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Actualités - Chronologie

Les risques pour la santé : troubles cardiaques, osseux et vasculaires(photos)

Les longs séjours dans l’espace, comme celui que vient d’effectuer l’équipage franco-russe de la station orbitale Mir, qui revient sur la Terre demain, provoquent des troubles musculaires, osseux et cardio-vasculaires, que la médecine tente de prévenir. Après leurs confrères russes, les médecins français, spécialisés en micropesanteur, ont été confrontés directement à ces problèmes à l’occasion du vol de Jean-Pierre Haigneré, a déclaré le Dr Anne Pavy-Traon, au Centre de contrôle des vols spatiaux (TSOUP) de Korolev, près de Moscou. En début de séjour, a-t-elle indiqué, on observe «un amaigrissement» des cosmonautes, une réduction de la masse musculaire. La situation se stabilise ensuite, notamment grâce à l’exercice physique : deux heures par jour, sur un vélo et sur un tapis roulant, et des mouvements avec des sandows pour le dos. Les cosmonautes souffrent également d’atrophie musculaire. «Alors que sur Terre, on sollicite en permanence les muscles du dos, des jambes, etc. Pour se maintenir debout en vol, où la gravité n’est plus ressentie, les muscles s’atrophient», explique-t-elle. Autre trouble sérieux, «l’apparition d’une déminéralisation osseuse qui atteint les os porteurs qui sur terre sont soumis en permanence à des contraintes mécaniques». En vol, ces os subissent une ostéoporose «accélérée». «Si l’exercice musculaire contribue à diminuer ces phénomènes, il n’y a pas de contre-mesures efficaces», indique également le Dr Pavy-Traon. Enfin, les problèmes cardio-vasculaires sont importants, surtout au retour. «Alors que sur Terre, lorsqu’on se lève, 500 ml de sang passent dans les membres inférieurs, en vol cela ne se produit pas : il y a une migration relative des liquides vers la partie supérieure du corps, d’où l’effet d’œdème observé en début de vol sur le visage des cosmonautes», explique le médecin. Les «récepteurs» au niveau des artères du haut du corps perçoivent la «migration» comme une augmentation du volume de sang et réagissent, entraînant une diminution du volume de sang total, de 10 à 15 %. Au retour, il y a «des risques de chute de la pression artérielle», explique encore le Dr Pavy-Traon. Contre-mesures Face à tous ces dérèglements, on recourt à des «contre-mesures». Ce sont notamment, à bord, des séances de «LDNP» (low body negative pression) une sorte de pantalon qui provoque une dépression au niveau de la moitié inférieure du corps pour attirer le sang vers le bas. Les cosmonautes utilisent également des «moyens de contention», lors de la descente et des premiers jours de retour au sol, avec un pantalon qui au contraire limite la quantité de sang dans les membres inférieurs afin qu’il y en ait plus au niveau du cœur et du cerveau. Ils suivent également un régime avec davantage d’eau et de sel. Enfin, des phénomènes d’adaptation neurosensoriels sont également connus des médecins, sous le nom de «mal de l’espace». «Dans l’espace, les capteurs de gravité de l’oreille interne n’étant plus sollicités, il y a un conflit neurosensoriel qui peut provoquer des vomissements», explique encore le médecin français, neurologue de formation. À leur retour, les cosmonautes seront suivis trois semaines à la Cité des éoiles, près de Moscou.
Les longs séjours dans l’espace, comme celui que vient d’effectuer l’équipage franco-russe de la station orbitale Mir, qui revient sur la Terre demain, provoquent des troubles musculaires, osseux et cardio-vasculaires, que la médecine tente de prévenir. Après leurs confrères russes, les médecins français, spécialisés en micropesanteur, ont été confrontés directement à ces problèmes à l’occasion du vol de Jean-Pierre Haigneré, a déclaré le Dr Anne Pavy-Traon, au Centre de contrôle des vols spatiaux (TSOUP) de Korolev, près de Moscou. En début de séjour, a-t-elle indiqué, on observe «un amaigrissement» des cosmonautes, une réduction de la masse musculaire. La situation se stabilise ensuite, notamment grâce à l’exercice physique : deux heures par jour, sur un vélo et sur un tapis roulant, et des...