D’abord, il y a ta personnalité. Impossible d’être indifférent à ta présence et à ton humour. En réalité quand, comme moi, on a eu la chance de te connaître et d’aborder en ta compagnie des sujets et des discussions ou de passer avec toi des soirées guitares-anecdotes, on saisit assez vite pourquoi tout le monde t’aimait. Il y a ensuite ton talent, les Phénix et les autres et puis il y a ta voix. Une voix magnifique. Exceptionnelle. Non pas une de ces voix de conservatoire si travaillées et sûres d’elles, qu’elles en oublient d’être intelligentes, mais une voix rompue à toutes les nuances, s’adaptant sans faille au sentiment à exprimer. Une voix qui, tour à tour, supplie, s’étonne, s’attendrit, accuse, menace, réconforte, ironise, prend peur ou désespère. Par pitié, que l’on ne recherche surtout pas dans mon propos quelque manifestation d’une fausse affection comme on en découvre tant autour de nous. Non, il s’agit là d’une vraie admiration. Une admiration pour l’homme conscient jusqu’au vertige du décalage existant entre ce qu’il réalise et ce qu’il se sent capable de réaliser, entre ses sources d’inspiration et les possibilités de canalisation, étant mieux placé que quiconque pour connaître ses faiblesses et ses insuffisances. Parce que tu te savais capable d’un mieux, tu refusais de te satisfaire d’un bien provisoire. À ma question : «Que te manque-t-il pour être heureux ?», tu m’avais répondu, il n’y a pas longtemps : «Y croire !». Ton raccourci vers le terme inévitable, je ne le comprends pas. Ton geste, je ne veux surtout pas le commenter, l’analyser ou l’interpréter. Je garde en moi le souvenir de ta voix pour entendre ce chaos d’aspirations et de nostalgies, ces intensités de joie et d’angoisse qui occupèrent, très longtemps, trop longtemps, les régions les plus profondes de ton cœur. Adieu l’Émile Six pieds sous terre, je t’aime encore.
D’abord, il y a ta personnalité. Impossible d’être indifférent à ta présence et à ton humour. En réalité quand, comme moi, on a eu la chance de te connaître et d’aborder en ta compagnie des sujets et des discussions ou de passer avec toi des soirées guitares-anecdotes, on saisit assez vite pourquoi tout le monde t’aimait. Il y a ensuite ton talent, les Phénix et les autres et puis il y a ta voix. Une voix magnifique. Exceptionnelle. Non pas une de ces voix de conservatoire si travaillées et sûres d’elles, qu’elles en oublient d’être intelligentes, mais une voix rompue à toutes les nuances, s’adaptant sans faille au sentiment à exprimer. Une voix qui, tour à tour, supplie, s’étonne, s’attendrit, accuse, menace, réconforte, ironise, prend peur ou désespère. Par pitié, que l’on ne recherche...
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