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Actualités - Chronologie

La présence des soldats de la paix rassure les habitants de Dili(photo)

Des centaines d’Est-Timorais, rassurés par la présence des soldats de la force internationale, ont commencé hier, timidement, à descendre dans Dili, la ville martyrisée où les drapeaux indonésiens ont disparu. Moins de vingt-quatre heures après l’arrivée des premiers soldats, la ville fantôme s’anime et offre des scènes surréalistes de célébrations au milieu des ruines et de la désolation. Des familles entières saluent, avec des cris de joie ou en faisant le V de la victoire, le passage des soldats internationaux lourdement armés. Ils patrouillent à pied, en file indienne, le doigt sur la détente ou lentement en voitures blindées. Des insultes, des mauvais gestes accompagnent en revanche le passage des camions des derniers militaires indonésiens qui sont suivis par des regards chargés de haine. Des hommes s’effondrent en pleurs dans les bras l’un de l’autre et des drapeaux bleu, blanc et vert, la couleur du Timor indépendant, parfois confectionnés avec de simples bouts de papier de couleur, commencent à apparaître. En même temps, les obligatoires drapeaux rouge et blanc, les couleurs de l’Indonésie, qui se trouvaient encore partout lundi, seule et dérisoire protection contre la vengeance exercée par les soldats et miliciens indonésiens pour punir la population d’avoir massivement voté pour l’indépendance, ont disparu. Les correspondants de l’AFP qui parcourent la cité détruite à pied et en moto n’en ont trouvé mardi qu’un seul, flottant encore sur un pan de ruines. Et sur le port, où a accosté en début de matinée le premier navire de guerre non indonésien, plus un seul des quelque mille réfugiés qui y sont entassés ne porte le ruban blanc et rouge qu’ils arboraient tous il y a seulement vingt-quatre heures. «Nous sommes tellement heureux que les troupes des Nations unies soient arrivées. C’est la défaite finale des militaires indonésiens au Timor-Oriental», affirme Filomena Bianco, 34 ans, ses enfants jouant sur le trottoir à côté d’elle. Mais ces scènes de joie se superposent à celle de la désolation d’une ville de quelque 200 000 habitants, qui avait encore, il y a moins de quinze jours, un charme colonial élégant et suranné. Les destructions ont été délibérées, planifiées et systématiques : de la poste au stade municipal en passant par le marché, l’évêché, le diocèse. Il n’y a plus ni eau ni électricité. Plus rien. Les Est-Timorais qui descendent de la montagne où ils avaient cherché refuge portent dans des sacs en plastique les maigres biens qu’ils ont pu sauver. D’abord, la nourriture qui manque cruellement : quelques feuilles, une poignée de cresson, un fruit. Et les langues se délient : «Restez, s’il vous plaît. J’espère que vous n’êtes pas venus pour repartir tout de suite», plaide un jeune homme qui s’adresse à un soldat en position sur le bord de mer. Une femme, qui a bâti un abri de fortune en face de l’hôtel Mahkota dont il ne reste qu’un bout de façade, évoque ses voisins et ses amis qui, durant ces quinze derniers jours de terreur, ont été emmenés au Timor occidental, en territoire indonésien. «Nous voulons que les Nations unies les aident et leur permettent de revenir. Beaucoup ne voulaient pas partir. Ils ont été forcés», ajoute-t-elle.
Des centaines d’Est-Timorais, rassurés par la présence des soldats de la force internationale, ont commencé hier, timidement, à descendre dans Dili, la ville martyrisée où les drapeaux indonésiens ont disparu. Moins de vingt-quatre heures après l’arrivée des premiers soldats, la ville fantôme s’anime et offre des scènes surréalistes de célébrations au milieu des ruines et de la désolation. Des familles entières saluent, avec des cris de joie ou en faisant le V de la victoire, le passage des soldats internationaux lourdement armés. Ils patrouillent à pied, en file indienne, le doigt sur la détente ou lentement en voitures blindées. Des insultes, des mauvais gestes accompagnent en revanche le passage des camions des derniers militaires indonésiens qui sont suivis par des regards chargés de haine. Des hommes...