Toujours au Monnot, et en parallèle à la pièce Une Bête sur la lune de Richard Kalinoski, se tient une exposition d’objets et de photos appartenant à des familles arméniennes du Liban. Orchestrée par le comédien et metteur en scène Paul Matar, cette manifestation a été réalisée par cinq étudiants de l’Iesav : Dzovig Torikian, Hratch Tokatlian, Eileen Khatchadourian, Hagop Der Ghougassian et Serge Yessayan. Paul Matar précise d’emblée que cette exposition n’a pas pour thème principal le génocide des Arméniens. «Elle vise plutôt à montrer les différentes périodes de l’histoire de ce peuple». On trouve ainsi des photos datant du début du XIXe siècle, représentant des familles arméniennes sur la terre de leurs ancêtres, en Silicie, en Arménie. D’autres clichés immortalisent sur papier glacé, jauni, la longue marche des déportés à travers le désert. Des photos de rescapés sur leur terre d’accueil… Le but de l’exposition est de montrer combien la communauté arménienne libanaise est attachée à sa mémoire, son identité et sa culture. Elle fait appel à la conscience de l’homme, se sentant partie de sa nation et de l’humanité tout entière. Ce peuple arménien en larmes, que l’on découvre à travers les images d’archives, victime de déportations, puis en pleine effusion de bonheur (lors des rapatriements successifs de 1946 à 1950), est le représentant de nos joies, de nos faiblesses, de nos bonheurs et de nos déchirures. Leurs corps progressivement déportés par l’émotion semblent emportés dans un tourbillon, un vertige, une défaillance. Mariage, enterrement à la ville, dans les campagnes, des scènes d’embouteillages (à la limite du burlesque) et de dévotion, le sourire tendre d’une «mayrig» démontrent l’aspect paradoxalement universel d’un peuple. Paul Matar explique que, «pour réunir les photos et les objets exposés, les étudiants ont frappé à la porte de famille d’origine arménienne leur demandant : “Qu’est ce que vous avez gardé de vos grands-parents ?”. L’un a apporté des chaussettes, cet autre des bols en métal, des tapis, un évangile, des photos, un napperon, un fusil de fedaï ou une robe de baptême». Et l’initiateur de l’exposition d’ajouter : «Je suis sûr que si nous entreprenons la même démarche avec chaque communauté formant la mosaïque libanaise, nous pourrions organiser des expositions extraordinaires. Ce serait une manière de se communiquer nos cultures, nos identités, nos idées en toute liberté franchise ,amour et amitié». En marge de l’expo, une projection-vidéo qui dure sept minutes donne à voir des témoignages de rescapés du génocide. À voir, jusq’au 6 juin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Toujours au Monnot, et en parallèle à la pièce Une Bête sur la lune de Richard Kalinoski, se tient une exposition d’objets et de photos appartenant à des familles arméniennes du Liban. Orchestrée par le comédien et metteur en scène Paul Matar, cette manifestation a été réalisée par cinq étudiants de l’Iesav : Dzovig Torikian, Hratch Tokatlian, Eileen Khatchadourian, Hagop Der Ghougassian et Serge Yessayan. Paul Matar précise d’emblée que cette exposition n’a pas pour thème principal le génocide des Arméniens. «Elle vise plutôt à montrer les différentes périodes de l’histoire de ce peuple». On trouve ainsi des photos datant du début du XIXe siècle, représentant des familles arméniennes sur la terre de leurs ancêtres, en Silicie, en Arménie. D’autres clichés immortalisent sur papier glacé,...