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Actualités - Reportages

Rencontre Joumana Medlej, 19 ans, bédéiste, illustratrice(photos)

Lorsqu’elle était en petit jardin, ses professeurs sont venus se plaindre auprès de sa mère : «Votre fille ne sait rien faire de ses dix doigts». Aujourd’hui, à 19 ans, Joumana Medlej entame sa troisième année de «graphic design» à l’AUB. Très habile de ses mains, elle aime tous les travaux manuels, mais maîtrise surtout l’art de la bande dessinée et de l’illustration. Rencontre avec un jeune talent plein de fraîcheur. Encouragée par sa mère dès son plus jeune âge, Joumana Medlej prend goût au dessin. En classe de sixième, elle découvre la bande dessinée et se met à faire de petites BD pour s’amuser. Quelque temps plus tard, elle participe à un camp scout où il lui arrive une sorte d’aventure, très drôle. «J’ai pensé que cela valait la peine d’en faire une petite BD», se souvient-elle. Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle rencontre alors Michèle Standjofski et lui montre son travail. «C’est elle qui m’a appris la technique de la bande dessinée», indique Joumana Medlej. «Elle m’a beaucoup aidée de ses conseils et m’a encouragée». Elle s’attelle alors à l’écriture d’un scénario et à la réalisation de sa première «véritable» BD. Une histoire d’Indiens, à Yellow Stone. «J’avais 15 ans. J’ai d’abord fait des recherches, je me suis documentée, puis j’ai écrit l’histoire», poursuit-elle. «Le scénario était basé sur un voyage que j’avais fait». Cette première BD nécessite un an et demi de boulot « non régulier, car j’allais à l’école», précise Joumana Medlej. «Je travaillais pendant les récrés». Hobby Pourquoi cette BD n’a-t-elle pas été publiée ? «Le temps que je la termine, j’avais déjà beaucoup évolué. Quand je la revois aujourd’hui, je me dis c’est un bon début mais qui ne mérite pas d’être édité», explique Joumana. «Par contre, j’aimerais bien publier, un jour, une de mes histoires. Celle sur laquelle je travaille en ce moment me paraît assez bonne», ajoute-t-elle. «Il n’y a pas de jeunes dessinateurs libanais, et cela pourrait donner envie à beaucoup de personnes de faire quelque chose dans ce domaine». Pour Joumana Medlej, la bande dessinée est un hobby et le restera. «Je pense qu’en faire une carrière gâcherait un peu les choses», souligne-t-elle. «On commence à avoir des contraintes commerciales et c’est dommage». Joumana ne conçoit le travail qu’en solo. «J’aime tout faire moi-même, du début à la fin», dit-elle. Côté coup de crayon, son style se rapproche des premières grandes BD «de l’âge d’or». Celles qu’elle préfère, en somme, comme Tintin, Yokotsuno, Papyrus, Astérix… Le dessin est assez stylisé, voire même un peu naïf. L’histoire est en général bon enfant, souvent inspirée du scoutisme. «L’atmosphère rappelle celle des Castors», précise-t-elle, même s’il peut s’agir de science fiction ou de voyage dans le temps. «Je n’ai pas envie de faire de la BD “prise de tête”», poursuit Joumana. «Le monde est assez cru comme cela. Je préfère me créer un petit monde où je m’amuse». Illustration Quant aux BD modernes, elles ne l’intéressent pas du tout. «Je trouve qu’elles sont toutes les mêmes, autant sur le plan du dessin que du scénario», dit-elle. «On retrouve partout les mêmes scènes-clés pour attirer les lecteurs. Il n’y a aucune créativité. Pour moi, le dessin est très important. Je ne pourrais pas lire une BD dont le dessin ne m’attire pas». En entrant à la fac, Joumana Medlej a dû délaisser la BD, faute de temps. Par contre, elle se tourne vers l’illustration. «Ce sont des scènes indépendantes où tout est dit en une image», dit-elle. «C’est plus rapide à exécuter. Par ailleurs, la technique est différente. Comme je ne fais plus les contours à l’encre de Chine, je dois me débrouiller pour donner les formes et les volumes à l’aquarelle», ajoute-t-elle. «En ce sens, j’ai beaucoup appris avec l’illustration, et je crois que cela influencera mon retour à la BD». Là encore, comme pour la bande dessinée, elle dessine pour son plaisir, même si elle commence à recevoir de petites commandes. «Le graphic design est un domaine très vaste, qui peut déboucher sur énormément de possibilités», note-t-elle. «Personnellement, j’aimerais continuer dans l’illustration». Ce sont deux récits fantastiques qui ont donné à Joumana Medlej l’envie de faire de l’illustration. Ses dessins sont en effets, pour la plupart, fortement imprégnés de cette atmosphère spéciale et chevaleresque qu’on trouve dans les contes et les romans d’aventure. Ses histoires visuelles de monstres, de princesses, de guerriers, de méchants et de héros sont joliment colorées. Images très expressives qui font écho à l’univers merveilleux de l’enfance. «J’apprends en travaillant», indique Joumana Medlej. «Je ne suis pas du genre à faire des exercices pour maîtriser une technique. Cela vient tout seul, avec l’expérience ; c’est une question de pratique». Mais aussi, et surtout, de talent.
Lorsqu’elle était en petit jardin, ses professeurs sont venus se plaindre auprès de sa mère : «Votre fille ne sait rien faire de ses dix doigts». Aujourd’hui, à 19 ans, Joumana Medlej entame sa troisième année de «graphic design» à l’AUB. Très habile de ses mains, elle aime tous les travaux manuels, mais maîtrise surtout l’art de la bande dessinée et de l’illustration. Rencontre avec un jeune talent plein de fraîcheur. Encouragée par sa mère dès son plus jeune âge, Joumana Medlej prend goût au dessin. En classe de sixième, elle découvre la bande dessinée et se met à faire de petites BD pour s’amuser. Quelque temps plus tard, elle participe à un camp scout où il lui arrive une sorte d’aventure, très drôle. «J’ai pensé que cela valait la peine d’en faire une petite BD», se souvient-elle....