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Actualités - Conferences Internationales

Source de souffrance méconnue Le bégaiement, un cruel handicap(photos)

Dans la vie quotidienne, le bégaiement s’il est parfois sujet de plaisanterie, ne reste pas moins un sérieux handicap qui paralyse graduellement ceux qui en sont atteints. Cette lutte que le bègue livre contre sa propre parole est un duel cruel dont la science actuellement a peine à dévoiler la véritable dimension. Au cours d’un colloque international, tenu à Paris, en mai dernier, sur le thème “Le bégaiement de l’adulte: témoignages, thérapies et insertion sociale”, divers aspects de ce trouble ont été explorés afin de mettre en évidence l’immense souffrance qu’il engendre chez sa victime. Mais aussi souligner l’importance d’une rééducation précoce auprès des enfants qui souffrent de ce défaut d’élocution. De nombreuses théories existent pour expliquer ce trouble qui, à des degrés différents, impose une perpétuelle lutte avec l’expression verbale. Un débit hachuré, saccadé, émaillé de répétitions, d’arrêts et d’accrocs, qui exaspère autant le sujet lui-même que son interlocuteur. Dans notre société, nombreux sont ceux qui vivent leur trouble comme un défaut inavouable, un tabou qu’on souhaite cacher ou camoufler. En d’autres termes, un déni qui ne fait qu’isoler et accroître anxiété, frustration et difficulté d’insertion sociale. Aucune structure, aucune association ne semblent venir en aide aux bègues et à leurs familles, ne serait-ce que pour les orienter vers des pôles capables de les conseiller et les soutenir. Résultat: un langage minimum et la terrible frustration que cela entraîne. Or, même des bègues adultes, grâce à une éducation spéciale à l’aide d’une personne spécialisée (orthophoniste), peuvent surmonter leur trouble et s’exprimer avec facilité. Au cours du colloque de Paris, des témoignages sont venus confirmer l’efficacité de la rééducation. «Grâce à cette thérapie, dira un de ces témoins, j’ai accepté l’idée de parler de mes difficultés aux autres et d’accepter le fait de bégayer. Aujourd’hui, il m’arrive encore de bégayer parfois, mais ce n’est plus un drame comme auparavant. J’ai même parfois le plaisir de m’exprimer, ce qui ne m’était arrivé que très, très rarement jusque-là». Le risque des émotions Dans son ouvrage Le bégaiement, option guérison (Éd. Albin Michel) le Dr François Le Huche, phoniatre, explique que quand on est bègue on refuse les accrocs inhérents aux risques émotionnels que comporte la vie quotidienne, tolérés par la parole normale. On «sacralise» en quelque sorte ainsi la parole. Résultat: on se raidit là où il faudrait se détendre... Prendre conscience simplement de ce fait ne veut pas dire qu’on se débarrasse, comme par enchantement, de son trouble. La rééducation de la parole n’est pas tâche aisée. Surtout si le défaut d’élocution est ancien. D’après le Dr Le Huche, des années d’habitudes, souvent mauvaises, des dystonies s’installent, des réactions spasmodiques et des distorsions motrices surviennent de manière chronique affectant certains circuits. D’où la nécessité absolue d’une rééducation très complète portant sur le souffle, la mécanique articulatoire mais aussi sur la relaxation et la prise en charge psychologique du sujet. Relaxation et psychothérapie Pour le neuropsychiatre et psychanalyste Jean Marvaud, une psychothérapie verbale ou une psychothérapie de relaxation doivent être proposées uniquement à la demande du patient. Les conflits internes pourraient s’exprimer ainsi que la souffrance psychique. Ceci contribuera à réduire la répression des émotions et des sensations qui vont de pair avec le bégaiement. Un trouble de nature cyclique Il est connu, autant par les bègues eux-mêmes que par leurs thérapeutes, que le bégaiement est un trouble de nature cyclique et qu’il est très influencé par l’environnement ou l’interlocuteur. Son intensité, sa survenue et sa durée en dépendent. Les récidives, par ailleurs, sont connues. La résurgence, semble-t-il, survient lorsque l’individu se trouve ou se sent, pour une raison physique ou psychique, en position de régression. Les traitements proposés sont les séances en groupe et les sessions orthophoniques intensives de rééducation. Il reste toutefois une autre solution si toutes ces tentatives s’avèrent sans résultat: d’accepter son bégaiement, refusant d’en faire une infirmité. Un appui psychologique permettrait de s’accepter tel que l’on est avec ses «particularités», bonnes et moins bonnes...
Dans la vie quotidienne, le bégaiement s’il est parfois sujet de plaisanterie, ne reste pas moins un sérieux handicap qui paralyse graduellement ceux qui en sont atteints. Cette lutte que le bègue livre contre sa propre parole est un duel cruel dont la science actuellement a peine à dévoiler la véritable dimension. Au cours d’un colloque international, tenu à Paris, en mai dernier, sur le thème “Le bégaiement de l’adulte: témoignages, thérapies et insertion sociale”, divers aspects de ce trouble ont été explorés afin de mettre en évidence l’immense souffrance qu’il engendre chez sa victime. Mais aussi souligner l’importance d’une rééducation précoce auprès des enfants qui souffrent de ce défaut d’élocution. De nombreuses théories existent pour expliquer ce trouble qui, à des degrés...