Le séisme, qui a touché la région la plus riche de la Turquie, pourrait coûter à ce pays 1 % de son produit national brut si l’industrie reste paralysée pendant une semaine, selon la Chambre de commerce d’Istanbul. Mais d’autres experts soulignaient l’impossibilité d’établir le coût de la catastrophe. Le Premier ministre turc Bülent Ecevit s’est refusé à toute évaluation du coût du séisme, indiquant que la priorité allait au sauvetage des victimes et à l’assistance aux rescapés. Il a simplement évoqué des «milliers» d’immeubles effondrés. Selon le président de la Chambre de commerce d’Istanbul, Husamettin Kavi, cité par le quotidien turc Hürriyet, «le PNB annuel de la Turquie est de 200 milliards de dollars. La région frappée par le désastre représente 67 milliards de dollars» du total. «Nous espérons que la production va redémarrer une semaine après le séisme et que le total des pertes sera d’environ 2 milliards de dollars», a-t-il dit. Mais ces chiffres, qui ne comprennent pas le coût des destructions, sont à prendre avec des pincettes, a noté un responsable économique occidental, selon qui toute estimation à ce stade serait «hasardeuse». Pour l’ensemble de 1999, les économistes de l’OCDE prévoyaient auparavant que la croissance du produit intérieur brut (PIB) tombe à 1,4 %, après une hausse de 2,8 % en 1998. Les sept provinces touchées à des degrés divers par le séisme hébergent plus de 45 % de l’industrie turque, Istanbul compris. Le complexe pétrolier du groupe public Tüpras à Izmit a été le plus sérieusement endommagé par un incendie, qui était en passe d’être maîtrisé jeudi soir. Jusqu’à sept réservoirs ont été touchés par le feu. Mais les installations de raffinage proprement dites, d’une capacité de traitement de 11,5 millions de tonnes par an, stoppées après le séisme, ne semblaient pas avoir souffert. «On n’a aucune idée des dégâts dans les industries», indiquait une responsable d’une banque française à Istanbul. Les coupures d’électricité, les difficultés de transport sur les routes endommagées et l’absentéisme forcé de travailleurs, victimes du séisme ou empêchés de se déplacer, risquent de contribuer à paralyser l’activité, soulignait-elle. Le responsable du Crédit Lyonnais pour la Turquie, Dominique Tissier, indiquait de son côté qu’un premier sondage effectué auprès des clients industriels de la banque montrait que les installations n’avaient pas trop souffert. Une chose est sûre: le tremblement de terre «aura un impact sur le déficit budgétaire», qui devait représenter quelque 10 à 11 % du PNB cette année, ajoutait la responsable d’une autre banque française. La Banque mondiale a annoncé l’octroi de deux prêts d’un montant total de 220 millions de dollars. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Michel Camdessus, a assuré jeudi le Premier ministre turc Bülent Ecevit que le Fonds se tenait «prêt à les aider de (son) mieux». Le gouvernement turc a déjà fait «des progrès considérables» dans la mise en œuvre des réformes, notamment dans le secteur des privatisations et de la sécurité sociale, a indiqué M. Camdessus. Selon M. Tissier, M. Camdessus «a donné des signes aux marchés que le FMI est davantage prêt qu’auparavant à aider la Turquie» et à «aller plus vite». Ankara négocie avec le FMI un prêt de plusieurs milliards de dollars en échange d’un programme de réformes économiques, qui contribuerait à rassurer les investisseurs. La conclusion d’un accord avec le FMI dépend notamment de l’adoption par le Parlement de la réforme de la sécurité sociale, qui prévoit l’allongement de l’âge de la retraite. La session parlementaire doit reprendre lundi. Mais, se demande M. Tissier, «le gouvernement aura-t-il le courage d’aller de l’avant avec les réformes»? Il risque, selon lui, d’être politiquement difficile pour lui de demander aux Turcs de se serrer la ceinture après la catastrophe du séisme.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le séisme, qui a touché la région la plus riche de la Turquie, pourrait coûter à ce pays 1 % de son produit national brut si l’industrie reste paralysée pendant une semaine, selon la Chambre de commerce d’Istanbul. Mais d’autres experts soulignaient l’impossibilité d’établir le coût de la catastrophe. Le Premier ministre turc Bülent Ecevit s’est refusé à toute évaluation du coût du séisme, indiquant que la priorité allait au sauvetage des victimes et à l’assistance aux rescapés. Il a simplement évoqué des «milliers» d’immeubles effondrés. Selon le président de la Chambre de commerce d’Istanbul, Husamettin Kavi, cité par le quotidien turc Hürriyet, «le PNB annuel de la Turquie est de 200 milliards de dollars. La région frappée par le désastre représente 67 milliards de dollars» du total....