Sauveur désigné de l’équipe de France de football, Zinedine Zidane a une fois de plus tenu parfaitement son rôle mercredi soir pour offrir à la France une difficile victoire sur l’Arménie (3-2) en éliminatoire de l’Euro 2000. Le numéro 10 de la Juventus a inscrit à la 67e minute le but libérateur qui a permis aux Bleus, contraints de l’emporter pour conserver des espoirs de qualification, de desserrer l’étau. Surpris dès la sixième minute par un but-massue de Karapet Mikaelyan, les champions du monde, empruntés, ont en effet eu bien du mal à revenir dans le match. Un penalty de Youri Djorkaeff juste avant la pause a permis de redonner l’espoir avant que Zidane ne libère enfin les Bleus d’une superbe frappe. Lilian Laslandes a enfoncé le clou à un quart d’heure de la fin d’un match tendu. Les choses commençaient au plus mal pour des Français contraints à la victoire puisque, dès la 6e minute, alors que Youri Djorkaeff venait de rater une occasion en or seul face à Roman Berezovsky, les Arméniens ouvraient la marque contre toute attente. Un instant de relâchement, et Petrosyants lançait Karapet Mikaelian était à la limite du hors jeu. N’en croyant pas sa veine, l’ailier arménien s’en allait tromper Fabien Barthez comme à la parade. Sonnés, fébriles, les champions du monde subissaient le jeu et Mikaelian s’offrait une nouvelle occasion à la 13e. Djorkaeff répliquait du tac au tac d’une belle frappe, mais les Bleus eurent bien du mal à sortir la tête de l’eau. Zidane expédiait bien une frappe croisée détournée du bout des doigts par le gardien arménien, Lilian Laslandes ratait de peu une tête à la 23e, mais les Arméniens, enhardis, ne déméritaient pas. Les locaux auraient presque mérité d’atteindre la pause avec ce court avantage mais, dans les arrêts de jeu de cette première période, Vardan Kachatryan descendait Laurent Blanc dans la surface de réparation, permettant aux Français d’atteindre la pause sur un score de parité. Djorkaeff ne ratait pas, en effet, sa chance de ramener les siens. Ce but semblait devoir libérer les Bleus, mais non. Un peu plus offensifs, les Français butaient sur une défense arménienne renforcée, solidaire et bien placée. Il fallait une fois de plus que Zidane s’y colle, à la 67e, pour ramener l’espoir. Une longue ouverture trouvait le meneur de jeu tricolore à la limite de la surface de réparation. Il pivotait, et d’un tir croisé instantané donnait enfin l’avantage aux siens. Usés, les Arméniens prenaient l’eau, et c’est logiquement que Laslandes salait la note sept minutes plus tard alors que Zidane, émoussé lui aussi, sortait. Le match se terminait dans la confusion à la suite de deux fautes stupides, l’une de Frédéric Déhu, expulsé dans les arrêts de jeu, l’autre de Barthez, qui se voyait sanctionné d’un penalty pour une charge délictueuse. Armen Shakhkeldyan réduisait la marque juste avant le coup de sifflet final. Mission accomplie donc, pour les champions du monde, mais leur pâle prestation les oblige à rester vigilants avant leur dernière rencontre du mois prochain contre de rugueux Islandais au Stade de France. Il y a du travail ! La France a vaincu mais, une nouvelle fois, sans convaincre. Il est vrai que, dans la mesure où le sélectionneur national a décidé de privilégier le réalisme, le résultat d’Erevan permet aux champions du monde d’espérer encore en leurs chances de qualification directe. Mais, aussi bien au niveau de l’option tactique que de l’efficacité des attaquants, les Français ont encore beaucoup de travail s’ils veulent revenir à leur niveau de 1998. Le buteur prodige Nicolas Anelka avait été sacrifié pour ce match pour cause de manque de travail défensif et de réalisme. Mais ses remplaçants, empêtrés dans un schéma tactique mal défini, n’ont guère fait mieux. Devant des Arméniens courageux et très entreprenants, même s’ils jouent dans la deuxième division du football européen, les Français ont bégayé leur football, incapables d’asseoir leur présumée supériorité. L’option à deux récupérateurs battant de l’aile, Roger Lemerre a même dû innover en cours de première mi-temps, Laurent Blanc passant en position de milieu devant une défense à trois. Zidane, qui n’avait pas le même rayonnement que la semaine dernière contre l’Ukraine, essayait en vain de remettre de l’ordre dans la maison. Sa prestation en demi-teinte, malgré quelques éclairs comme sur son but, n’est d’ailleurs pas étrangère aux atermoiements des Bleus. Mais la solution ne pouvait venir non plus d’un Sylvain Wiltord, l’ombre du buteur de la saison dernière, ni de son compère bordelais, Lilian Laslandes, malheureux dans ses placements même s’il a marqué pour la seconde fois en trois matches. Youri Djorkaeff quant à lui, hyper-motivé, voulait tout faire... trop sans aucun doute. Même si on le retrouve à l’origine de deux buts, il a perdu un nombre incroyable de ballons, ce qui aurait sans doute eu d’autres conséquences face à une formation d’un niveau supérieur. En voulant marquer à tout prix, les champions du monde, ne pouvant trouver de solution dans cette cacophonie tactique, tombaient souvent dans la recherche de l’exploit individuel face à une défense arménienne bien regroupée. Ce n’est pas un hasard si l’on retrouve Laurent Blanc dans les deux premiers buts français (fauché dans la surface sur le premier et à l’origine de l’ouverture sur Djorkaeff qui sert Zidane sur le second). Le néo-Interiste a en effet été un des rares, avec Bixente Lizarazu, a jouer sur sa valeur. Roger Lemerre s’est sorti du guêpier d’Erevan. Mais, la France est toujours l’ombre de l’équipe championne du monde. La Yougoslavie repasse en tête du groupe 8 La Yougoslavie s’est replacée mercredi en tête de son groupe huit des éliminatoires de l’Euro 2000 de football avec 16 points en sept matches grâce à sa victoire 4-2 contre la Macédoine. Elle n’a désormais besoin que d’un match nul face à la Croatie le 10 octobre à Zagreb pour terminer première ou deuxième de son groupe. La première place est synonyme de qualification directe, la deuxième donne le droit de disputer un match de barrage. Savo Milosevic a inscrit un des buts les plus rapides de l’histoire en ouvrant le score après 10 secondes de jeu, par un lob après une longue ouverture de Dragan Stojkovic sur le coup d’envoi. En un quart d’heure, les visiteurs avaient porté le score à 3-0, puis 4-0 à la pause par Ljubinko Drulovic. Les Macédoniens ont réagi en seconde période par Artem Saciri et Sasa Ciric. Allemagne écrase Irlande du Nord L’Allemagne a réalisé une excellente opération mercredi en humiliant l’Irande du Nord 4 à 0, alors que de son côté la Turquie, sa grande rivale du groupe 3 qu’elle devra rencontrer le 9 octobre à Munich, devait se contenter d’un nul (1-1) face à la Moldavie. D’entrée de jeu, les Allemands prenaient le match à bras le corps, Oliver Bierhoff ouvrant la marque après 119 secondes de jeu, grâce à un coup franc de Mehmet Scholl sur le poteau nord-irlandais, récupéré par Christian Ziege. Moins d’un quart d’heure plus tard commençait le festival Ziege, qui marquait sur une passe d’Oliver Neuville consécutive à une ouverture de Lothar Matthaeus, avant de réitérer à la 33e sur un une-deux avec Bierhoff, puis, une fois encore, à quelques secondes de la pause. À la reprise, Ziege manquait de peu son quatrième but de la soirée, alors que les Nord-Irlandais se cantonnaient dans un jeu exclusivement défensif. Les Allemands, sans doute avertis pendant la pause du nul Moldavie-Turquie et déplorant deux blessés, Markus Babbel et Jens Nowotny, mettaient visiblement la pédale douce. Ils restaient quand même très menaçants, Matthaeus et Scholl manquant de peu la cage nord-irlandaise à quelques secondes d’intervalle (73), et multipliant les occasions jusqu’au coup de sifflet final.
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