Des livres anciens, des timbres et quelques cartes postales sont exposés jusqu’au 25 septembre à la médiathèque du Centre culturel français, rue de Damas. Ces pièces d’archives ou plutôt de collections privées portent témoignage de «300 ans de relations entre la France et le Liban». Répartis sur cinq vitrines, les ouvrages anciens, qui appartiennent à la bibliothèque d’Antoine Abi-Haïla, sont divisés en autant de catégories. Il y a d’une part les écrits des grands «Voyageurs de l’Orient» : un exemplaire de Voyage en Orient de Gérard de Nerval (1843), illustré de gravures originales de Gandon. Un jardin sur l’Oronte de Maurice Barrès (exemplaire 297). Ou encore Le tour du Monde. Nouveau journal de voyage (1881). Dans la deuxième vitrine, des essais et des études ethnologiques, historiques et sociologiques sont regroupés sous l’intitulé “L’Orient vu de l’Occident”. Il y a là, entre autres, un exemplaire du Voyageur François, (1771), une publication célèbre au Siècle des Lumières, qui offre, sous forme de correspondances fictives, une description géographique et rurale des pays du Levant. La troisième vitrine présente des «Ouvrages sur l’administration du mandat» : des rapports mensuels de l’administration française au Liban (1921), ou encore un exposé sur l’état de la langue française dressé au cours d’un «Congrès de l’Alliance française à l’exposition coloniale de Marseille» (1923). Quatrième vitrine : «L’Orient grand public» ou un échantillon de guides touristiques, reportages et essais destinés au grand public et parus durant l’entre-deux-guerres (1931/32 /34) à l’époque de l’intégration – provisoire – du Liban et de la Syrie dans l’empire colonial français. Enfin, la cinquième vitrine est consacrée aux «Missions et missionnaires» : brochure illustrée sur les Jésuites (1929) ou encore un compte-rendu signé Luce Camuzet sur «L’œuvre de Syrie des sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition» préfacé du général Weygand, de l’Académie française (1931). Côté philatélie : 23 tableaux d’une cinquantaine de pièces chacun, appartenant à la collection privée de M. Chafik Taleb, retracent des moments forts des relations franco-libanaises. De 1863, époque Napoléon III, aux timbres de l’Indépendance. En passant par 1922 : premières émissions de timbres du Liban alors sous mandat. Puis, à partir de 1925, on commence à apercevoir des paysages et sites caractéristiques : Saïda, Baalbeck, Tripoli, Beiteddine…. En 1938 : à l’occasion de la participation du Liban à la Foire universelle de 1937, émission d’un timbre libanais représentant les bateaux-mouches sur la Seine. En 1938, c’est la Faculté de médecine de la rue de Damas qui est à l’honneur, à l’occasion de la tenue d’un congrès médical international à Beyrouth. - Troisième et dernier volet de l’exposition : le coin cartes postales envoyées par les soldats du mandat à leurs familles. Datées de 1923 et 1924, des vues nostalgiques du Petit Sérail, de la forêt des Pins, de la Banque ottomane, de la Caserne, des Arts et Métiers ou du «fleuve du Chien»… La médiathèque est ouverte aux visiteurs tous les jours de 10h à 13h et de 14h à 17h30. Et le samedi de 10h à 15h. Photos de Beyrouth du début du siècle à la galerie Zamaan La galerie Zaman, rue Sadate, présente sa nouvelle «moisson» de photos anciennes de Beyrouth. Une centaine de clichés et cartes postales, dénichés en Europe, qui montrent des vues nostalgiques du Beyrouth, du début du siècle aux années 30. Agrandies en trois formats (20x25 ; 70x100 ; et 40x50), les photographies sont en noir et blanc ou coloriées à la main sur papier entoilé. Signées Bonfils, Sarafian, les éditions Istambouli ou celles de la Poste française à Beyrouth, elles offrent un bouquet de paysages et de scènes aux effluves de nostalgie. Les coupoles du Bain turc ; le terminus du tramway qui était situé non loin de la Corniche du Phare ; le bâtiment de l’Université américaine en 1918, entouré à l’époque de terrains vagues. Une magnifique vue verticale du «Souk an-Nourié», une rue animée où s’entrecroisent dames en capeline, femmes voilées, moustachus en turban, hommes au tarbouche et au chapeau colonial. Qui de nos jours saurait localiser l’ancien Cercle gymnastique italien ? Qui se souvient des petits marchands ambulants de douceurs qui présentaient leurs marchandises sur des plateaux à tréteaux ? Ou encore de Beyrouth sous la neige, très exactement le 11 février 1920 ? C’est à un voyage dans la douceur du passé que sont conviés les visiteurs de cette exposition.
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