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Actualités - Chronologie

Epilepsie : un nouvel espoir (photos)

Depuis la nuit des temps cette maladie «sacrée», selon des anciens textes, hante l’imagination. Si des grands écrivains et des célèbres artistes se rangent parmi ses victimes, bon nombre d’auteurs, en commençant par Eschyle, Sophocle et Euripide, sans oublier des grands classiques russes, la décrivent à travers le comportement et les crises de leurs héros. L’épilepsie, en fait, jusqu’à nos jours reste une affection à part... Pourtant les grands progrès du siècle, s’ils ont apporté une amélioration certaine et très appréciable dans son traitement, sont loin de pouvoir la guérir définitivement. L’annonce donc d’un traitement chirurgical définitif, même s’il est réservé aux cas graves, revêt une grande importance. On ne peut que saluer ce nouvel espoir en espérant que le mal d’Oreste et d’Akhenton finisse par trouver enfin son maître... Bien plus fréquente qu’on ne le pense, l’épilepsie continue à s’entourer d’un certain mystère. En fait, il s’agit d’une hyperactivité de certains neurones cérébraux se traduisant par des crises convulsives. Ces crises, d’intensité variable, peuvent aller de la petite absence quasi imperceptible ou à peine ressentie à des convulsions généralisées, avec morsure de la langue et perte d’urine, en passant par la simple secousse musculaire. L’épilepsie peut être provoquée par une maladie cérébrale ou par un traumatisme. Mais dans la grande majorité des cas ses accès surviennent inopinément et sans raison précise chez des enfants. Après 2 à 5 ans de traitement, 70% d’entre eux peuvent arrêter le traitement sans crainte de rechute. La première tentative Les premières interventions permettant le traitement chirurgical de l’épilepsie remontent à ces dernières années. C’est en juin 1997 qu’a été pratiquée, en France auprès d’un jeune homme épileptique depuis onze ans et sérieusement invalidé par son mal, la première opération. La guérison spectaculaire qui s’en est suivie, libre de toute séquelle, permettant une vie tout à fait normale, a contribué grandement à la notoriété de la démarche auprès du public. Une opération sérieuse et très délicate Il va, certes, de soi qu’il s’agit d’une intervention particulièrement difficile et délicate. En premier lieu, il s’agit de déterminer avec une extrême précision l’aire cérébrale touchée. Les nouveaux moyens d’exploration (électroencéphalogramme, imagerie par résonance magnétique) permettent une information indispensable, complétée, toutefois, par un enregistrement vidéo très complet des crises. Ceci permet l’étude de certains signes extérieurs (tremblement de la main, mimiques du visage etc.) indiquant la région où l’accès prend naissance. Un enregistrement beaucoup plus poussé avec une série d’électrodes introduites à l’intérieur du crâne au cours d’une intervention ayant eu lieu après une artériographie mettent en évidence le parcours de tous les vaisseaux sanguins parcourant le cerveau. Ce qui permet un placement judicieux des électrodes qui doivent absolument les éviter. Chaque électrode est munie sur toute sa longueur de petits capteurs qui «analysent» l’activité des neurones dans la zone affectée. Ainsi équipé, le malade est hospitalisé quelques jours dans une unité de surveillance. Huit heures par jour, l’activité cérébrale est enregistrée. Les crises se traduisent par des traces (anormaux) faisant l’objet d’analyse, par la suite, et d’étude très approfondies. On arrive ainsi à déterminer avec une extrême précision la région atteinte. Ce n’est qu’au terme de toutes ces explorations que la décision d’opérer (ou non) est prise. Conditions indispensables L’opération consiste à retirer, comme on le ferait d’un calcul ou d’une tumeur, la partie du cerveau responsable touchée par l’épilepsie. D’où la nécessité d’une très grande précision dans la localisation des crises. Condition sine qua non: la région doit être accessible chirurgicalement. Certaines régions cérébrales, en effet, sont absolument intouchables sous peine d’entraîner des séquelles gravissimes. À savoir, dans la majorité des cas étudiés jusqu’à présent la région affectée concernait le lobe temporal. Il s’agit, on le constate, d’une chirurgie très lourde. On la réserve donc aux sujets qui présentent des accès sévères et fréquents sur lesquels les médicaments s’avèrent sans effet. Mais les chercheurs ne baissent pas les bras. D’autres techniques sont actuellement en voie d’expérimentation. Parmi eux se range l’implantation d’un électrode stimulant le nerf vague, commandant l’activité des principaux organes (cœur, bronches, appareil digestif) qui paraît impliqué dans la survenue des crises d’épilepsie. Mais toutes ces démarches sont encore au stade d’étude et d’expérimentation. Seule l’intervention chirurgicale est parfaitement mise au point et appliquée avec des résultats satisfaisants. On ne peut, cependant, nier qu’il s’agit d’une stratégie lourde, onéreuse et à risque. Mais elle sert déjà de point de départ à des études et des perfectionnements. Savoir que ce recours existe est déjà un formidable message d’espoir pour tous ceux qui souffrent de ce mal, et leurs familles.
Depuis la nuit des temps cette maladie «sacrée», selon des anciens textes, hante l’imagination. Si des grands écrivains et des célèbres artistes se rangent parmi ses victimes, bon nombre d’auteurs, en commençant par Eschyle, Sophocle et Euripide, sans oublier des grands classiques russes, la décrivent à travers le comportement et les crises de leurs héros. L’épilepsie, en fait, jusqu’à nos jours reste une affection à part... Pourtant les grands progrès du siècle, s’ils ont apporté une amélioration certaine et très appréciable dans son traitement, sont loin de pouvoir la guérir définitivement. L’annonce donc d’un traitement chirurgical définitif, même s’il est réservé aux cas graves, revêt une grande importance. On ne peut que saluer ce nouvel espoir en espérant que le mal d’Oreste et...