Deux jours après sa fracassante et facile victoire sur la Suissesse Martina Hingis, 6-2, 6-0, la jeune Australienne d’origine yougoslave Jelena Dokic, 129e mondiale, a montré qu’elle savait aussi se battre en éliminant la Slovaque Katarina Studenikova, 114e mondiale, 6-0, 4-6, 8-6, jeudi, au deuxième tour du tournoi de Wimbledon. Après un nouveau début de rêve (6-0), Dokic menait 2-1 dans le deuxième set quand elle commit deux doubles fautes coup sur coup, qui lui firent perdre son service pour la première fois depuis le début du tournoi et permirent à Studenikova de revenir à 2-2. À partir de là, un autre match commença. Car avant de s’abîmer dans de médiocres classements, la Slovaque, de dix ans l’aînée de Dokic, fut 31e mondiale en 1996. Et cette année-là, elle battit l’Américaine Monica Seles, alors N°1 mondiale, au deuxième tour à Wimbledon. Commençant à ne plus s’en laisser conter, elle remporta donc la deuxième manche (6-4). Dans la troisième, la jeune prodige australienne concéda un break avec un revers trop long pour être menée 2-4. Refaisant aussitôt son handicap, elle sauva ensuite trois balles de break contre elle en se battant comme la fille d’un boxeur qu’elle est pour parvenir à 4-4. Les deux joueuses, un peu fatiguées, ne cessèrent ensuite d’échanger leur service, jusqu’au 14e jeu, Dokic finissant enfin par remporter le sien dans le dernier jeu, sur la première de ses deux balles de match (8-6). Agassi aisément De la combativité, ce n’est pas ce qui manque à l’Espagnole Arantxa Sanchez, tête de série N°7. Mais les ans commencent à peser. Et, après avoir déjà peiné au premier tour contre la Hongroise Annamaria Foldenyi, 119e joueuse mondiale à qui elle avait concédé treize jeux en trois sets, la finaliste de 1995 et 1996 a été éliminée au deuxième tour par l’Américaine Lisa Raymond, 37e mondiale, 7-6 (7/4), 6-1. De telle sorte que le premier quart du tableau se trouve désormais bien dégagé pour les Françaises Mary Pierce, tête de série N°9, et Julie Halard-Decugis, tête de série N°11. Toutes deux opposées à des Italiennes, la première a battu facilement Rita Grande, 56e mondiale, 6-1, 6-3, la deuxième beaucoup plus difficilement Silvia Farina, 24e mondiale, 6-2, 3-6, 8-6. Halard-Decugis, tête de série pour la première fois en dix participations, avait pourtant déjà dominé Farina cinq fois en six rencontres, dont la dernière fois, il est vrai sur un score très serré, 7-6, 7-5, en demi-finale du tournoi d’Auckland, au tout début de l’année. Dans le tableau masculin, l’Américain Andre Agassi, tête de série N°4, et le Néerlandais Richard Krajicek, tête de série N°5, ont continué facilement leur marche en avant en battant respectivement l’Argentin Guillermo Canas, 71e mondial, 6-3, 6-4, 6-3, et l’Australien Todd Woodbridge, 137e mondial, 7-5, 6-4, 6-4. En revanche, le Croate Goran Ivanisevic a été mis en difficulté par l’Australien Sandon Stolle, 321e mondial mais excellent joueur de double, 7-6 (10/8), 6-4, 4-6, 6-4. Déclarations Richard Krajicek (P-B/N°5, vainqueur de l’Australien Todd Woodbridge): «Pour ce qui est des favoris, je surveille Pete Sampras et Tim Henman en ce moment. Et je dois dire que Greg Rusedski m’a beaucoup impressionné. J’imagine que je me situe au second plan. Sur gazon, on ne peut pas utiliser toute sa force explosive, comme je l’ai fait cette année pour gagner à Key Biscayne. On peut en effet toujours glisser. Je pense cependant que mes jambes sont plus fortes et que j’ai un meilleur équilibre et cela me rend les choses plus faciles également sur gazon». Arantxa Sanchez (Esp/N°7, battue par l’Américaine Lisa Raymond) : «Je jouais assez bien au début. Il suffit d’un ou deux coups ratés pour changer beaucoup de choses. Cela aurait pu être différent si j’avais gagné le jeu décisif du premier set. J’ai essayé de monter au filet plus souvent, ce qui n’est pas vraiment mon jeu, mais il faut bien faire quelque chose quand cela ne va pas très bien. Mais c’est une joueuse très dangereuse sur gazon et je savais que ce serait un match difficile. J’essaierai de revenir l’année prochaine pour voir si la chance me sourit enfin». Échos L’ancien N°1 aux enchères : L’ancien court N°1, démoli l’année dernière pour permettre la construction d’un nouveau centre de presse, a été vendu morceau par morceau en priorité aux membres du All England Club, organisateur du tournoi de Wimbledon. C’est ainsi que Alan Mills, le directeur du tournoi, a acquis un banc qu’il a placé dans son jardin. Les pièces restantes, dont le filet et la chaise de l’arbitre, seront vendus cette année aux enchères. Mauvais pronostiqueur : Le Britannique Tim Henman, tête de série N°6, avait pronostiqué au début de l’année que l’Angleterre gagnerait la Coupe du monde de cricket et la Suissesse Martina Hingis le tournoi de Wimbledon. Dimanche dernier, la finale du cricket a opposé l’Australie au Pakistan, les Australiens l’emportant. Quant à Hingis, on sait ce qu’il en est advenu! On espère pour Henman qu’il n’a pas pronostiqué sa propre victoire. Le tendon d’Achille d’Hingis : Pour justifier son forfait en double, après sa fracassante élimination en simple, la Suissesse Martina Hingis a produit un certificat médical indiquant qu’elle souffrait d’une inflammation d’un tendon du pied gauche. Quand un tel certificat n’est pas produit, les organisateurs peuvent exiger que le joueur ou la joueuse ayant déclaré forfait soit examiné par un médecin du tournoi. Les propriétaires de la villa que la N°1 mondiale avait louée 10 000 livres pour quinze jours n’ont pas exigé un tel certificat. Ils ont réintégré leurs pénates, Hingis s’étant envolée pour on ne sait où. No comment : La Russe Anna Kournikova est l’objet d’une attention soutenue de la part des journaux populaires anglais, qui s’intéressent assez peu à son tennis et beaucoup à sa vie privée. Bombardée de questions à propos de l’identité de son petit ami actuel, la Lolita russe a dû répondre sept fois no comment au cours de la séance d’interview qui a suivi sa victoire au deuxième tour avant qu’on passe à d’autres questions. Fautes de pied : Au cours de son match du deuxième tour contre l’Américain Jim Courier, l’Espagnol Carlos Moya a commis pas moins d’une douzaine de fautes de pied. «Je n’ai pas l’habitude de servir et de monter aussitôt à la volée. Or sur gazon, il faut entrer dans le court le plus rapidement possible pour ne pas être pris de vitesse. Quoi qu’il en soit, je sais maintenant que je suis capable de bien jouer à Wimbledon», a déclaré Moya, battu en cinq sets.
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