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Actualités - Chronologie

Yougoslavie L'accession du Kosovo à l'indépendance divise la communauté internationale

L’hypothèse d’une accession du Kosovo à l’indépendance divise la communauté internationale, au moment où la Kfor met en garde l’Armée de libération du Kosovo (UCK) contre ses tentatives de former une armée, un des symboles de la souveraineté d’un État. Selon un diplomate de haut rang à l’Otan, le statut final du Kosovo, actuellement sous administration internationale, «reste ouvert», laissant entendre que la province serbe pourrait à terme accéder à l’indépendance. La résolution 1 244 du Conseil de sécurité des Nations unies a donné en juin mandat à la force multinationale (Kfor), dirigée par l’Otan, et à la mission civile de l’Onu (Minuk) d’administrer le Kosovo mais elle réaffirme l’appartenance du Kosovo à la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro). La Russie, traditionnelle alliée de la Serbie, a menacé de retirer son contingent du Kosovo si la province se dirige vers l’indépendance. «Si la tendance pour séparer la région du Kosovo de la République de Yougoslavie devient irréversible, si la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu (sur le Kosovo) n’est pas respectée, si le rôle de l’Onu est constamment rabaissé, je crains que (le Parlement russe) ne remette en question le maintien de notre contingent sur place», a déclaré un responsable du ministère russe de la Défense. Quelques jours plus tôt, le premier vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Avdeev, avait déclaré lors d’une visite à Belgrade que «la Russie ne permettra aucune improvisation ni ersatz juridique dans l’application de la résolution 1 244 qui puissent modifier le statut du Kosovo dans le cadre de la Serbie et de la RFY». La Russie critique notamment l’intention de la mission de l’Onu au Kosovo de délivrer des papiers d’identité aux Kosovars, toujours officiellement citoyens yougoslaves, et de renforcer la législation douanière entre le Kosovo et le reste de la Yougoslavie. Début septembre, l’agence officielle yougoslave Tanjug avait accusé l’administrateur de l’Onu au Kosovo, Bernard Kouchner, de «violer la souveraineté de la Yougoslavie» par sa décision d’imposer le deutschemark comme monnaie officielle de la province. Le « Kosovo Corps » Les Russes et les Serbes sont d’autant plus inquiets que les Américains n’apparaissent pas hostiles à l’idée d’indépendance, contrairement à plusieurs pays européens, dont la France, beaucoup plus réticents. Ces pays européens, qui reprochent aux États-Unis une certaine faiblesse à l’égard de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), sont très inquiets d’une éventuelle modification des frontières de la Serbie. «Le statut du Kosovo n’est pas remis en cause et l’indépendance n’est pas à l’ordre du jour», affirme un diplomate européen à l’Otan. De son côté, le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, s’est interrogé récemment dans le quotidien Le Soir «sur l’arrière-pensée des États-Unis». «Une bonne partie de la communauté internationale dit que l’UCK doit devenir autre chose qu’une organisation militaire. Mais je n’entends pas à ce jour d’adhésion très forte des États-Unis à cette vision», selon lui. L’aile dure de l’UCK «veut se muer en armée et police kosovares, avait-il ajouté. Les Américains semblent les y encourager, mais Kouchner comme le général Jackson (commandant de la Kfor) disent que c’est absolument impossible». La Kfor a mis en garde l’UCK mercredi contre «toute tentative de former une Force de défense du Kosovo ou tout autre groupe militaire ou paramilitaire au Kosovo», à quatre jours de la date marquant la fin de la démilitarisation de l’UCK. Un projet d’accord sur la participation de l’UCK à un corps de sécurité civile est sur le point d’être finalisé. Le «Kosovo Corps» serait chargé de combattre les incendies, et les catastrophes naturelles, mais aussi de neutraliser les mines et explosifs. Les leaders de l’UCK souhaitent que cette force de sécurité ressemble le plus possible à un embryon d’armée – un pas de plus vers l’indépendance – alors que l’Otan et l’Onu veulent accentuer au maximum son caractère civil.
L’hypothèse d’une accession du Kosovo à l’indépendance divise la communauté internationale, au moment où la Kfor met en garde l’Armée de libération du Kosovo (UCK) contre ses tentatives de former une armée, un des symboles de la souveraineté d’un État. Selon un diplomate de haut rang à l’Otan, le statut final du Kosovo, actuellement sous administration internationale, «reste ouvert», laissant entendre que la province serbe pourrait à terme accéder à l’indépendance. La résolution 1 244 du Conseil de sécurité des Nations unies a donné en juin mandat à la force multinationale (Kfor), dirigée par l’Otan, et à la mission civile de l’Onu (Minuk) d’administrer le Kosovo mais elle réaffirme l’appartenance du Kosovo à la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro). La Russie,...