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Actualités - Chronologie

Japon Vaste remaniement gouvernemental autour d'une coalition de centre-droit

Une grande alliance de centre-droit a vu le jour hier au Japon afin de permettre au Premier ministre Keizo Obuchi d’accélérer les réformes et d’être en position de force avant les élections législatives de l’an 2000. Pour marquer l’avènement de ce vaste rassemblement, M. Obuchi a choisi de donner un grand coup de balai à son gouvernement. Sur 18 postes, il n’a conservé que les deux ministres chargés de l’Économie, dont l’inusable vétéran de la politique nippone, Kiichi Miyazawa, 80 ans, aux Finances. La nouvelle équipe reste largement dominée par le tout-puissant Parti libéral démocrate (PLD) à la tête duquel M. Obuchi vient d’être facilement reconduit. Ses deux alliés, le Parti libéral (PL), essentiellement formé de renégats du PLD, et le Nouveau Komeito, émanation de la très influente secte bouddhiste Soka Gakkai, se contentent chacun d’un ministère. Ensemble, les trois partis vont avoir les coudées franches pour avancer rapidement à la Diète (Parlement). À la chambre basse, la plus puissante des deux assemblées, ils réunissent 357 sièges sur 500, la plus forte majorité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. M. Obuchi est également assuré d’une majorité absolue à la Chambre haute (Sénat) grâce au changement de camp du Komeito, jusqu’à récemment la deuxième force de l’opposition. Le Premier ministre a annoncé qu’il entendait profiter de cette marge de manœuvre, qui lui évite d’avoir à rechercher un consensus sur chaque texte législatif. «Je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir avec une détermination renouvelée», a-t-il déclaré. Son programme est ambitieux. Il veut ainsi redonner du tonus à la reprise économique en y injectant rapidement quelque dix milliards de yens (92 M EUR). L’embellie constatée ces derniers mois, avec deux trimestres consécutifs de croissance, est le principal moteur de sa popularité, qui dépasse dorénavant les 50%. M. Obuchi souhaite par ailleurs donner à son pays un statut de grande puissance sur la scène internationale. Cette affirmation passe par une plus forte autonomie vis-à-vis des États-Unis, véritables tuteurs de l’archipel depuis la guerre. Un premier pas devrait être réalisé dès ce mois-ci avec l’autorisation donnée aux forces armées de participer directement aux opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’Onu. La crise du Timor-Oriental, à proximité de l’archipel, a servi de révélateur de l’impuissance nippone. Cette évolution pourrait déboucher sur une révision de la Constitution, adoptée sous l’occupation américaine après-guerre, et de son emblématique article 9 qui en définit le pacifisme. Jusqu’à récemment taboue, cette remise à plat est désormais ouvertement prônée par une partie de la classe politique, en particulier par le nouveau patron du Parti démocratique, la première force d’opposition, Yukio Hatoyama. L’ouverture de ce débat, suivi de près par Washington, divise toutefois le nouveau rassemblement majoritaire, le Komeito ayant affirmé son attachement au principe de «non-belligérance». «Pour M. Obuchi, le test va être de faire avancer ensemble les trois partis de la coalition. S’il n’y arrive pas en raison de trop fortes divergences politiques, sa popularité piquera du nez», prédit Yoshiya Kobayashi, un expert politique indépendant. Mais si la coalition fonctionne et si le contexte général s’y prête, M. Obuchi pourrait alors décider d’anticiper les élections législatives, prévues au plus tard à l’automne 2000.
Une grande alliance de centre-droit a vu le jour hier au Japon afin de permettre au Premier ministre Keizo Obuchi d’accélérer les réformes et d’être en position de force avant les élections législatives de l’an 2000. Pour marquer l’avènement de ce vaste rassemblement, M. Obuchi a choisi de donner un grand coup de balai à son gouvernement. Sur 18 postes, il n’a conservé que les deux ministres chargés de l’Économie, dont l’inusable vétéran de la politique nippone, Kiichi Miyazawa, 80 ans, aux Finances. La nouvelle équipe reste largement dominée par le tout-puissant Parti libéral démocrate (PLD) à la tête duquel M. Obuchi vient d’être facilement reconduit. Ses deux alliés, le Parti libéral (PL), essentiellement formé de renégats du PLD, et le Nouveau Komeito, émanation de la très influente secte...