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Actualités - Chronologie

Les forces armées indonésiennes habituées à l'impunité(photo)

Les forces armées indonésiennes ont, à ce jour, toujours joui d’une impunité totale et il est peu probable que la menace brandie par les Nations unies selon laquelle elles pourraient être un jour tenues pour responsables de «crimes contre l’humanité» au Timor-Oriental les inquiètent beaucoup, estimaient samedi diplomates et analystes. L’armée indonésienne est régulièrement accusée par les organisations internationales, d’Human Right Watch à Amnesty International en passant par Asian Right Watch, de commettre des violations massives des droits de l’homme lors de ses interventions pour rétablir l’ordre. Historiquement, l’armée indonésienne tire aussi gloire de la répression qui en 1965-66 a suivi, selon la version officielle, une tentative de coup d’État communiste, ayant abouti à l’éradication du Parti communiste indonésien et à l’assassinat d’entre 500 000 et 1 500 000 personnes. Les dénonciations des organisations spécialisées concernent des abus – parfois des massacres – au Timor-Oriental, mais également à Aceh, dans le nord de Sumatra, en Irian Jaya (Papouasie occidentale), ou plus récemment à Ambon (Moluques), ou à Bornéo. Quand ce n’est pas dans les rues mêmes de Djakarta, comme en novembre dernier, où au moins 14 étudiants ont été tués par balles en plein centre-ville à à peine un kilomètre du Parlement alors en session. Le rôle de certaines unités et notamment les Kopassus, les forces spéciales, particulièrement actives au Timor-Oriental, a, en outre, été dénoncé dans les émeutes qui ont secoué Djakarta et plusieurs autres villes du pays, en mai 1998 dans les mois ayant précédé la démission du président Suharto. Ces unités ont été accusées de réprimer, sous le prétexte de chasse aux communistes, les opposants au régime, notamment les militants politiques, religieux ainsi que les syndicalistes. Malgré toutes les pressions internationales, les enquêtes ouvertes, comme celles sur les disparitions de militants politiques ou les viols systématiques d’Indonésiennes d’origine ethnique chinoise, n’ont jamais rien élucidé. Elles se sont enlisées jusqu’à ce que l’opinion internationale se lasse et oublie. L’enquête ouverte sur le massacre de Santa Cruz en 1991 perpétré par l’armée indonésienne à Dili, la principale ville du Timor-Oriental, est souvent considérée comme révélatrice par les défenseurs des droits de l’homme. Après avoir démenti en bloc que quoi que ce soit se fût passé, les autorités indonésiennes, devant les témoignages – notamment les images – de journalistes occidentaux présents, ont fini par reconnaître que 50 personnes avaient été tuées. En fait, les enquêtes indépendantes ont établi que plus de 260 personnes auraient trouvé la mort, ce jour-là, dans le cimetière ainsi que dans les jours suivants lors des opérations de camouflage de la tuerie et d’assassinat des survivants. Des «sanctions» ont été prises pour apaiser l’opinion internationale, mais elles n’ont en rien compromis la carrière des «punis» dont l’un d’entre eux, le général Sintong Panjaitan, mis temporairement à l’abri à Harvard (États-Unis) avec une bourse d’études, est actuellement un très proche collaborateur du président Yussuf Habibie. L’actuel ministre de l’Information, le général Yunus Yosfiah, était, lui-même, l’officier commandant l’unité de forces spéciales qui, en 1975 lors de l’invasion du Timor-Oriental, a tué à Balibo (ouest du Timor-Oriental) cinq journalistes anglo-saxons travaillant pour des médias australiens. Le général confirme qu’il était sur place, mais dément avoir donné personnellement l’ordre de tuer les journalistes – le dernier au couteau – comme l’affirme un témoin direct, réfugié en Australie, qui a récemment accepté de parler devant les caméras de la télévision australienne. De même, en avril dernier à Liquisa, à 35 km à l’ouest de Dili, les milices indonésiennes aujourd’hui déchaînées au Timor-Oriental ont tué des dizaines de personnes contraintes de quitter l’église où elles s’étaient réfugiées dans laquelle les policiers avaient tiré des grenades lacrymogènes. Les autorités indonésiennes ont fini par concéder à la suite des protestations internationales qu’il y avait eu 25 morts, mais ont refusé toute enquête indépendante sur place. Les diplomates occidentaux qui ont finalement pu se rendre dans la région trois semaines plus tard ont estimé, malgré la disparition de beaucoup de témoins et les travaux hâtifs de réfection de l’église et du presbytère, que, selon la confidence de l’un d’entre eux, «au moins 50 personnes et sans doute beaucoup plus», avaient été assassinées.
Les forces armées indonésiennes ont, à ce jour, toujours joui d’une impunité totale et il est peu probable que la menace brandie par les Nations unies selon laquelle elles pourraient être un jour tenues pour responsables de «crimes contre l’humanité» au Timor-Oriental les inquiètent beaucoup, estimaient samedi diplomates et analystes. L’armée indonésienne est régulièrement accusée par les organisations internationales, d’Human Right Watch à Amnesty International en passant par Asian Right Watch, de commettre des violations massives des droits de l’homme lors de ses interventions pour rétablir l’ordre. Historiquement, l’armée indonésienne tire aussi gloire de la répression qui en 1965-66 a suivi, selon la version officielle, une tentative de coup d’État communiste, ayant abouti à l’éradication du...