À 25 ans, Larbi Benboudaoud a enlevé, à Birminghan, un premier titre de champion du monde de judo des moins de 66 kg que son talent d’attaquant, son sérieux et sa puissance de travail lui promettaient depuis les juniors. «Dès que j’ai commencé à le suivre en 1994, j’ai su que l’on tenait un élement de grand avenir, raconte René Rambier, le responsable de l’équipe de France masculine. Avec sa façon de combattre, d’aller de l’avant, sa prise de risques, il était déjà dominateur avec ses imperfections. Nous avons décidé de faire un pari sur lui. Il n’a jamais déçu». En deux ans, ce fils d’une famille de huit enfants, d’origine kabyle, dont les cinq frères aînés ont revêtu le kimono, né en face du dojo de Dugny (Seine-Saint-Denis), devient le meilleur de la catégorie. Troisième pour ses premiers championnats d’Europe en 1996, il est lancé dans le grand bain aux Jeux d’Atlanta. Une défaite au premier tour, qui n’est toujours pas évidente pour Rambier qui l’a revue des dizaines de fois au magnétoscope, laisse des traces. «On pensait déjà à la médaille», avoue l’entraîneur. L’échec motive Larbi. «Le chat», surnom que lui ont valu sa vitesse et sa souplesse, est prêt à tous les sacrifices pour arriver. «Il est facile à entraîner, se félicite Rambier. Il sait ce qu’il veut pour atteindre ses objectifs et que, malgré son talent, il faut beaucoup travailler». Parcours époustouflant Une médaille de bronze européenne en 1997 le laissera encore insatisfait, comme sa médaille d’argent au Mondial 1997 à Paris. Il a perdu, mais il a aussi beaucoup appris et travaillé encore plus. Il sera champion d’Europe en 1998. Et en 1999, c’est le grand chelem : coupe Kano au Japon, titres européen et mondial. Son parcours de Birmingham a été tout simplement époustouflant... avec un cartilage costal en capilotade. Six matches, cinq victoires par ippon dont quatre en moins d’une minute. En finale, le coriace turc Ozkan a été broyé par le «larbi Express». Un judo flamboyant. L’attaque pour credo. Il est très fort au contact de l’adversaire, toujours dans une perspective d’attaque au moment, où la plupart des autres judokas commencent à se mettre en défense, explique un entraîneur. «Je sais que je ne suis pas très bon en défense, reconnaît Benboudaoud. J’ai du mal à gérer les avantages. Mais la meilleure défense, après tout, c’est l’attaque». Un style que ne veut pas changer Rambier. «Il y a encore du travail. Il faut renforcer ses qualités et réduire un peu ses défauts qui ne disparaîtront de toute façon jamais. Il a un judo à risques, c’est ce qui fait sa force». Benboudaoud est désormais dans la peau du futur champion olympique. «C’est mon autre grand objectif», reconnaît-il. Chirac félicite Benboudaoud et Restoux Le président Jacques Chirac a adressé dimanche ses félicitations aux deux judokas français médaillés aux championnats du monde de Birmingham (Angleterre), Larbi Benboudaoud et Marie-Claire Restoux. Au premier, médaille d’or, le chef de l’État a annoté de sa main le texte du communiqué officiel diffusé par le service de presse de l’Élysée : «C’était superbe ! Bravo ! Toutes les portes vous sont ouvertes !». À l’adresse de Restoux, médaille de bronze, Jacques Chirac a ajouté, toujours au stylo : «Vous serez toujours la meilleure !». Plus de Français en course pour les titres La France n’ajoutera plus de titre à celui conquis par Larbi Benboudaoud, à Birmingham, aux championnats du monde de judo. Aucun des quatre concurrents en lice dimanche matin, dans les éliminatoires de la dernière journée, n’a pu franchir les quarts de finale. La meilleure chance, la double championne d’Europe des moins de 48 kilos, Sarah Nichilo-Rosso, malgré un superbe combat, n’a pu franchir l’obstacle que constituait la triple championne du monde japonaise Ryoko Tamura. Elle a été battue par décision unanime (3-0) sans qu’aucun avantage n’ait été marqué durant le match. Nichilo reste toutefois en course pour une médaille de bronze avec Patrice Rognon en toutes catégories. En revanche, Yacine Douma (-60 kg) et Virginie Jaulin (T.C.) sont éliminés.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À 25 ans, Larbi Benboudaoud a enlevé, à Birminghan, un premier titre de champion du monde de judo des moins de 66 kg que son talent d’attaquant, son sérieux et sa puissance de travail lui promettaient depuis les juniors. «Dès que j’ai commencé à le suivre en 1994, j’ai su que l’on tenait un élement de grand avenir, raconte René Rambier, le responsable de l’équipe de France masculine. Avec sa façon de combattre, d’aller de l’avant, sa prise de risques, il était déjà dominateur avec ses imperfections. Nous avons décidé de faire un pari sur lui. Il n’a jamais déçu». En deux ans, ce fils d’une famille de huit enfants, d’origine kabyle, dont les cinq frères aînés ont revêtu le kimono, né en face du dojo de Dugny (Seine-Saint-Denis), devient le meilleur de la catégorie. Troisième pour ses premiers...