Les éclipses ont toujours suscité la terreur, nourri les mythes
le 11 août 1999 à 00h00
Depuis la nuit des temps, les éclipses de soleil, a fortiori lorsqu’elles sont totales, ont terrorisé l’humanité à des degrés divers. La lumière se faisant obscurité en plein jour a alimenté mythes et légendes, et inspiré avant tout horreur. Le mot «éclipse» vient du grec ancien «ekleipsis», qui signifiait abandon, et nombreuses sont les sociétés qui, à travers les âges, craignaient que les éclipses signifient fin du monde. Chez les Aztèques par exemple, les femmes hurlaient de terreur et les hommes craignaient que les démons ne s’apprêtent à descendre du ciel «pour nous manger». Les légendes anciennes assimilent le phénomène à un animal monstrueux ne faisant qu’une bouchée du soleil. Pour les Vikings, il s’agissait d’un loup appelé Skoll. Au Vietnam, c’était une grenouille géante, en Argentine un jaguar et en Sibérie un vampire. Les Chinois sacrifiaient des bœufs dans l’espoir d’apaiser le dragon géant qui faisait festin du soleil. Quant aux Indiens, ils pensaient eux aussi qu’un monstre dévorait l’astre du jour. Lorsqu’il semblait que le monde approchait ainsi de sa fin, les Indiens Chippewa, aux États-Unis, tiraient des flèches enflammées dans le ciel pour tenter de rallumer le soleil. Les Japonais étaient à tel point impressionnés par les éclipses qu’ils cessaient tout travail le jour où le soleil venait à disparaître. Les prisonniers bénéficiaient d’une amnistie générale. Influence sur l’Histoire Il arriva un jour qu’une éclipse fut un facteur de paix. L’historien grec Hérodote rapporte qu’une éclipse solaire, survenant en pleine bataille entre les Lydiens et les Mèdes en 585 avant Jésus-Christ, avait provoqué l’arrêt des combats; la paix avait été déclarée peu après. Christophe Colomb avait lui aussi bénéficié du phénomène de l’éclipse solaire. En 1504, lorsqu’il avait échoué en Jamaïque, les indigènes avaient fini par se lasser d’approvisionner son équipage. Sachant qu’une éclipse était imminente dans la région, le navigateur avait montré du doigt le ciel et assuré aux indigènes que Dieu manifesterait sa colère en emportant le soleil, s’ils ne reprenaient pas leurs fournitures. L’éclipse survenant, les Indiens reçurent le message et obtempérèrent. La ferveur que provoquent les éclipses n’a pas cessé avec les siècles et les explications rationnelles apportées par la science. Celle qui aura lieu aujourd’hui mercredi sera exceptionnelle en ce que près de deux milliards d’humains en seront témoins. Durant la dernière éclipse totale survenue en Grande-Bretagne, en 1927, trois millions de personnes n’avaient pas hésité à prendre le train pour le nord de l’Angleterre afin d’assister au phénomène. Cette année, c’est en Concorde que certains privilégiés pourront poursuivre l’ombre portée par la Lune sur la Terre, le long de la «bande de totalité».
Depuis la nuit des temps, les éclipses de soleil, a fortiori lorsqu’elles sont totales, ont terrorisé l’humanité à des degrés divers. La lumière se faisant obscurité en plein jour a alimenté mythes et légendes, et inspiré avant tout horreur. Le mot «éclipse» vient du grec ancien «ekleipsis», qui signifiait abandon, et nombreuses sont les sociétés qui, à travers les âges, craignaient que les éclipses signifient fin du monde. Chez les Aztèques par exemple, les femmes hurlaient de terreur et les hommes craignaient que les démons ne s’apprêtent à descendre du ciel «pour nous manger». Les légendes anciennes assimilent le phénomène à un animal monstrueux ne faisant qu’une bouchée du soleil. Pour les Vikings, il s’agissait d’un loup appelé Skoll. Au Vietnam, c’était une grenouille géante, en...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.