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Actualités - Chronologie

Les Kurdes manifestent , l'Europe s'inquiète(photo)

De nombreuses capitales européennes ont appelé hier Ankara à ne pas exécuter Abdullah Öcalan après sa condamnation à la peine de mort, qui a déclenché une série de manifestations de Kurdes en Europe. Le Parti des travailleurs du Kurdistan a de son côté demandé aux Kurdes de protester «démocratiquement» tandis que le Parlement kurde en exil brandissait la menace d’une intensification de la guerre contre Ankara et la branche politique du PKK celle d’un risque d’embrasement du conflit autour de la question kurde. L’Allemagne, où vit une forte communauté kurde, a, par la voix de son ministre de l’Intérieur Otto Schily, souhaité que le jugement soit porté devant une «instance de révision». Rappelant que cette condamnation «n’était pas encore définitive», la France a souhaité que le leader kurde ne soit pas exécuté. Le même souhait a été exprimé par la Belgique qui a également espéré que la Turquie ferait des «gestes concernant la question kurde». Le gouvernement britannique a indiqué qu’il allait faire pression sur les autorités turques afin que cette condamnation à mort par pendaison soit commuée en réclusion à perpétuité. Le président du Conseil italien Massimo D’Alema a estimé que la condamnation à mort du chef kurde risquait «d’éloigner la Turquie de l’Europe» et a lui aussi espéré que «la sentence ne sera pas exécutée». Dans l’attente d’une prise de position de la présidence allemande au nom de l’Union européenne, le commissaire européen à l’élargissement Hans van den Broek a demandé mardi que «les autorités concernées turques compétentes prennent en compte l’opposition de l’UE à la peine de mort». Le gouvernement suisse a lui aussi demandé aux autorités turques de «renoncer à l’exécution de cette peine», tout comme Athènes qui a appelé Ankara à «prouver son respect des valeurs de l’Union européenne». À Prague, le président Vaclav Havel a souhaité qu’Öcalan «ne soit pas exécuté». De son côté, Moscou a formulé l’espoir que «les grands principes humanitaires ne seront pas violés», en souhaitant également que la peine de mort se serait pas exécutée. À Strasbourg, le Conseil de l’Europe a exprimé «sa préoccupation» et a souhaité le respect d’un moratoire appliqué depuis 1984 sur les exécutions en Turquie. Des Kurdes ont également manifesté spontanément dans plusieurs villes européennes. À Londres un peu plus de 200 Kurdes se sont regroupés dans le centre, après s’être d’abord massés devant l’ambassade des États-Unis. À Moscou, environ 300 Kurdes se sont rassemblés dans le centre-ville tandis qu’à La Haye environ 200 Kurdes manifestaient dans le calme. D’autres manifestations ont également été signalées à Amsterdam et Rotterdam. À Helsinki, le comité du Kurdistan a appelé ses membres à manifester mardi. À Strasbourg, où siège le Parlement européen, entre 250 et 300 Kurdes environ se sont rassemblés spontanément au centre-ville. À Nicosie enfin, quelque 150 manifestants kurdes ont lancé des pierres mardi contre l’ambassade des États-Unis. Les mesures de sécurité ont été renforcées autour des représentations diplomatiques israéliennes dans des pays d’Europe de l’Ouest où vivent des communautés kurdes, comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse, la France et l’Italie. Le Kenya – où un commando turc avait capturé Öcalan le 15 février – a renforcé la sécurité de ses ambassades. Dès la sentence annoncée, le PKK a appelé à des protestations «démocratiques et politiques» contre la condamnation à mort de son chef pour trahison et tentative de diviser la Turquie, soulignant dans un communiqué que cette condamnation ne constitue pas une décision finale. La «guerre» que mènent les Kurdes contre le régime turc «reprendra et sera instensifiée», a toutefois affirmé le président du Parlement kurde en exil, Jasar Kaya, ajoutant cependant qu’il faudrait attendre encore «deux à trois mois» pour voir si la peine de mort prononcée contre Öcalan sera appliquée. La branche politique du PKK, le Front de libération nationale du Kurdistan (ERNK), a estimé à Vienne que la sentence risquait d’attiser le conflit «en Turquie et dans tout le Proche-Orient» tandis que le Parlement kurde en exil, dont le siège est à Bruxelles, dénonçait le jugement comme «profondément injuste et inapproprié».
De nombreuses capitales européennes ont appelé hier Ankara à ne pas exécuter Abdullah Öcalan après sa condamnation à la peine de mort, qui a déclenché une série de manifestations de Kurdes en Europe. Le Parti des travailleurs du Kurdistan a de son côté demandé aux Kurdes de protester «démocratiquement» tandis que le Parlement kurde en exil brandissait la menace d’une intensification de la guerre contre Ankara et la branche politique du PKK celle d’un risque d’embrasement du conflit autour de la question kurde. L’Allemagne, où vit une forte communauté kurde, a, par la voix de son ministre de l’Intérieur Otto Schily, souhaité que le jugement soit porté devant une «instance de révision». Rappelant que cette condamnation «n’était pas encore définitive», la France a souhaité que le leader kurde ne soit...