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Actualités - Chronologie

Cancer P53, le grand espoir de la thérapie génique (photos)

Le P53, appelé aussi «gardien du génome», constitue aujourd’hui le projet le plus avancé en thérapie génique. Il s’agit d’un gène capital en cancérologie car il exerce une action de suppresseur tumorale. Cinquante pour cent à peu près des cancers contiennent un gène P53 défectueux, seul ou associé à d’autres anomalies génétiques. La démarche de la thérapie génique consiste à réintroduire dans les cellules de la tumeur le gène P53 pour stopper la multiplication cellulaire anarchique, ce gène possédant ce pouvoir. À la phase actuelle des travaux scientifiques, des essais sont faits auprès de patients atteints de tumeurs du poumon, de la tête et du cou. Ces essais, qui permettent de mesurer la tolérance et l’éventuelle toxicité de cette thérapie, se déroulent aux États-Unis. Une centaine de malades ayant atteint un stade très avancé de leur mal, ne pouvant bénéficier d’aucune autre thérapie connue, ont accepté de tenter cette dernière chance. La technique s’est révélée dénuée de toute toxicité. L’unique plainte des patients fut la douleur à l’endroit de l’injection. Le P53, injecté à l’aide d’un adénovirus modifié, a parfaitement accompli sa mission, en agissant correctement et selon les prévisions dans la cellule tumorale. L’expérience fut suivie avec une extrême vigilance par le redoutable RAC (Recombinant Advisory Committee) branche du NIH, l’Institut national du cancer, dont l’investigation à propos de tout effet indésirable d’une thérapie constitue une des principales missions. Il semble que les résultats de cette tentative thérapeutique génique se sont traduits par une diminution de la masse tumorale, chez 10 à 15% des malades, selon leur état et le type de leur tumeur. La seconde phase des essais porte actuellement sur l’appréciation de l’efficacité du traitement quant à sa durée (effets immédiats, retardés, évolutifs ou régressifs, etc.). Si les résultats de cette phase s’avèrent positifs, une dernière phase pourra être mise en application. Il s’agira alors de comparer l’efficacité de cette thérapie à un traitement classique. Si les résultats sont concluants, une procédure d’enregistrement accéléré, aux États-Unis, permettra sa commercialisation et son application généralisée. On prévoit, selon diverses appréciations qu’au cours de l’an 2000 cette nouvelle thérapie sera disponible au public. La guerre des laboratoires Ces prévisions optimistes, toutefois, ne sont pas libres d’entraves. Deux laboratoires (Gencell et Schering Plongh) ont développé simultanément la stratégie thérapeutique par P53. Comment va se dérouler la bataille des brevets qui suivra l’autorisation de la diffusion, portant sur un enjeu de plus d’un milliard de dollars? Va-t-on arriver assez rapidement au compromis qu’on espère, afin que des vies puissent être sauvées au plus vite, ou bien le monde assistera (à son insu) à un terrifiant combat de firmes dans le gigantesque marché du cancer?
Le P53, appelé aussi «gardien du génome», constitue aujourd’hui le projet le plus avancé en thérapie génique. Il s’agit d’un gène capital en cancérologie car il exerce une action de suppresseur tumorale. Cinquante pour cent à peu près des cancers contiennent un gène P53 défectueux, seul ou associé à d’autres anomalies génétiques. La démarche de la thérapie génique consiste à réintroduire dans les cellules de la tumeur le gène P53 pour stopper la multiplication cellulaire anarchique, ce gène possédant ce pouvoir. À la phase actuelle des travaux scientifiques, des essais sont faits auprès de patients atteints de tumeurs du poumon, de la tête et du cou. Ces essais, qui permettent de mesurer la tolérance et l’éventuelle toxicité de cette thérapie, se déroulent aux États-Unis. Une centaine de...