Athlétisme - Mondiaux 1999 "Little Marion" : du rêve au cauchemar
le 26 août 1999 à 00h00
Pour Marion Jones, l’Andalousie devait être un Eldorado riche de quatre médailles d’or aux Mondiaux de Séville. Mais le rêve de conquête s’est terminé mercredi en cauchemar le temps d’une demi-finale du 200 m durant laquelle l’Américaine était touchée de plein fouet par une blessure en pleine course. En l’espace de quelques secondes, le sourire affiché depuis son arrivée en Espagne, même dans un premier moment difficile lorsqu’elle échouait à la troisième place de la longueur, laissait place à une terrible grimace. Celle de la douleur... Celle qui avait volé sur cette même piste dimanche en finale du 100 m gisait cette fois sur le tartan, allongée face au ciel à mi-parcours de la ligne droite, là où elle s’était effondrée en se tenant le côté gauche du bas du dos alors que ses sept rivales s’envolaient vers la ligne d’arrivée. La frayeur s’était emparée du stade où son époux C.J. Hunter, le champion du monde du poids, ne pouvait retenir un juron avant de se précipiter sur la piste pour l’accompagner durant son transfert en civière. L’histoire avait pourtant si bien commencé. Pressé de débuter la compétition alors que les cas de dopage se multipliaient, Jones avait superbement relevé la première étape de son défi. Elle était remontée sur le trône du 100 m, conquis deux ans plus tôt, au lendemain même du triomphe de son mari dans l’aire de lancer. Patience... «Nous avions prévu cinq médailles d’or et nous sommes sur la bonne voie», glissait-elle radieuse après son sacre, rassurant les quelques sceptiques sur ses capacités d’enchaîner sur la longueur, son seul point faible de deux saisons glorieuses marquées par les victoires et les dollars. La réalité était autre et Little Marion s’inclinait sur le sautoir, devant se contenter du bronze. Difficile à digérer pour une telle reine mais elle masquait très sportivement sa déception derrière le sourire, estimant que cela servirait de leçon pour une aventure plus importante, celle des Jeux de Sydney où elle convoitera cinq titres. Ses premières prestations sur le virage n’étaient pas très convaincantes mais ne manquait-elle pas de sommeil et n’était-elle pas invaincue depuis deux saisons sur 200 m dont elle était la meilleure performeuse de l’année ? Aucune inquiétude, assurait-elle la veille de sa demi-finale. La tête semblait encore prête pour un autre sacre. Mais le corps si puissant (1,78 m, 68 kg) de la jeune fille (23 ans), qui avait résisté aux rudes batailles du basket-ball universitaire, a cédé. Comme si elle l’avait trop sollicité ces deux dernières saisons et surtout en 1998 lorsqu’elle avait écumé les meetings européens. Il faudra peut-être de la patience pour laisser le corps se remettre. Et alors seulement, Jones pourra reprendre ses rêves...
Pour Marion Jones, l’Andalousie devait être un Eldorado riche de quatre médailles d’or aux Mondiaux de Séville. Mais le rêve de conquête s’est terminé mercredi en cauchemar le temps d’une demi-finale du 200 m durant laquelle l’Américaine était touchée de plein fouet par une blessure en pleine course. En l’espace de quelques secondes, le sourire affiché depuis son arrivée en Espagne, même dans un premier moment difficile lorsqu’elle échouait à la troisième place de la longueur, laissait place à une terrible grimace. Celle de la douleur... Celle qui avait volé sur cette même piste dimanche en finale du 100 m gisait cette fois sur le tartan, allongée face au ciel à mi-parcours de la ligne droite, là où elle s’était effondrée en se tenant le côté gauche du bas du dos alors que ses sept rivales...
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