Des islamistes jordaniens ont brièvement manifesté hier, dans le calme, dans un quartier d’Amman malgré un avertissement des autorités d’interdire cette manifestation de soutien au mouvement islamique palestinien Hamas. Des centaines de manifestants se sont regroupés à la sortie de la prière de la mosquée «al-Madaress», dans le quartier Wehdat (sud-est d’Amman), scandant des slogans à la gloire du Hamas, et dénonçant Israël. Le porte-parole du parti du Front de l’action islamique (FAI), émanation des Frères musulmans, M. Hamzeh Mansour, a auparavant indiqué dans un discours à la mosquée que les islamistes «ont perdu patience». La police antiémeute, déployée en force autour de la mosquée, n’est pas intervenue. Plusieurs figures de proue des Frères musulmans ont été portés sur les épaules par des manifestants qui scandaient «Allah Akbar». La manifestation s’est arrêtée au camp de Wehdat, à 200 mètres de la mosquée, où le chef spirituel des Frères musulmans, Abdel Majid Zuneibat, et un influent membre de cette confrérie, Hammam Saïd, ont prononcé des discours, appelant le gouvernement jordanien à libérer les dirigeants du Hamas. «Vous emprisonnez des héros, alors que Yatom (Dany Yatom ancien chef du Mossad israélien) se promène en toute tranquillité à Amman», a relevé M. Saïd, sous les applaudissements de la foule. M. Zuneibat a de son côté appelé à «une solution honorable», entre le gouvernement et le Hamas, afin que les dirigeants de ce mouvement «puissent reprendre leurs activités politiques». Le ministre jordanien de l’Intérieur Nayef Qadi avait annoncé jeudi que son département interdirait une manifestation de soutien au Hamas organisée par l’influente confrérie des Frères musulmans. «Nous n’interviendrons pas s’il s’agit seulement de discours prononcés à l’intérieur de la mosquée, mais nous n’autoriserons aucune manifestation à l’extérieur de la mosquée», avait précisé le ministre. Le 30 août, la Jordanie a pris une série de mesures contre le Hamas pour activités illégales, fermant ses bureaux à Amman et arrêtant 15 de ses cadres. Le 22 septembre, Khaled Mechaal et Ibrahim Ghosheh, respectivement chef du bureau politique et porte-parole du Hamas en Jordanie, ont été arrêtés à Amman, à leur retour d’Iran. Un troisième dirigeant, Moussa Abou Marzouk, membre du bureau politique du mouvement, a été expulsé, étant de nationalité yéménite, contrairement aux deux autres, des Jordaniens. Il s’est depuis installé en Syrie. La semaine dernière, le procureur de la Cour de sûreté de l’État avait adressé aux deux dirigeants de nouvelles accusations, notamment de «détention de trois mitraillettes de type Kalashnikov et de grenades, utilisées lors d’entraînements pour d’éventuelles opérations dans les territoires occupés». L’annonce de ces nouvelles accusations intervenait alors que le roi Abdallah II de Jordanie avait indiqué début octobre que les bureaux du Hamas «resteront fermés pour toujours». La confrérie avait offert ses bons offices dans cette affaire.
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