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Actualités - Chronologie

Athlétisme - Championnats arabes militaires Jean-Claude Rabbath, toujours plus haut

Mardi, les championnats arabes militaires connaîtront peut-être un exploit. Celui de Jean-Claude Rabbath, recordman du Liban du saut en hauteur et dont la progression est phénoménale. Portrait. L’athlétisme libanais est peut-être en renouveau. On peut, sans craindre de froisser n’importe qui, lui attribuer l’appellation peu enviable de parent pauvre du sport local, tellement le niveau tarde à opérer sa révolution, tellement les athlètes sont peu ou mal suivis, tellement la fréquentation des stades et l’attention des médias sont inexistantes. Pourtant, dans ce portrait peu reluisant d’un paysage déstructuré, un déclic est en passe de se produire, illustré par les performances ahurissantes d’un athlète, Jean-Claude Rabbath. Nous sommes en 1996. À cette date, Jean-Claude Rabbath achève sa formation scolaire au Collège des Frères de Mont La Salle. Qu’est-ce qui le pousse à s’essayer au saut en hauteur ? Nul ne le sait. Il n’empêche que, pour lui, ce fut un heureuse inspiration. Sa détente est exceptionnelle et ses performances de profane sont presque supérieures aux meilleurs locaux dans la discipline. La Fédération libanaise décide alors d’envoyer Rabbath à Lattaquié, en Syrie, là où doivent se dérouler les championnats arabes juniors d’athlétisme. Il en retournera avec un nouveau record du Liban, 2,05m. C’est le début d’une carrière… En 1997, Rabbath bénéficie d’une bourse de 6 mois pour aller peaufiner sa technique en France, à l’Insep (Institut national du sport et de l’éducation physique – Paris) puis rentre au Liban en juillet 97 pour y disputer les Jeux panarabes. Les meilleurs Arabes sont présents à Beyrouth, mais cela est loin d’intimider le Libanais. Galvanisé par la concurrence, il pulvérisera le record national et empochera la médaille de bronze avec un saut à 2,14 m. En septembre 97, une blessure récurrente aux adducteurs handicape l’athlète qui est démotivé et ne pense plus vraiment à l’athlétisme. La brève carrière d’athlète de Rabbath aurait bien pu s’arrêter là, mais il était dit que le destin de Jean-Claude devait le relancer vers l’athlétisme. Ralph Mouchbahani, un Allemand d’origine libanaise justement, débarque avec des projets plein la tête et prend en charge Rabbath, qui traîne toujours sa vilaine blessure. Nous sommes en mai 98. C’est le tournant… L’arrivée de Mouchbahani va entamer la période scientifique de la carrière de Rabbath. Désormais, tous les entraînements seront étudiés, et s’inscriront dans une logique de continuité et de préparation spécifique. L’objectif est clair: bien figurer aux Jeux asiatiques de Bangkok qui se déroulent en décembre 98. En Extrême-Orient, Rabbath va encore une fois améliorer son propre record du Liban d’un petit centimètre (2,15 m). Il terminera 6e. Entre-temps, Rabbath a intégré les rangs de La Sagesse. Pour du basket-ball naturellement, car l’homme possède un talent pour ce sport collectif. Le 5 juin dernier, à Jamhour toujours, Jean-Claude dispute son second meeting de l’année et franchira pour l’occasion une hauteur de barre dont son entraîneur lui-même ne le jugeait pas capable, pas aussitôt en tout cas… Il sautera successivement 2,05 m, 2,12 m lors du premier essai et battra encore une fois son record en franchissant les 2,18 m. Il aurait pu en rester là mais sentant qu’il avait un exploit dans le ventre, il opta de poursuivre. Les 2,21 m sont franchis et les 2,23 m le sont aussi. Tellement allègrement que Mouchbahani regrette de ne pas avoir placé la barre à 2,25 m, ce qui aurait qualifié Rabbath pour Sydney. Qu’importe, l’exploit venait d’être réalisé et l’avenir s’annonçait des plus radieux. Quand on sait que le deuxième de la compétition avait fini avec 1,70 m et qu’il était déjà éliminé avant que Rabbath n’entre en lice, on mesure l’ampleur du phénomène. Interrogé sur la marge de progression de son protégé, l’Allemand reste évasif : «Vous m’auriez posé la même question le 4 juin, je vous aurais dit 2,20 ou 2,25 m. Mais aujourd’hui, je ne sais plus. Ce qu’il lui faut, c’est de la continuité dans les entraînements. Qu’il vente ou qu’il neige, qu’il y ait fête ou deuil, on ne doit pas s’arrêter car seules les interruptions annihilent les efforts de plusieurs semaines. Concernant Jean-Claude, je le sens capable de franchir les 2,30 (le record arabe est de 2,28 m, ndlr), mais le jour où ce sera fait, je vous dirai 2,35 et ainsi de suite. Il est très très fort mentalement».
Mardi, les championnats arabes militaires connaîtront peut-être un exploit. Celui de Jean-Claude Rabbath, recordman du Liban du saut en hauteur et dont la progression est phénoménale. Portrait. L’athlétisme libanais est peut-être en renouveau. On peut, sans craindre de froisser n’importe qui, lui attribuer l’appellation peu enviable de parent pauvre du sport local, tellement le niveau tarde à opérer sa révolution, tellement les athlètes sont peu ou mal suivis, tellement la fréquentation des stades et l’attention des médias sont inexistantes. Pourtant, dans ce portrait peu reluisant d’un paysage déstructuré, un déclic est en passe de se produire, illustré par les performances ahurissantes d’un athlète, Jean-Claude Rabbath. Nous sommes en 1996. À cette date, Jean-Claude Rabbath achève sa formation scolaire au...