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Actualités - Chronologie

Après Mao et Deng, Jiang Zemin se pose en troisième empereur rouge

Héritier des deux «empereurs rouges» Mao Tsé-Toung et Deng Xiaoping, le président chinois Jiang Zemin, au pouvoir depuis dix ans, a profité du 50e anniversaire de la fondation du régime communiste pour entrer au panthéon des grands dirigeants chinois. Alors que le 1er octobre 1949, Mao Tsé-Toung proclamait la république populaire du haut de la porte Tiananmen, c’est à un impressionnant défilé militaire qu’a assisté son successeur Jiang Zemin, 50 ans plus tard jour pour jour au même endroit. Mais si la Chine a radicalement changé entre les deux événements, passant d’un pays pauvre et isolé sur la scène internationale à une grande puissance influente, Jiang a conservé de nombreux points communs avec ses deux prédécesseurs, dont certains savamment copiés. C’est ainsi qu’il s’efforce chaque jour un peu plus de ressembler au «Grand Timonier» par sa démarche et ses gestes, lorsqu’il effectue des tournées d’inspection ou qu’il est pris en photo au milieu de petits enfants. Un culte de la personnalité de plus en plus évident transparaît dans les médias, même s’il reste loin des sommets atteints pendant la «Révolution culturelle» (1966-76), lorsque le petit livre rouge de Mao était la bible des Chinois. Jiang s’évertue surtout à être le digne successeur du patriarche Deng Xiaoping, décédé en 1997, et qui était venu le chercher en juin 1989 après la répression du «printemps de Pékin» pour présider aux destinées chinoises. Tout en concentrant les trois plus hauts postes du régime à la tête du Parti communiste chinois (PCC) de l’État et de l’armée, il s’évertue, à l’instar de son mentor, à jouer le rôle d’un «arbitre» placé au centre d’un échiquier politique confronté à de nombreux défis. Parmi ceux-ci, la mise en place des ambitieuses réformes économiques lancées par Deng, une tâche particulièrement délicate qui vaut à Jiang de rendre des arbitrages constants entre son Premier ministre actuel, le pragmatique Zhu Rongji, et l’ancien, Li Peng, qui passe pour plus conservateur. Pour l’instant, Jiang a réussi à éviter les limogeages spectaculaires ordonnés par ses deux prédécesseurs. Le plus radical a, sans conteste, été Mao, qui n’a pas hésité à mettre le pays à feu et à sang pendant la «Révolution culturelle» pour récupérer un pouvoir qui lui échappait, limogeant et tuant des milliers de hauts responsables du PCC, dont l’ancien président de la République, Liu Shaoqi, mort en prison en 1969, et Deng Xiaoping, purgé à deux reprises. Réhabilité un an après la mort de Mao en 1976, Deng Xiaoping devait rapidement faire le ménage et éliminer Hua Guofeng, le successeur désigné par le «grand timonier», avant de se retourner dix ans plus tard contre ses deux plus proches collaborateurs : l’ancien secrétaire général du parti Hu Yaobang, limogé en 1987 pour avoir manqué de fermeté à l’égard de manifestations étudiantes de l’hiver 86-87, puis deux ans plus tard Zhao Ziyang, son successeur à ce poste, pour s’être opposé à la force contre les manifestations étudiantes du «Printemps de Pékin» en 1989. Malgré des revirements à 180 degrés – l’imposition dans les années 50 d’un collectivisme pur, suivi dans les années 80 d’une décollectivisation massive –, les trois grandes figures qui ont marqué la Chine des 50 dernières années, ont en commun la volonté de promouvoir un socialisme à la chinoise, fortement teinté de nationalisme. C’est ainsi que «l’intérêt national» revient constamment sur le devant de la scène, même au plus fort de la politique d’ouverture. Malgré une nette embellie dans les relations sino-américaines, le président chinois a ainsi rappelé au président américain Bill Clinton qu’il n’était pas question pour la Chine de «sacrifier ses intérêts nationaux» pour adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), lors de leur récente rencontre au sommet à Auckland.
Héritier des deux «empereurs rouges» Mao Tsé-Toung et Deng Xiaoping, le président chinois Jiang Zemin, au pouvoir depuis dix ans, a profité du 50e anniversaire de la fondation du régime communiste pour entrer au panthéon des grands dirigeants chinois. Alors que le 1er octobre 1949, Mao Tsé-Toung proclamait la république populaire du haut de la porte Tiananmen, c’est à un impressionnant défilé militaire qu’a assisté son successeur Jiang Zemin, 50 ans plus tard jour pour jour au même endroit. Mais si la Chine a radicalement changé entre les deux événements, passant d’un pays pauvre et isolé sur la scène internationale à une grande puissance influente, Jiang a conservé de nombreux points communs avec ses deux prédécesseurs, dont certains savamment copiés. C’est ainsi qu’il s’efforce chaque jour un peu...