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Actualités - Chronologie

Les rescapés de l'ONU ont quitté Dili, ville fantôme(photo)

Ce sont de terribles témoignages de mort et de destructions qu’ont donnés les rescapés de la mission assiégée des Nations unies à Dili, capitale du Timor-Oriental, à peine débarqués des avions Hercules de l’armée de l’air australienne. «Dili est véritablement une ville fantôme à l’heure actuelle», déclare Luciano Alvarez, journaliste du quotidien de Lisbonne Publico en résumant l’effrayant trajet effectué par les évacués jusqu’à la piste d’envol, accroupis dans des camions circulant entre les ruines fumantes de la cité. «Tout est détruit. Non seulement les maisons individuelles mais également les immeubles, les boutiques. Tout», a-t-il raconté. «Les seuls habitants du Timor-Est qu’on peut voir se trouvent dans des camions de la police. C’est terrible. Pour moi Dili est morte», ajoute-t-il. L’officier de police britannique Philip Caine craint surtout ce qu’il peut advenir des réfugiés Timorais piégés dans le périmètre de la mission. «Alors que nous étions sur le départ, je pensais que ce qui m’attendait moi c’était un déplacement périlleux alors que eux (les réfugiés) ils allaient vraisemblablement affronter la mort», a-t-il déclaré. Les deux premiers vols ont amené à Darwin, depuis Dili, dix membres de la mission des Nations unies et 152 réfugiés du Timor-Oriental. Le spectacle de ces évacués titubant sur la piste était très émouvant. Hommes et femmes sanglotaient en atteignant le terme de leur exode. Certains avançaient sur le tarmac le poing levé tandis que d’autres pleuraient simplement. Des membres de la communauté timoraise exilée étaient venus à la recherche hypothétique d’amis ou de parents parmi les arrivants et tendaient leurs bras à travers les grilles métalliques qui les séparaient des arrivants. Touchés, les fonctionnaires de l’immigration ont fini par laisser tomber le règlement en permettant aux gens de s’embrasser au travers des barreaux. «Nous n’osons pas penser ce qu’il peut arriver aux gens de notre peuple qui sont restés là-bas», a déclaré un homme s’exprimant par le biais d’un interprète. Le personnel médical a souligné les difficultés auxquelles il avait été confronté pour soigner les enfants blessés ou malades à l’intérieur du périmètre des Nations unies à Dili. «Les enfants souffrent. Il y a beaucoup de blessures et de fractures», a déclaré le Dr Ruo Koka originaire de Goa en Inde mais qui actuellement exerce à Genève en Suisse. Il a expliqué que les enfants sont blessés après avoir été jetés par dessus les fils de fer barbelés qui entourent la mission des Nations unies dans un ultime geste désespéré de les faire échapper à la milice. Outre ces blessures les enfants souffrent également de malaria, de fièvre, d’infection et de gastro-entérite ainsi que de conjonctivite, a précisé le Dr Koka. Une infirmière africaine, Emilienne Hako Ngongueu, a expliqué comment elle a procédé à un accouchement à l’intérieur de la mission assiégée. L’enfant, baptisé Pedro Unamet Rodrigues en hommage à la Mission des Nations unies, était un beau bébé mais qu’il n’y avait pas de lange pour lui. Rien. Elle a ajouté : «Je n’avais pas la conscience tranquille en partant car j’ai abandonné beaucoup d’enfants. Nous avons énormément de difficultés là-bas», a-t-elle ajouté. C’est au moment ou les rescapés parvenaient en Australie qu’ont été connues les exactions des milices déchaînées contre la mission des Nations unies. Le porte-parole de la mission des Nations pour le Timor-Oriental (Unamet) David Wimhurst a indiqué que les milices arpentaient la cour d’école jouxtant la mission des Nations unies sur laquelle sont garés les véhicules de l’Onu exigeant les clés des véhicules avant de faire voler en éclats leurs vitres et de voler ce qui était à l’intérieur. L’armée n’a «absolument rien fait» pour les arrêter, a-t-il précisé.
Ce sont de terribles témoignages de mort et de destructions qu’ont donnés les rescapés de la mission assiégée des Nations unies à Dili, capitale du Timor-Oriental, à peine débarqués des avions Hercules de l’armée de l’air australienne. «Dili est véritablement une ville fantôme à l’heure actuelle», déclare Luciano Alvarez, journaliste du quotidien de Lisbonne Publico en résumant l’effrayant trajet effectué par les évacués jusqu’à la piste d’envol, accroupis dans des camions circulant entre les ruines fumantes de la cité. «Tout est détruit. Non seulement les maisons individuelles mais également les immeubles, les boutiques. Tout», a-t-il raconté. «Les seuls habitants du Timor-Est qu’on peut voir se trouvent dans des camions de la police. C’est terrible. Pour moi Dili est morte», ajoute-t-il....