Walid Doumiaty qui plante son coude dans le visage de Falatah, Fady el-Khatib qui en vient aux mains avec le même joueur, c’est le triste spectacle d’une formation libanaise qui, nous ayant offert le meilleur lors des trois premiers matches, nous a proposé le pire, hier à Fukuoka. Quand on perd, c’est invariablement «Où es-tu Rony ?» qui revient comme un refrain lancinant. Hier, à Fukuoka mais aussi aux quatre coins du Liban, ils furent nombreux à le répéter. Avec 23 points de différence, le Liban a encaissé sa première défaite japonaise face à une formation séoudienne intouchable. Ce résultat compromet fortement les chances de survie des Libanais dans ce tournoi et les met dans l’obligation de battre le Koweït aujourd’hui, ce qui est dans leurs cordes, et la Chine, demain, ce qui est une tout autre affaire. Il fallait être agressif dès le début et pour n’avoir pas su le faire, le Liban a laissé l’initiative du jeu aux Séoudiens qui se sont régalés surtout en deuxième mi-temps. C’est donc face à une vieille connaissance, l’Arabie séoudite, que le Liban entame le deuxième tour. Il ne faut pas plus de 8 secondes aux Verts pour marquer 3 points alors que Doumiaty, Boustany, Mechantaf, Hajj et Eskedjian désormais titulaire n’ont pas eu le temps de se positionner. Visiblement chauffés à blanc, les coéquipiers de Jouhani prennent le match par le bon bout et s’échappent 13-0 au score avant que les Libanais n’aient pu réagir. Khatib et Mechantaf remettront le Liban en selle, 7-18, et cela stoppe l’hémorragie mais ne comble pas le gouffre au tableau d’affichage. Les Libanais appliquent un marquage rapproché, Mechantaf active les passes décisives et Yasser el-Hajj redevient intraitable au rebond 27-15. Parallèlement l’efficacité des Verts est écœurante. À ce moment les Libanais parviendront à faire ce qui leur sera impossible à réaliser en deuxième mi-temps, c’est-à-dire revenir lentement mais sûrement. Même s’il y a encore trop de rebonds offensifs chez les Verts, ce qui explique que l’on demeure à 36-26 à 7 minutes de la mi-temps, la circulation du ballon devient moins bancale chez les Libanais. Il reste 3 minutes et pour les Blancs, le moment est venu pour appuyer sur l’accélérateur et réduire l’écart. Doumiaty n’étant jamais libre à 3 points, ce sont Yasser, Vicken et Jassem qui sont sollicités sous le panier par Walid et surtout Élie, passeur souvent décisif. Doumiaty ramène le Liban à 6 points et deux lancers-francs de Mechantaf comblent le trou davantage. Les Libanais reviennent à 44-48 et pouvaient encore envisager l’avenir avec optimisme. Un optimisme vite rafraîchi d’ailleurs en deuxième mi-temps. Celle-ci commence comme la première dans le sens que les Séoudiens marquent d’entrée alors qu’en face on les laisse faire sans vraiment réagir. L’agressivité prônée par Mencceur est totalement absente et les éclairs de Khatib n’empêchent pas l’écart de remonter à 12 points. Pour le Liban, cela commence à tourner au vinaigre. Doumiaty est logiquement sorti alors Kozah et Nasr tentent de proposer une alternative. Ça cafouille à tout va chez les Blancs qui oublient les principes de base du jeu. Ghazi Boustany, depuis plusieurs minutes sur le terrain, n’a toujours pas touché le moindre ballon, ce qui donne un aperçu sur l’ampleur du désastre collectif. Le Liban a compris que le match lui avait définitivement tourné le dos. Il est bientôt mené de 20 points. Dans un instinct de survie, Mencceur lance ses hommes à l’abordage. C’est le pressing haut que prêche le sélectionneur mais en ce 4e match en 4 jours les jambes ne répondent plus. Les initiatives personnelles échouent peut-être parce qu’elles sont justement personnelles. Jassem et Ghazi s’amusent et rivalisent de maladresse alors que les Séoudiens songent à soigner leurs statistiques. En fin de match, les esprits s’échauffent. Doumiaty et Khatib agressent salement Falatah. On manque d’en venir aux poings et on se contentera de quelques gifles. Mechantaf calmera tout le monde. Les Séoudiens déroulent et remportent logiquement la rencontre : 92-69. Aujourd’hui, face au relativement faible Koweït, il faudra montrer un autre visage pour ne pas gâcher en 80 minutes le travail admirable de trois jours héroïques. Pour les avoir connus plus en verve, on devine ces basketteurs capables de rebondir.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Walid Doumiaty qui plante son coude dans le visage de Falatah, Fady el-Khatib qui en vient aux mains avec le même joueur, c’est le triste spectacle d’une formation libanaise qui, nous ayant offert le meilleur lors des trois premiers matches, nous a proposé le pire, hier à Fukuoka. Quand on perd, c’est invariablement «Où es-tu Rony ?» qui revient comme un refrain lancinant. Hier, à Fukuoka mais aussi aux quatre coins du Liban, ils furent nombreux à le répéter. Avec 23 points de différence, le Liban a encaissé sa première défaite japonaise face à une formation séoudienne intouchable. Ce résultat compromet fortement les chances de survie des Libanais dans ce tournoi et les met dans l’obligation de battre le Koweït aujourd’hui, ce qui est dans leurs cordes, et la Chine, demain, ce qui est une tout autre affaire. ...