Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Pour les déplacés, l'espoir d'un retour suspendu à l'ONU(photo)

Maria Carvalho, l’une des quelque 200 000 personnes que les violences des miliciens ont forcé à quitter le Timor-Oriental pour s’entasser dans des camps en Indonésie, espère qu’elle pourra rentrer bientôt chez elle. Mais tout dépend de la Force internationale en train de débarquer au Timor-Oriental et, en attendant, son sort immédiat est entre les mains des miliciens pro-indonésiens qui font régner leur ordre dans les camps préparés de longue date pour recevoir les Est-Timorais chassés de chez eux. «Je veux rentrer au Timor-Oriental car mes quatre autres enfants y sont encore», déclare Maria, entassée avec ses trois derniers parmi quelque 6 000 personnes dans le stade Gor Flobamora Oepoi de Kupang, la principale localité de la partie indonésienne de l’île de Timor (Timor occidental). De Dili où se trouve sa maison, elle a été amenée en avion à Kupang, il y a une semaine, avec 12 autres familles qui, comme elle, ont toutes dû laisser des proches derrière elles. Elle n’en dira pas plus : des jeunes gens en civil, qui ne cherchent pas à cacher les armes qui gonflent leur chemise, rôdent autour de la délégation et des journalistes qui accompagnent Mme Sadako Ogata, le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils ne portent aucun insigne, mais la peur se lit dans les yeux des déportés qui les regardent. Ce sont les mêmes, les miliciens recrutés et encadrés par l’armée indonésienne qui les ont chassés de chez eux. «Ce stade me rappelle le Kosovo et la Bosnie mais en plus complexe. Au Kosovo, tout le monde voulait rentrer», déclare Mme Ogata soulignant qu’ici il faudra être sûr que les personnes déplacées puissent aller où elles le souhaitent : rester en Indonésie où rentrer au Timor- Oriental. «Les gens doivent pouvoir choisir s’ils veulent rentrer ou non», ne cessera de répéter Mme Ogata aux responsables indonésiens qui l’accompagnaient lors de sa visite dimanche. Les autorités de Djakarta, qui n’ont apparemment pas été prises au dépourvu par le déplacement de ces 200 000 personnes, presque le quart de la population est-timoraise, ont déjà commencé à les «réinstaller» dans d’autres îles indonésiennes. Le ministre indonésien à la Condition sociale Haryono Suyono, qui accompagne Mme Ogata, affirme que ce déplacement est volontaire et que les déplacés ont la possibilité de choisir là où ils veulent se rendre. Mais Eurico Gutterez, le chef d’Aitarak, la milice qui a détruit Dili, faisait partie de la délégation officielle indonésienne accueillant Mme Ogata à Atambua, la localité proche de la frontière du Timor-Oriental où sont regroupés la plupart des réfugiés. Nous lui avons demandé son aide «pour des raisons humanitaires pas politiques» afin d’assurer la sécurité de Mme Ogata, explique le ministre Suyono. Et, quand on lui demande pourquoi il n’est pas possible de séparer les miliciens des Est-Timorais entassés dans les camps, Piet Tallo, le gouverneur de la province indonésienne de Nusa Tengara oriental dont le Timor occidental fait partie, répond que «dans son cœur, il espère qu’il y aura une réconciliation». «Peut-être, commente un diplomate européen accompagnant la délégation, les autorités n’ont-elles pas d’autre choix que de coopérer avec les milices». La situation, évoque-t-on de plus en plus au sein de la communauté des organisations humanitaires, risque d’être rapidement la même qu’à Goma (ex-Zaïre) après les massacres du Rwanda : la majorité de l’aide apportée par la communauté internationale pour aider les victimes allait directement aux responsables des atrocités.
Maria Carvalho, l’une des quelque 200 000 personnes que les violences des miliciens ont forcé à quitter le Timor-Oriental pour s’entasser dans des camps en Indonésie, espère qu’elle pourra rentrer bientôt chez elle. Mais tout dépend de la Force internationale en train de débarquer au Timor-Oriental et, en attendant, son sort immédiat est entre les mains des miliciens pro-indonésiens qui font régner leur ordre dans les camps préparés de longue date pour recevoir les Est-Timorais chassés de chez eux. «Je veux rentrer au Timor-Oriental car mes quatre autres enfants y sont encore», déclare Maria, entassée avec ses trois derniers parmi quelque 6 000 personnes dans le stade Gor Flobamora Oepoi de Kupang, la principale localité de la partie indonésienne de l’île de Timor (Timor occidental). De Dili où se trouve sa...