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Actualités - Opinion

Livre - Hadikat al-Fajr d'Antoine al-Doueihy Les rêveries d'un promeneur solitaire

Prose poétique au verbe ciselé telle une longue phrase proustienne mais en arabe ! Mélancolie, rêverie, minutieuses descriptions, langueur et analyse fouillée des intermittences du cœur, voilà les ingrédients d’un livre qui sort des sentiers battus de la production «romanesque» littéraire arabe. Et pourtant ce texte au lyrisme marqué n’est pas exactement «un roman» au sens conventionnel du terme mais une suite de réflexions et de méditations sur l’amour, la vie, la créativité, l’enfance, le temps qui file et aussi et surtout l’esprit des lieux et des villes. Hadikat al-fajr (le jardin de l’aurore) d’Antoine al-Doueihy édité à Dar an-Nahar – 133 pages – est un ouvrage au graphisme soigné (gros caractères en gras joliment moulés), à la couverture illustrée d’un fragment d’aquarelle de Paul Guiragossian, au contenu reflétant les préoccupations esthétiques et affectives d’un auteur au ton raffiné et à la sensibilité à fleur de peau. Parus pour la plupart dans le supplément culturel du Nahar entre 1997 et 1998, ces textes à la beauté bien songeuse ont indéniablement la richesse et la musicalité secrète d’un long poème aux accents souvent bien romantiques. À la fois témoin et narrateur, l’auteur est ici ce voyageur solitaire se déplaçant entre Paris, Venise, Bruges, Saint-Malo pour retrouver et succomber immanquablement au charme ensoleillé de Beyrouth se dressant de la grandeur de ses monolithes et de ses demeures à l’architecture florentino-vénitienne face à une Méditerranée immuablement bleue... On savoure dans ces pages cet indéfectible attachement à Paris décrit avec un plaisir perceptible avec ses oiseaux, ses artères bordées de platanes, ses cafés à la faune bigarrée, ses librairies, son incommensurable richesse intellectuelle... Hymne et hommage vibrants à la Ville Lumière. Le temps file et la plume crisse, Antoine al-Doueihy concilie avec subtilité la sensibilité orientale avec la finesse et la rigueur de l’esprit occidental. Chronique aux confins du grave pour une «traversée humaine» dans ses angoisses secrètes et ses interrogations multiples. Ton éthéré et récit impalpable qui relate, en sourdine et en douce, des couleurs contrastées et surtout automnales à travers le non-dit (ou le peu dit) d’une passion... Mais il y a là aussi la précarité de la vie, des sentiments et le jeu impitoyable de la séduction, toujours différente, multiple, souvent «Indémasquable»... Dans ce «jardin» où fleurissent les mots, l’aurore est un espoir toujours renouvelé, comme la charge insondable de ces vocables... Espoir de dire le triomphe de la vie et du moment pour «se réaliser», sur se temps si insaisissable qui nous file insensiblement entre les doigts...
Prose poétique au verbe ciselé telle une longue phrase proustienne mais en arabe ! Mélancolie, rêverie, minutieuses descriptions, langueur et analyse fouillée des intermittences du cœur, voilà les ingrédients d’un livre qui sort des sentiers battus de la production «romanesque» littéraire arabe. Et pourtant ce texte au lyrisme marqué n’est pas exactement «un roman» au sens conventionnel du terme mais une suite de réflexions et de méditations sur l’amour, la vie, la créativité, l’enfance, le temps qui file et aussi et surtout l’esprit des lieux et des villes. Hadikat al-fajr (le jardin de l’aurore) d’Antoine al-Doueihy édité à Dar an-Nahar – 133 pages – est un ouvrage au graphisme soigné (gros caractères en gras joliment moulés), à la couverture illustrée d’un fragment d’aquarelle de Paul...