Et c’est bien le cas de le dire car quelque soit le genre de film que vous aimiez, il y en a un au cours de la semaine. Et de qualité de surcroît! Le western avec «Silverado», la science-fiction avec «The Final Countdown», la fresque historique avec «Cromwell», le drame psychologique avec «Garden of Stones» et «Bleu». Enfin, le film policier avec «Love at Large». Que pouvez-vous espérer de plus? Il fut un temps où le western fleurissait sur les écrans du monde entier. Le genre est, depuis des années déjà, moins prisé par les cinéastes américains et les cow-boys ne sont plus au rendez-vous. Lawrence Kasdan essaya de retrouver la veine de jadis dans Silverado. En 1880, dans l’ouest des États-Unis, quatre aventuriers réunis par le plus grand des hasards, dotés de tempéraments et de talents complémentaires, associent leurs forces pour nettoyer une ville tombée sous le joug d’un gros propriétaire terrien. Fraîchement sorti de prison, Emmett, un ancien hors-la-loi est attaqué par un groupe d’hommes. Promptement, il abat deux de ses adversaires, puis part au galop après avoir récupéré deux montures marquées d’un double losange. En chemin, il croise un certain Paden qui vient d’être victime d’un vol avec violence. Emmett le tire d’affaire en lui fournissant un cheval et l’emmène avec lui jusqu’à un fort occupé par le 5e Régiment de cavalerie. Dans un village proche, Paden aperçoit l’un de ses voleurs. Il l’abat pour récupérer son cheval, mais manque de peu d’être arrêté par les militaires... Diffusion lundi à minuit sur LBCI C’est un bien curieux film que Final Countdown de Don Taylor. 1980. Commandé par le capitaine Yelland, le porte-avions nucléaire Nimitz, le plus puissant bâtiment de la flotte américaine, effectue une mission de routine dans le Pacifique lorsqu’il se trouve pris dans une mystérieuse tempête dont la cause semble inexpliquée. Les photos aériennes prises de la base voisine de Pearl Harbour montrent celle-ci telle qu’elle se présentait avant l’attaque de l’aviation japonaise en décembre 1941. L’incroyable vérité apparaît peu à peu aux officiers du Nimitz: ce dernier n’est plus en 1980 mais en 1941, à un moment où l’Amérique ignore encore que le Japon a décidé de lui déclarer la guerre... Le thème du film est passionnant: peut-on influer rétroactivement sur le passé à partir du moment où on connaît l’avenir? Qu’adviendra-t-il si le Nimitz, équipé de l’armement le plus sophistiqué et soudain transporté dans le temps quelques heures avant l’attaque de Pearl Harbour, fait face à l’aviation japonaise? Est-il possible de modifier le cours de l’Histoire en inversant brutalement le résultat d’un fait dont on connaît la conclusion? Plus d’une fois, les scénaristes hollywoodiens se sont penchés sur cette hypothèse, brillamment développée par Ray Bradbury et le film a l’avantage de sortir des sentiers battus en mélangeant avec habileté le domaine du cinéma fantastique avec celui du film de guerre. Diffusion mardi à 21h00 sur le Canal 9 Si le western constitue une des références historiques des États-Unis, l’Angleterre a une Histoire riche en événements et en personnages, comme Cromwell, dont Ken Hughes nous raconte le destin et les circonstances qui allaient le mener à gouverner sans être roi. Si l’on demande à un film historique d’être à la fois scrupuleux sur le rapport des faits mais aussi superbement mis en image pour le plaisir des yeux, nul doute que le Cromwell de Ken Hughes est l’exemple à citer. Il s’agit d’un épisode fort délicat de la chronique anglaise. Cromwell, député de l’opposition, va obtenir du Parlement que le souverain régnant, Charles 1er, soit décapité pour haute trahison. Puis il se fera nommer Lord Protecteur de la république, après avoir dissous... le Parlement. Celui qu’on appela le «roi sans couronne» allait gouverner pendant dix ans. Le metteur en scène anglais, Ken Hughes, mit dix ans à bâtir son projet. Jusqu’au jour où il rencontra le producteur d’origine américaine, Irving Allen, lui aussi admirateur de Cromwell. Richard Harris allait être Cromwell et Charles 1er allait avoir les traits de Sir Alec Guiness. Ken Hugues commanda à Arthur Tasken les décors les plus gigantesques jamais réalisés en Angleterre. Il fit «reconstruire» la Chambre des communes, le palais de Westminster ainsi que la cathédrale. Le même soin fut apporté à la recréation des intérieurs dont les plafonds furent peints à la manière des grands maîtres de l’époque. Extraordinaire, aussi, la reconstitution de la bataille de Naseby. Du cinéma comme on devrait en projeter dans les lycées! Du cinéma comme, malheureusement, on en fait de moins en moins. Diffusion mardi à minuit sur LBCI C’est un film beau et grave que signe Francis Ford Coppola avec Garden of Stones. Le jardin de pierres (le titre) indique le cimetière d’Arlington, célèbre aux États-Unis parce que tous les militaires rêvent d’y être enterrés, mais seuls y sont admis les héros. En pleine guerre du Vietnam, en 1968, Jack, un jeune soldat, se voit assigné au régiment qui est chargé de rendre les derniers honneurs durant les funérailles. Jack ne rêve que de se battre et sa frustration de n’être pas un «héros» le pousse à demander son transfert. Francis Ford Coppola s’est visiblement pris d’affection pour les personnages qu’il décrit. James Caan (qui fut l’interprète de Coppola dans The Godfather), Dean Stockwell, le jeune D.B. Sweeney et surtout l’imposant James Earl Jones, remarquable, portent tous le film sur leurs solides épaules. Mary Stuart Masterson y faisait des débuts remarqués tandis qu’Anjelica Huston est parfaite. Dommage que la musique de Carmine Coppola, le père du réalisateur, soit aussi sinistre. Diffusion vendredi à 21h00 sur LBCI Le metteur en scène de Bleu avec Juliette Binoche se prononce aussi difficilement qu’il s’écrit: Krystof Kieslowsky. Quelle mystérieuse alchimie explique une si rare réussite, quelle alliance miraculeuse, quelle rencontre favorable? Mystère... On parlera ici du travail inspiré de Kieslowski, réalisateur polonais de ce film français (après La double vie de Véronique). On évoquera la musique admirable du génial Zbigniew Preisner, qui ponctue et qui fait vivre le récit. On louera l’interprétation sans faille, bouleversante, de Juliette Binoche, héroïne si proche et si lointaine de cette histoire d’aujourd’hui. Et ces autres visages de femmes: Charlotte Véry, Florence Pernel... Une émotion indicible fait irruption dans le quotidien. Dans un accident, Julie a perdu son mari, un grand compositeur, et sa petite fille. Elle quitte tout et recommence une nouvelle vie, anonyme et libre. Elle prend un appartement à Paris. Pourtant, le passé resurgit, d’une manière inattendue. Diffusion samedi à 21h00 sur le Canal 9 Au Polonais Krystof Kieslowsky succède le canadien Alan Rudolph qui signe Love at Large. Harry Dobbs, détective privé, ne supporte plus les crises de jalousie de sa petite amie Doris. Profitant de l’appel au secours d’une mystérieuse Miss Dolan, femme fatale très aguichante qui lui offre 500 dollars par semaine pour suivre un dénommé Rick soupçonné d’infidélité, Harry se trompe de personne et commence à découvrir des histoires pas très nettes. L’affaire se complique quand Harry s’aperçoit qu’il est lui-même filé par une jeune détective, et quand les deux limiers sont à leur tour traqués par un inconnu. Après de nombreux imbroglios amoureux et policiers, tout finit pour le mieux dans le meilleur (?) des mondes. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI Les grandes aventures du XXe siècle: La course pour la lune Série documentaire réalisée par Philip Nugus et Jonathan Martin. Des premiers espoirs aux premiers pas sur le sol lunaire, ce documentaire retrace cette histoire extraordinaire. «Houston, ici la base de la Tranquillité. L’Aigle a atterri». Il est 15h17 et 42 secondes, le 20 juillet 1969, lorsque Neil Armstrong envoie ce message à la Terre. L’humanité retient son souffle. Le LEM de la mission Apollo 11, avec lui et Edwin Aldrin à bord, vient de se poser sur la Lune. Le voyage de 380 000 km aura duré trois jours. Mais la bataille avec les Russes pour arriver les premiers dure depuis huit ans. Reste à accomplir le geste historique. Échelle déployée, caméra en place, Armstrong pose son pied gauche à «21h56 et 15 secondes» et prononce la fameuse phrase, devant 600 millions de téléspectateurs: «C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité». Improvisée? Non, Neil l’avait mûrement réfléchie avant même d’embarquer. Avant de poser le pied sur la Lune, le pouls d’Armstrong sera enregistré à près de 160. Diffusion vendredi à 22h30 sur le Canal 9
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