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Actualités - Chronologie

Le rôle du père "Tu seras un homme mon fils"(photos)

L’image du père pèse de tout son poids dans la vie de son enfant mâle. Présent ou absent, le géniteur influence son fils et joue un rôle déterminant sur son caractère et sa personnalité future. Subtils, compliqués, aussi ambigus que ceux des filles avec leurs mères, les rapports père-fils définissent beaucoup de choses dans la vie masculine. Qu’on le veuille ou pas, un homme reste toujours «le fils de son père»... Les psychologues sont formels : à la naissance, même si le père est peu présent, le nourrisson fait déjà la différence avec lui et sa mère. La maman explique, câline, console, nourrit... Le père le pousse à faire des choses, l’amuse en le projetant en l’air, lui fait peur tout en rigolant. La mère protège et valorise l’enfant. Le papa est là pour lui apprendre à se dépasser, à connaître le monde, à oser, à explorer. L’une couve son petit, l’autre le pousse vers l’extérieur et fait naître en lui le désir d’aller vers l’inconnu. «Toutes choses dont le petit mâle a besoin pour se détacher des bras de sa mère et s’ouvrir au monde extérieur», explique le psychiatre. «Sans le père, le garçon resterait toujours noué aux jupes de sa mère et ne deviendrait jamais un homme adulte», conclut-il. Pour se construire, un individu a besoin de deux fonctions parentales. L’une qui reconnaît à l’enfant toute sa place et l’autre qui pose à cette notion sa relativité par rapport à cette place face au monde, qu’il doit développer en grandissant. La mère s’extasie devant les progrès réalisés par son poussin alors que le père relève ce qui ne va pas et attend l’étape suivante avec impatience. C’est donc lui l’aiguillon qui pousse le petit bonhomme vers l’extérieur, en devenant son modèle. À deux – trois ans, le petit comprend parfaitement que papa et lui font partie du clan des mâles, même si encore la différence anatomique sexuelle reste floue dans son esprit. Faute de savoir comment se comporter en mâle, il commence à copier son père. Au moment où l’enfant sort de sa relation fusionnelle avec la mère, vers sept – huit ans, l’imitation est la plus forte. Le mimétisme est à son comble... Gestes, intonation, comportements, goûts, répugnances sont calqués sur ceux du père. Ce mimétisme ne s’arrête pas là. Inconsciemment, il va plus loin : évaluations, idées, convictions, préférences personnelles servent de pôles. Sans le savoir et sans le vouloir, le père donne à son fils le sentiment de sa propre identité. Il lui transmet une série d’attitudes qui réalisent une identification inconsciente. En d’autres termes, la personnalité du garçon se construit en copiant celle du père. Il se «bâtit» une personnalité calquée sur celle de son géniteur. Définitivement? Heureusement pas... À partir de 15 – 16 ans, c’est-à-dire à l’adolescence, la situation, comme l’attitude du fils-adorateur, change radicalement. Il ne rejette pas la ressemblance mais il cherche sa propre affirmation. Il refuse catégoriquement d’être la copie de jadis, recherchant la ressemblance mais surtout une comparaison. «Je veux bien lui ressembler, semble dire le jeune coq, mais non pas être lui». Les suites, on le sait, ne sont pas anodines pour la paix familiale. Tensions, conflits, confrontations sont inévitables. Mais cela n’est que preuve de bonne santé mentale. Un fils qui s’oppose à la sacro-sainte image du pater familial indique un adolescent sain car c’est de ce conflit que va émerger un homme qui a trouvé sa propre voie. « Mon père, c’est moi » Certains individus sortent de cette confrontation vaincus, refusant de continuer le duel. En toute humilité, ils adoptent l’identité du père. Même profession, même relation conjugale que celle de leurs parents, mêmes critères de choix, même type de vie, mêmes ambitions (ou manque d’ambition). D’autres, encore, choisiront par réaction le pôle diamétralement opposé à celui de leur père. Profession, manière de vivre, choix, attitudes seront le contraire de ceux du père. Car il faut, quand même, avouer que le tournoi que le garçon doit livrer pour son entrée dans le clan d’hommes adultes n’est pas chose facile. Pour trouver sa personnalité, il doit rester fils de son père tout en se démarquant. Or, pour réussir cette épreuve, il faut qu’il ait face à lui un père conscient de cette nécessité et consentant à l’établissement de cette relation d’égal à égal. Est-ce toujours le cas? Pour vivre en bonne intelligence avec le papa d’hier et le père d’aujourd’hui, le fils intelligent ou plutôt stable saura établir un équilibre entre ce qu’il accepte et ce qu’il rejette, ce qu’il adopte et ce qu’il refuse dans l’héritage moral, paternel. Entre ce qu’il souhaite reproduire et ce qu’il cherche à éviter. Sans être d’accord en tout avec son père ou chercher à lui ressembler comme un sosie, il suffit de lui reconnaître, en le lui faisant sentir, que c’est grâce à lui qu’il est devenu un homme à la fois semblable et différent de lui. Faite de complicité et d’un sentiment d’appartenance à la lignée, le père et le fils pourront alors se rencontrer et s’aimer en hommes adultes. Le père, de son côté, devra bannir tout sentiment de rivalité et de vanité personnelle acceptant cette évolution non pas comme un rejet ou une adversité de la part de son fils mais comme la réussite ultime de son rôle de père. Se rencontrer en hommes, se respectant mutuellement et s’aimer en adultes, est le plus beau cadeau que la vie ferait à tous les deux.
L’image du père pèse de tout son poids dans la vie de son enfant mâle. Présent ou absent, le géniteur influence son fils et joue un rôle déterminant sur son caractère et sa personnalité future. Subtils, compliqués, aussi ambigus que ceux des filles avec leurs mères, les rapports père-fils définissent beaucoup de choses dans la vie masculine. Qu’on le veuille ou pas, un homme reste toujours «le fils de son père»... Les psychologues sont formels : à la naissance, même si le père est peu présent, le nourrisson fait déjà la différence avec lui et sa mère. La maman explique, câline, console, nourrit... Le père le pousse à faire des choses, l’amuse en le projetant en l’air, lui fait peur tout en rigolant. La mère protège et valorise l’enfant. Le papa est là pour lui apprendre à se dépasser, à...