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Actualités - Chronologie

La crise bouleverse la donne en Asie du Sud-Est

La crise timoraise bouleverse la donne en Asie du Sud-Est, remettant en cause l’équilibre ancien, fondé sur le principe de non-ingérence entre pays membres de l’Asean et réveillant de nouvelles ambitions politico-stratégiques dans la région. L’Australie et la Thaïlande ont des velléités de jouer le rôle de policier dans le Sud-Est asiatique, mettant l’organisation économique au pied du mur et l’acculant à changer pour essayer de se créer des structures de défense qui seraient copiées sur le modèle de l’OSCE en Europe, si elle ne veut pas être portée à disparaître un jour. Pour la première fois, les pays fondateurs de l’Association des nations du sud-est asiatique (Asean) interviennent militairement dans l’arrière-cour d’un membre de la famille, qui plus est longtemps dominateur, l’Indonésie. Certes, les formes ont été mises pour ne pas offusquer le grand frère : la décision d’envoyer des troupes est individuelle et a reçu l’approbation de Djakarta. Il n’empêche que «rien ne sera plus comme avant», comme le prédit un diplomate à Bangkok. «Je pense qu’un nouveau chapitre est en train de s’écrire dans l’histoire de l’Asie du Sud-Est et de l’Asean», a affirmé le vice-ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sukhumbhand Paribatra. Fondée en 1967, l’Asean regroupe Bruneï, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et, depuis peu, le Vietnam (1995), la Birmanie et le Laos (1997) et enfin le Cambodge (1999). La Thaïlande a endossé le rôle – vacant – de leader régional en acceptant de prendre le commandement en second de la Force multinationale au Timor-Oriental (Interfet) à la demande des Nations unies. «Personnellement, je ne crois pas qu’on puisse se servir de l’intégrité territoriale comme d’une excuse pour commettre des crimes contre l’humanité, tels que ceux de génocide ou de nettoyage ethnique», expliquait récemment le général Surayud Chulanont, nouveau commandant en chef de l’armée de terre. Les Thaïlandais sont chargés d’assurer la «liaison» entre les contingents de l’Asean et le commandement australien de l’Interfet, une mission politiquement délicate, selon les observateurs. Bangkok aspire à rehausser son profil sur la scène régionale et, confirme M. Sukhumbhand, la crise est-timoraise renforce sa détermination à «jouer un rôle actif dans les affaires internationales». «Les choses sont tellement enchevêtrées que dire que nous voulons nous occuper seulement de l’économie, et laisser la politique et la sécurité à d’autres, n’a pas de sens», a expliqué le numéro deux de la diplomatie thaïlandaise. Les pays d’Asie du Sud-Est ont d’ailleurs accueilli très fraîchement l’ambition de l’Australie de «s’arroger» un rôle de gendarme dans la région sous la houlette des États-Unis. Association disparate, alliant démocraties et régimes autocratiques, surtout à but commercial, l’Asean ne dispose pas jusqu’à présent de structure de règlement ou d’arbitrage des conflits.
La crise timoraise bouleverse la donne en Asie du Sud-Est, remettant en cause l’équilibre ancien, fondé sur le principe de non-ingérence entre pays membres de l’Asean et réveillant de nouvelles ambitions politico-stratégiques dans la région. L’Australie et la Thaïlande ont des velléités de jouer le rôle de policier dans le Sud-Est asiatique, mettant l’organisation économique au pied du mur et l’acculant à changer pour essayer de se créer des structures de défense qui seraient copiées sur le modèle de l’OSCE en Europe, si elle ne veut pas être portée à disparaître un jour. Pour la première fois, les pays fondateurs de l’Association des nations du sud-est asiatique (Asean) interviennent militairement dans l’arrière-cour d’un membre de la famille, qui plus est longtemps dominateur, l’Indonésie....