L’Armée de libération du Kosovo a rejeté vendredi l’accord du G8 car il «ne garantit pas une solution stable du problème et la fin de la tragédie au Kosovo», a affirmé à la presse Bilal Sherifi, porte-parole de l’UCK, à Tirana. Plusieurs points du texte de l’accord des ministres des Affaires étrangères des pays du G8 sont «totalement inacceptables», a précisé M. Sherifi. L’UCK est «pour l’indépendance du Kosovo et pour la condamnation de Milosevic et non pour une autonomie reconnaissant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RFY. Toute autre solution que l’indépendance aggraverait l’instabilité de la région et la tragédie du Kosovo», a-t-il affirmé. L’UCK juge le point 3 «inacceptable car une présence internationale “civile et de sécurité” autre que l’Otan ne peut pas assurer sa défense et encore moins celle de la population du Kosovo». Selon M. Sherifi, «seule la poursuite des bombardements et l’intervention des forces terrestres de l’Otan pourrait mettre fin à la tragédie du Kosovo». «Si l’Otan n’est pas en mesure d’intervenir, il faut armer l’UCK et la laisser se battre», a-t-il ajouté. Interrogé sur des déclarations de représentants de l’UCK à Kukes (nord) qui auraient salué l’accord du G8, M. Sherifi a estimé que «chacun avait le droit de donner son opinion», soulignant qu’il exprimait «la position officielle de l’UCK». «Nous pensons que le G8, avec cet accord, ne va pas arriver à interrompre la guerre au Kosovo. Bien au contraire, il va allonger la durée de vie du régime barbare de Milosevic qui menace la paix de toute la région». Ibrahim Rugova, à Rome depuis mercredi en provenance de Yougoslavie, «n’a pas de mandat pour négocier sur le problème du Kosovo», a affirmé vendredi à Tirana Jakup Krasniqi, porte-parole de l’Armée de libération du Kosovo. Selon l’UCK, «la politique pacifique a échoué et toute solution qui va dans ce sens aujourd’hui est impossible». «Seuls l’Armée de libération du Kosovo et le gouvernement provisoire peuvent décider du sort du Kosovo», a-t-il martelé. Le Mouvement démocratique du Kosovo (LDK) de M. Rugova n’a jamais participé au gouvernement provisoire, créé le 2 avril, où il dispose de quatre postes, dont celui du vice-Premier ministre. L’UCK a ainsi rejeté toute possibilité de désarmement «tant que le régime criminel de Milosevic est toujours en place». «L’UCK ne peut pas se désarmer mais doit se transformer en une armée nationale d’un pays indépendant et démocratique», selon M. Krasniqi qui prône, comme la seule solution pour le Kosovo, l’indépendance. «Alors que les forces serbes sont en train de commettre des crimes et des massacres, il faut armer l’UCK et non la désarmer», a estimé Prec Zogaj, conseiller politique du président albanais Rexhep Meidani. «Après toute cette guerre, il est vraiment ironique de rester dans le cadre de Rambouillet, qui est la base du document établi par le G8» mais qui est «dépassé quant au statut du Kosovo», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Armée de libération du Kosovo a rejeté vendredi l’accord du G8 car il «ne garantit pas une solution stable du problème et la fin de la tragédie au Kosovo», a affirmé à la presse Bilal Sherifi, porte-parole de l’UCK, à Tirana. Plusieurs points du texte de l’accord des ministres des Affaires étrangères des pays du G8 sont «totalement inacceptables», a précisé M. Sherifi. L’UCK est «pour l’indépendance du Kosovo et pour la condamnation de Milosevic et non pour une autonomie reconnaissant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RFY. Toute autre solution que l’indépendance aggraverait l’instabilité de la région et la tragédie du Kosovo», a-t-il affirmé. L’UCK juge le point 3 «inacceptable car une présence internationale “civile et de sécurité” autre que l’Otan ne peut pas...