civils pour la nouvelle haute administration qui devrait être mise en place à la tête de l’État dans les prochains jours au Pakistan par le général Pervez Musharraf. Le nouvel homme fort du pays devrait annoncer dans les prochains jours la liste des six membres du Conseil national de sécurité (CNS) qu’il va diriger, a annoncé un porte-parole de l’armée, le général Rashid Qureshi. Le général Musharraf, chef de l’Exécutif, présidera le CNS qui comprendra en outre le chef de la marine, l’amiral Abdul Aziz Mirza, et celui de l’armée de l’air, le général Pervez Mehdi. Il aura aussi quatre autres membres, a précisé le général Qureshi ajoutant que le processus de désignation de ces derniers était difficile et prendrait plusieurs jours. «La plupart, sinon tous, seront des experts civils», a-t-il souligné. Pour le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Shamshad Ahmed, la trame de la nouvelle haute administration – le CNS, un groupe de conseillers et le Conseil des ministres – sera «avant tout à caractère civil». Lors du coup d’État du 12 octobre, le général Musharraf avait annoncé la suspension de la Constitution et du Parlement ainsi que la destitution des gouvernements fédéraux et provinciaux. Il avait annoncé que les provinces seraient dirigées par les gouverneurs nommés par le gouvernement fédéral. Selon des sources diplomatiques, les responsables du coup d’État éprouvaient mercredi des difficultés à former les trois instances de responsabilité fédérale. Selon un observateur, le plus difficile pour les militaires qui veulent «nommer des gens sans tâche» sera de trouver des personnes ayant le bon profil. «Les responsables de la haute administration et le personnel politique sont presque tous totalement corrompus et peuvent avoir des cadavres dans les placards», a-t-il ajouté. Le général Musharraf a affirmé qu’il choisirait les nouveaux responsables sur la base de «la compétence professionnelle, du mérite et de la réputation» dans une tentative, assez réussie, selon les analystes, de séduire les Pakistanais par des positions «anticorruption» affirmées. Des enquêtes sont déjà en cours contre l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, son frère Shahbaz Sharif, qui était chef du gouvernement de la province du Penjab, plusieurs ministres et d’autres proches conseillers de M. Sharif. Par ailleurs, la Banque centrale du Pakistan a annoncé une extension de quatre jours de l’interdiction des opérations de change suspendues le 14 octobre dernier. La banque a ordonné aux bureaux de change de «rester fermés et de ne pas procéder à des transactions jusqu’au 24 octobre» afin, selon les experts, d’éviter que les réserves de change du pays ne fondent en cas de panique des épargnants après le coup d’État. Les réserves de change du pays sont actuellement estimées à environ 1,4 milliards de dollars, soit à peine trois semaines d’importations, alors que la dette du Pakistan est supérieure à 32 millards de dollars. Avant le coup d’État, le dollar valait 54,40 roupies, mais deux jours après le renversement du gouvernement de M. Sharif, le dollar s’échangeait à 60 roupies.
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