Jean Galfione, troisième, le coude gauche rougi et douloureux. Eunice Barber ne s’imposant qu’à l’ultime essai. Les rares acteurs vedettes des championnats de France d’athlétisme se sont fait des frayeurs, dimanche à Niort (Deux-Sèvres). Ainsi, le champion olympique et la nouvelle recordwoman de France de la longueur (7,01 m) n’ont pu donner le relief escompté à ce faible «National» écrasé par la chaleur, qui a souffert des absences de chefs de file comme Christine Arron, Marie-José Pérec ou Stéphane Diagana, et de la concurrence des championnats du monde «espoirs» à Goeteborg (Suède). Une perche lâchée à 5 mètres du sol venant, en pleine flexion, percuter les cervicales et le coude du funambule ainsi qu’une technique peu académique de l’enfant originaire de la Sierra Leone ont gâché la fête. Heureusement, Eunice Barber, trop vite sur la planche jusque-là, a su se reprendre au 6e essai avec 6,76 m. La Rémoise, effectuant les réglages en vue de l’heptathlon de Séville dans lequel elle sera essentiellement engagée, regrettera cependant un essai mordu à plus de 6,85 m au 4e saut. Alain Andji a profité des circonstances favorables pour planer en maître à 5,60 m dans un concours orphelin de Romain Mesnil, qui s’est illustré en Suède avec un titre à 5,93 m. Cinquante-cinq tricolores à Séville Driss Maazouzi est également resté en retrait dans un 1 500 m tactique avec un temps de 3 min 44 sec 53. En fait, la surprise chronométrique est venue d’un étudiant en 6e année de médecine se destinant à la chirurgie orthopédique, Jean-Laurent Heusse, champion de France du 400 m haies en 49 sec 34, derrière le Sénégalais Ibou Faye (48 sec 93). Le sociétaire de Caen (25 ans) a amélioré sa performance de plus d’une seconde sur le championnat. Il méritait bien que son camarade du team Urtebise, Stéphane Diagana, lui tombe en pleurs dans les bras. «Maintenant, il marche sur la Lune», a insisté le champion du monde de la spécialité. Marc Foucan, signant en 45 sec 31 la 3e meilleure performance française de tous les temps sur 400m (dans le sillage du Sénégalais Ibrahima Wade, 45 sec 21), et Yamna Belkacem, parcourant le 1500 m en 4 min 11 sec 63 avant de faire un tour d’honneur «mains dans les mains» avec ses rivales, en représailles aux déclarations d’après 5000 m de Blandine Bitzner, ont notamment constitué les autres moments d’émotion de la dernière journée des manœuvres nationales. Un maillot géant (18 x 12 m) pouvait alors être déployé par la jeunesse. «Allez les bleus» y était-il inscrit, dans la perspective des championnats du monde en Andalousie (21 au 29 août), dont on connaîtra les élus tricolores, le 12 août. Cinquante-cinq tricolores environ devraient y être «raisonnablement» conviés, selon le directeur technique national, Richard Descoux. Belkacem entre joie et colère Yamna Belkacem a étoffé dimanche son palmarès 1999, déjà riche de médailles et de records, en remportant le 1 500 m des championnats de France d’athlétisme disputés à Niort. Pourtant, la sociétaire de Meaux était partagée entre la joie du succès et la colère provoquée par des accusations de dopage portées vendredi par Blandine Bitzner sur la lauréate du 5 000 m et qui ont poussé Belkacem à réunir ses adversaires du jour pour un tour d’honneur main dans la main. «Je voulais absolument faire ce tour d’honneur pour dire qu’il n’y a pas qu’une gagnante dans une course et pour dire m... à ce qu’elle (Bitzner) a fait», a déclaré Belkacem. «Je suis aussi pour la lutte contre le dopage, mais il faut arrêter d’accuser sans preuve. C’est lâche. Elle est en train de salir l’athlétisme». Belkacem aime la solidarité. La preuve, elle était venue pour «que Fred (Quentin) fasse le minima» pour les Mondiaux de Séville, «malheureusement elle n’y est pas parvenue», et par devoir envers les dirigeants de son sport et le public. La lauréate était satisfaite de ce «premier titre national seniors», sur une distance qui n’est pas sa préférée (records de France des 3 000 et 5 000 m). Et d’avoir tenu physiquement, elle qui souffrait d’une déchirure à l’abdomen depuis la mi-juillet. «J’étais venue pour travailler ma vitesse, un peu comme de l’entraînement», expliquait-elle, précisant au passage qu’elle sera mercredi à Monaco, «mais juste pour une course et sans chrono en tête». L’idée est de se réserver désormais pour le sommet mondial qui débutera le 21 août et où elle visera «au moins une finale». Pour boucler une saison qui l’a vue glaner l’argent (individuel) et l’or (par équipes) aux Mondiaux de cross, terminer 4e aux Mondiaux en salle et battre les records de France des 3 000 et 5000 m en juillet.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jean Galfione, troisième, le coude gauche rougi et douloureux. Eunice Barber ne s’imposant qu’à l’ultime essai. Les rares acteurs vedettes des championnats de France d’athlétisme se sont fait des frayeurs, dimanche à Niort (Deux-Sèvres). Ainsi, le champion olympique et la nouvelle recordwoman de France de la longueur (7,01 m) n’ont pu donner le relief escompté à ce faible «National» écrasé par la chaleur, qui a souffert des absences de chefs de file comme Christine Arron, Marie-José Pérec ou Stéphane Diagana, et de la concurrence des championnats du monde «espoirs» à Goeteborg (Suède). Une perche lâchée à 5 mètres du sol venant, en pleine flexion, percuter les cervicales et le coude du funambule ainsi qu’une technique peu académique de l’enfant originaire de la Sierra Leone ont gâché la fête....