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Actualités - Reportages

Correspondance L'autre visage, Nouvel-Orléanais, d'Edgar Degas (photos)

Bien avant ses ballerines et ses chevaux, Edgar Degas avait une autre vie. À l’autre bout du monde, en l’occurrence la Nouvelle-Orléans, et il disait qu’il était le fils de cette ville américaine. Pourquoi avoir entrepris ce voyage ? Pas par goût de l’exotisme, mais pour retrouver les racines de sa mère. Celle-ci, nommée Célestine Musson, était née à la Nouvelle-Orléans dans une famille de descendance franco-créole. Degas, âgé alors de 21 ans, débarque donc à la Nouvelle-Orléans, en automne 1872 et y séjourne jusqu’en mars 1873. Tout en faisant connaissance avec une partie de sa famille qui vit dans cette ville, il manie pinceaux et palettes et produit une série d’œuvres d’une facture tout autre que celle qui, plus tard, fera sa renommée. Aujourd’hui, dans le cadre de la célébration du 300e anniversaire de l’héritage français de la Louisiane, le Musée d’Art de la Nouvelle-Orléans a mis sur pied une exposition intitulée Degas et la Nouvelle-Orléans : un impressionniste français en Amérique. Rappelons que Robert Cavelier, sieur de la Salle, avait proclamé la Louisiane territoire de Louis XIV en 1682 et la ville de la Nouvelle-Orléans avait été fondée par Jean-Baptiste le Moyne, sieur de Bienville, et mise sous le patronage du duc d’Orléans en 1718. Et depuis, la culture française a marqué la vie de cet État américain du Sud. Ces liens avec la France sont toujours omniprésents à travers l’architecture, les noms des églises, des rues, des immeubles, l’art culinaire et surtout l’attachement aux traditions. Pour preuve, cette exposition consacrée à Degas qui donne à voir une quarantaine de ses toiles et qui, en septembre, se transportera au Danemark. Portraits des parents louisianais Degas, qui est le seul peintre impressionniste à s’être rendu aux États-Unis, se considérait comme «un fils de la Louisiane», État où s’était installée une grande partie de sa famille dont ses deux frères. Leur descendance, qui y vit toujours, était l’invitée d’honneur du vernissage. Et l’on vient de découvrir qu’une branche de la famille de Degas a des ascendances noires, de par le mariage d’un frère de la grand-mère maternelle du peintre, Vincent Rilleux avec une femme noire Constance Vivant. Cela pour l’arbre généalogique à proprement parler. Côté pictural, on retrouve toute la famille saisie dans son environnement louisianais. Il y a d’abord une spectaculaire peinture intitulée «un bureau de coton en Nouvelle-Orléans», où l’on peut voir son oncle maternels, Michel Musson, examinant du coton, avec à ses côtés les deux frères du peintre René et Achille. Il y a surtout la belle Estelle, l’épouse de son frère René, qu’il a esquissée sous tous les angles, mettant en relief l’existence plutôt noire que rose qui a été son lot. Il y a aussi les enfants de la famille, les soirées-divertissement et des scènes de la ville : cafés, commerce du coton. À noter que la résidence, sise à la très belle avenue l’Esplanade où Degas a vécu avec sa famille maternelle, est ouverte au public et elle comporte toujours le studio où il a réalisé sa collection de 17 œuvres nouvelles-orléanaises. Autres touches françaises de la ville, le jardin botanique qui propose un tour intitulé Fleur de lis où l’on peut admirer 2 000 espèces florales, portant tous des appellations françaises.
Bien avant ses ballerines et ses chevaux, Edgar Degas avait une autre vie. À l’autre bout du monde, en l’occurrence la Nouvelle-Orléans, et il disait qu’il était le fils de cette ville américaine. Pourquoi avoir entrepris ce voyage ? Pas par goût de l’exotisme, mais pour retrouver les racines de sa mère. Celle-ci, nommée Célestine Musson, était née à la Nouvelle-Orléans dans une famille de descendance franco-créole. Degas, âgé alors de 21 ans, débarque donc à la Nouvelle-Orléans, en automne 1872 et y séjourne jusqu’en mars 1873. Tout en faisant connaissance avec une partie de sa famille qui vit dans cette ville, il manie pinceaux et palettes et produit une série d’œuvres d’une facture tout autre que celle qui, plus tard, fera sa renommée. Aujourd’hui, dans le cadre de la célébration du 300e...