Elle court, elle court la technologie. On assiste aujourd’hui à une véritable révolution des systèmes de communication, et des termes comme GSM et réseau meublent les conversations. Mais, savons-nous réellement ce que représentent ces concepts, et quelle place occupe le Liban dans cette évolution? Sachons tout d’abord que le concept de «Global System for Mobile Communications» (système global pour les communications mobiles) ou GSM est une norme de transmission radio-numérique utilisée pour la téléphonie mobile. Abordons ensuite le côté technique du concept. Il existe deux normes de téléphonie mobile qui se développent simultanément: d’un côté la norme GSM 900 et de l’autre la norme DCS 1800. Il s’agit de la même technologie (GSM) utilisée dans des bandes de fréquence différentes: 900 MHz ou 1800 MHz. Alors que les deux types de réseaux imposaient l’utilisation de terminaux différents, on voit désormais apparaître sur le marché des terminaux bi-bandes GSM 900/1800, capables de fonctionner soit sur un réseau GSM 900, soit sur un réseau GSM 1800, soit encore sur un réseau bi-bandes GSM 900/1800. Le GSM est utilisé en 2 Watts, en 8 Watts ou bien à des fréquences intermédiaires (5W avec les boosters auto par exemple); c’est surtout la technologie 2 Watts qui est d’avenir en GSM pour le moment car elle concerne tous les utilisateurs potentiels et elle est la plus polyvalente (utilisable aussi bien en extérieur qu’en voiture, encombrement plus réduit que le GSM 8W). Quoi qu’il en soit, nous avons pu constater les premiers signes de saturation des réseaux GSM de Libancell et de Cellis. Au rythme de croissance actuel, la saturation des réseaux risque d’empirer encore. C’est pourquoi, il est clair que les téléphones mobiles bi-bandes (c’est-à-dire gérant le GSM 900 et le DCS 1800 et qui commencent à faire leur apparition sur les étalages à l’étranger) sont résolument tournés vers l’avenir. De plus, ces téléphones peuvent être utilisés plus facilement à l’étranger. Au Liban, seul le réseau GSM 900 est disponible. Que faire? Il faudrait mettre à la disposition des opérateurs des fréquences supplémentaires pour leur permettre de faire face à la forte croissance du marché, notamment en introduisant et en tirant parti des ressources disponibles dans la bande GSM 1800. Liban, télécom, millénaire Par ailleurs, outre les mesures gouvernementales, les efforts à déployer au niveau national sont importants. Pour Karim Zarka, directeur de la division télécom chez Kettaneh, «le Liban doit être bien équipé et des efforts titanesques doivent être déployés en matière d’infrastructure pour se maintenir à un niveau international. C’est, d’ailleurs, un marché favorable à l’introduction de nouvelles technologies et il est assez mature côté cellulaires. Face à la libéralisation des télécommunications observée par le monde, le Liban doit exploiter ses capacités à fond». LibanCell, «réalisant le besoin imminent et volumineux du marché libanais, et dans le but de lancer le marché sur la voie des télécommunications», a décidé, pour sa part, de renforcer ses capacités dans le domaine des réseaux «non seulement en termes de capacité/couverture, mais également en fournissant des services avancés et complexes. Nous devons être prêts à affronter le nouveau millénaire; et les Libanais doivent se tenir la main pour permettre de faire face au progrès de ce secteur». LibanCell croit fermement à son rôle national: assurer au Liban un standard international dans les télécommunications. Confiance en l’avenir Pour Cellis, la situation est légèrement plus sombre. Selon Sima Hafez, directeur du marketing, «la région est encore sous-développée en télécom ce qui signifie qu’il y a de grands potentiels de développement. Les besoins de cette région en télécom sont estimés à cinq milliards de dollars par an pendant dix ans». Et d’ajouter: «Le Liban a été le premier à faire appel au secteur privé pour installer et opérer la téléphonie mobile; il a fait le bon choix car les pays développés font aussi appel au secteur privé. C’est une démarche très saine dans les technologies de pointe car il faut appeler les experts et les payer. Il faut un savoir-faire évolutif pour que les services puissent être amenés à temps dans le pays. Je dis à temps, car notre réseau GSM qui a maintenant quatre ans est, aujourd’hui, complètement révolutionné. Nous nous sommes très vite adaptés à l’évolution technologique rapide dans le secteur de télécom. Le Liban a besoin d’accompagner cette évolution rapide des télécommunications. Nous allons vers les autoroutes de l’information où l’architecture des réseaux fixes ou mobiles est en pleine convergence. Quand, depuis trois ans, on parlait d’Internet, beaucoup de gens ne savaient pas ce que c’était. Dans deux ou trois ans que deviendra ce monde unique de la voix, des données et de l’image? Si nous évaluons la situation actuelle des télécommunications au Liban, ce saut vers l’étape voix/données/images a encore besoin de beaucoup de travail. Mais je ne veux pas sous-estimer le développement du réseau fixe au Liban. Quand nous avons commencé, le réseau fixe était dans la situation d’un réseau qui a subi 17 ans de guerre. Le réseau fixe est convenable aujourd’hui mais il a encore beaucoup de chemin à faire». Les services de téléphone mobile par satellite Outre les GSM normaux, les services de communications personnelles par satellite (S-PCS) constituent la grande nouveauté de la fin de la décennie dans le domaine des mobiles. En effet, les progrès de la technologie rendent désormais possible le lancement de constellations de satellites en orbite basse qui permettent de téléphoner depuis n’importe quel point du globe à l’aide de téléphones mobiles véritablement portatifs (moins de 500 grammes). Les trois premiers S-PCS à entrer en service commercial sont Iridium, opérationnel depuis novembre 1998, puis Globalstar et ICO, qui devraient apparaître sur le marché respectivement en 1999 et 2000. Par rapport aux réseaux mobiles qui utilisent des relais terrestres comme le GSM, ces réseaux se positionnent davantage comme des compléments que comme des concurrents. En effet, les téléphones devant être en «vision directe» d’un satellite ne fonctionnent pas à l’intérieur des bâtiments et ne sont pas adaptés aux zones fortement urbanisées. En revanche, ils assurent la couverture de l’ensemble des zones rurales et montagneuses qui ne sont pas desservies par le GSM. Cette complémentarité se traduit par la mise sur le marché de terminaux «bi-modes», qui fonctionnent comme des téléphones mobiles classiques dans les zones de couverture GSM et se connectent sur le satellite lorsque cette couverture fait défaut. Cependant, la commercialisation des services de communications personnelles par satellites est encore inexistante au Liban.
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