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Actualités - Reportages

Vidéos - Fetival Ayloul, suite et fin Nostalgie, drame et réflexion(photos)

Les courts-métrages de deux metteurs en scène libanais et de deux autres, palestiniens, ont clôturé la série vidéo du Festival Ayloul, au Lycée Abdelkader. Un film-réflexion, un documentaire et deux reportages pour une conclusion plutôt grave. Mais en beauté. – Sa carapace (13 minutes) de Mahmoud Hojeij est une réflexion philosophique sur le thème du comportement. Le vidéaste filme tour à tour une fillette et une tortue et essaye d’établir un parallèle entre les deux sujets. Première image : le reptile, vu de dos, a la tête hors de sa carapace. De temps en temps, il la tend un peu plus en avant puis reprend sa position initiale. Il sort ensuite du champ de la caméra. Attitude qui se répète à l’infini. À aucun moment, la tortue ne sent la présence du vidéaste ou ne tourne la tête vers l’objectif. Elle ne rentrera pas non plus dans sa carapace. Et pourtant, «cette tortue coûte 10 000 LL», note ironiquement le vidéaste sur l’écran. La petite fille, au contraire, réagit du début à la fin. Elle commence par exprimer son refus d’être filmée. «Je ne veux pas, je ne veux pas», répète-t-elle en fuyant la caméra, avant d’éclater en pleurs et de se mettre à hurler. Elle se réfugie auprès de sa maman, sa «carapace». Mais peu à peu, elle apprivoise le photographe, elle lui parle, elle finira même par jouer avec lui. Une expérience intéressante, à la fois amusante et sérieuse. – Grand Théâtre (28 minutes) d’Omar Naïm est un documentaire plein de sensibilité. À travers ce lieu symbolique qui a «vécu dans sa chair» toutes les étapes de la guerre du Liban, le vidéaste nous emmène en voyage dans le Beyrouth d’hier. Construit à l’époque du mandat français, le Grand Théâtre a attiré à ses débuts la crème de la société. Sur ses planches se sont succédé de prestigieux artistes libanais, arabes ou étrangers. En 1975, lorsque la guerre civile éclate, le Grand Théâtre se retrouve sur la ligne de démarcation entre «Beyrouth Est» et Beyrouth Ouest». Un no man’s land où la violence bat son plein, où des innocents tombent, victimes de francs-tireurs. Peu à peu, le Grand Théâtre se transforme en cinéma pornographique. Un lieu malfamé où se retrouvent les éléments armés de la ville. Aujourd’hui, le bâtiment est en ruine, habité par les fantômes du passé. Retrouvera-t-il jamais sa gloire d’antan. La caméra d’Omar Naïm effectue des va-et-vient incessants entre l’avant et l’après-guerre. Témoignages, morceaux de films tirés des archives, noir et blanc ou couleurs… Du beau travail, bien maîtrisé, et qui ne manque pas de poésie. –Women in the sun (58 minutes) est un reportage de Sobhi Zoubeidi sur le thème de la violence envers les femmes dans la société palestinienne. Une série de témoignages de femmes voilées, qui disent des souffrances, des désillusions, des révoltes. Mais, aussi, de larges extraits de conférences diverses où l’on assiste en direct à des interventions courageuses de spécialistes et de responsables. Des hommes et des femmes qui tentent de combattre l’injustice et l’hypocrisie et de lever le voile sur des réalités pénibles et révoltantes de la condition des femmes en Palestine. Filmé en grande partie dans l’ombre, le film de Sobhi Zoubeidi est oppressant. Et si l’on rit par moments, c’est pour ne pas pleurer. – Legend (70 minutes) de Nizar Hassan est un reportage émouvant qui raconte un drame : l’éclatement d’une famille palestinienne dont les différents membres ont dû se séparer lorsque l’armée israélienne a occupé leur village. À travers l’histoire d’un des fils recherché par les services secrets israéliens, le vidéaste retrouve la trace du reste de la famille. En Jordanie, au Liban, en Allemagne, en Palestine. Aujourd’hui, plus de 20 ans plus tard, la famille ne peut toujours pas être réunifiée. Nizar Hassan filme, écoute, pose des questions, mais ne fait aucun commentaire. On sent son désir de s’éloigner des clichés gratuits et de toute lourdeur ou propagande. Friand de gros plans, le vidéaste sait attendre que l’essentiel soit dit. L’insistance de la caméra sur la douleur des personnes interrogées est parfois à la limite du soutenable. Mais au bout, toujours, l’authenticité.
Les courts-métrages de deux metteurs en scène libanais et de deux autres, palestiniens, ont clôturé la série vidéo du Festival Ayloul, au Lycée Abdelkader. Un film-réflexion, un documentaire et deux reportages pour une conclusion plutôt grave. Mais en beauté. – Sa carapace (13 minutes) de Mahmoud Hojeij est une réflexion philosophique sur le thème du comportement. Le vidéaste filme tour à tour une fillette et une tortue et essaye d’établir un parallèle entre les deux sujets. Première image : le reptile, vu de dos, a la tête hors de sa carapace. De temps en temps, il la tend un peu plus en avant puis reprend sa position initiale. Il sort ensuite du champ de la caméra. Attitude qui se répète à l’infini. À aucun moment, la tortue ne sent la présence du vidéaste ou ne tourne la tête vers l’objectif. Elle...