La prometteuse victoire de l’Olympique de Marseille lors de la 2e journée de la Ligue des champions, mercredi face au Croatia à Zagreb (2-1), pourrait être un «déclic» après un début de saison laborieux en championnat. «Tout était réuni pour une belle rencontre», analysait le gardien Stéphane Porato après cette rencontre qui ouvre aux Phocéens le chemin de la qualification pour le tour suivant. Chance, opiniâtreté, sérénité en défense, force de caractère, combat physique assumé et livré sans rechigner, construction dans le jeu, l’OM a étalé, 90 minutes durant, les ingrédients qui semblaient absents depuis la reprise du championnat. Contre une très bonne équipe du Croatia de Zagreb, la première grosse cylindrée rencontrée par l’OM cette saison, Marseille a remporté la victoire du milieu de terrain que l’entraîneur Rolland Courbis avait renforcé. Après l’ouverture du score par Bakayoko au bout de cinq minutes, les Croates ont un temps semblé incapables de percer le double rideau défensif marseillais. La titularisation a priori surprenante de Pierre Issa devant sa défense a été un choix gagnant de Courbis. Le Sud-Africain, qui n’avait pourtant disputé que deux des huit rencontres de l’OM depuis le début de saison, a largement soulagé l’arrière-garde phocéenne, notamment en fin de rencontre. De même, Stéphane Dalmat, auteur de deux passes décisives, a confirmé son immense potentiel. Derrière, l’Argentin Eduardo Berizzo, très sûr dans ses interventions et son placement, a livré son meilleur match depuis son arrivée à l’OM. «Il faut encore attendre pour savoir si ce match nous servira de déclic», tempérait toutefois le buteur d’un soir, Sébastien Perez. Néanmoins, en une rencontre, l’équipe a donné raison à l’entraîneur Rolland Courbis qui ne cessait de rappeler, quand rien ne semblait marcher, que cette équipe avait «une marge de progression immense». Les Marseillais doivent désormais confirmer en championnat ce réveil à l’Europe. Dimanche, à Rennes, «ce sera difficile», prédit l’arrière William Gallas, qui craint notamment la «garde noire» de l’attaque bretonne, Diouf et Nonda. Mais les applaudissements des supporteurs à l’aéroport de Marignane au retour des joueurs dans la nuit ne trompaient pas. L’OM a retrouvé sa sérénité et va pouvoir à nouveau jouer sans la pression immédiate et paralysante du résultat. À tel point qu’une «défaite à Manchester ne serait pas dramatique», selon un membre de l’équipe dirigeante du club. Le Barça retrouve une dimension européenne Champion d’Espagne deux années de suite, le FC Barcelone de Louis Van Gaal a enfin appris à briller en Ligue des champions avec une éclatante victoire (4-2) contre la Fiorentina, mercredi, grâce notamment à deux de ses cartes majeures, Luis Figo et Rivaldo. «Ils nous ont donné une leçon de football», a reconnu l’entraîneur de la Fiorentina Giovanni Trappatoni après la défaite de ses joueurs, complètement laminés par le «système Van Gaal». Au milieu du terrain, Luis Figo, Luis Enrique et Guardiola ont exercé une pression terrible sur les leaders du Calcio italien. Derrière, Bogarde et Reiziger ont joué la carte du hors-jeu pour neutraliser les deux hommes les plus dangereux de la Fiore, l’Argentin Gabriel Batistuta et l’ex-joueur du Real Madrid Pedrag Mijatovic. En mouvement perpétuel, les Catalans ont ouvert des brèches aussi larges que les grandes avenues de Barcelone sur le flanc droit de la défense italienne, comme sur les deux premiers buts de Luis Figo et Luis Enrique. Le Barça de Van Gaal a ravivé l’espace d’un soir le souvenir des années Cruyff et de la victoire en Ligue des champions en 1992, sous la baguette du mythique entraîneur néerlandais. Il fallait bien cela après deux éliminations au premier tour dans la plus belle des compétitions européennes, en 1997 et en 1998. Suspendu pour trois matches en Liga après une exclusion, le Portugais Luis Figo a étanché sa soif de football tout au long de la rencontre en marquant dès la 6e minute, après avoir éliminé Repka et en provoquant le penalty du 3 à 1 transformé par Rivaldo. Le Brésilien, sans faire le match de sa vie, a sorti sa classe au bon moment, quand les Italiens refaisaient surface après le but de Batistuta sur coup-franc (50). Dans la foulée de son penalty, Rivaldo a signé le 4 à 1 pour son équipe sur une passe de Luis Enrique. Au passage, il a fait un pas de plus vers le ballon d’or qui récompense chaque année le meilleur joueur du monde. La victoire contre la Fiorentina permet au Barça de prendre, avec deux victoires en deux matches, la tête du groupe B avant de recevoir Arsenal. Louis Van Gaal, habitué au revers de fortune depuis son arrivée en Espagne il y a deux ans, refuse de voir plus loin : «Quand une équipe joue comme aujourd’hui, beaucoup de gens en Europe pensent qu’elle gagnera la compétition. Mais ce n’est qu’un seul match», a-t-il prudemment rappelé.
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