Après celle de la Suissesse Martina Hingis mardi, deux têtes de série espagnoles sont tombées de façon moins surprenante sur le gazon anglais, mercredi au deuxième tour du tournoi de tennis de Wimbledon. Carlos Moya (N°12) a été éliminé par l’Américain Jim Courier, 61e mondial et régulièrement éliminé au premier tour depuis 1995, 6-3, 3-6, 7-6 (7/1), 3-6, 6-2. Et Felix Mantilla (N°16), plus discret que jamais, s’est fait escamoter par l’Américain Paul Goldstein, 112e mondial, 6-2, 6-4, 6-7 (5/7), 6-2. On put croire que l’Allemande Steffi Graf (N°2) allait subir le même sort que Hingis face à la solide Sud-Africaine Mariaan De Swardt, 38e mondiale. Menée 5-1 au premier set, elle redressa la barre et s’imposa 4-6, 6-3, 6-2 à une adversaire dont la condition physique n’est pas à la hauteur du talent. L’Américaine Monica Seles (N°4) a été expéditive contre l’Allemande Marlene Weingartner, 78e mondiale, qu’elle a écrasée en 35 minutes, 6-0, 6-0. Autre tête de série ayant tremblé : celle de l’Australien Mark Philippoussis (N°7), face à Mark Woodforde, 80e mondial à bientôt 34 ans. Pour se sortir de sa confrontation avec ce compatriote toujours redoutable sur gazon, Philippoussis a aligné 38 aces pour s’imposer 6-7 (4/7), 7-6 (8/6), 7-6 (7/5), 6-4. L’Américaine Jennifer Capriati, 44e mondiale, a été battue par la grâcieuse Néerlandaise Seda Noorlander, 126e mondiale, 6-1, 6-3. À 25 ans, c’était seulement la deuxième fois que Noorlander, éliminée à ce stade de la compétition en 1998, participait à un tournoi du Grand Chelem. Rusedski accroché De deux ans sa cadette, Capriati a cependant un passé beaucoup plus chargé puisqu’elle fut demi-finaliste en 1991, et quart de finaliste les deux années suivantes. Son 4e tour à Roland-Garros avait été, voici quinze jours, son meilleur résultat dans un tournoi du Grand Chelem depuis, l’intervalle étant rempli par les turpitudes d’une ancienne enfant prodige du tennis dont Capriati ne veut plus entendre parler. Brillant finaliste à Roland-Garros, l’Ukrainien Andrei Medvedev, 31e mondial, a été éliminé 6-1, 7-5, 6-3, par Daniel Nestor, 87e mondial, un Canadien d’origine yougoslave qui, connu comme une excellent joueur de double, a passé deux tours pour la première fois en cinq participations. Le Britannique Greg Rusedski (N°9), naturalisé en 1995 en provenance du... Canada, a éprouvé quelques difficultés à écarter Arvind Parmar, un Britannique d’origine indienne 455e mondial, 6-3, 6-4, 7-6 (7/3). À 21 ans, les événements commencent à se précipiter pour ce joueur, qui fut l’an dernier le compagnon de Rusedski en Coupe Davis et avait connu son heure de gloire en éliminant l’Espagnol Albert Costa, 25e mondial, au premier tour. Contre la très mobile Vénézuélienne Maria-Alejandra Vento, 104e mondiale, la Russe Anna Kournikova (N°17) a dû sauver trois balles de set sur son service dans la première manche. Menacée jusqu’au bout dans la deuxième, elle a fini par s’en tirer, 7-5, 6-4, contre une joueuse battue cette saison au premier tour dans les onze tournois qui ont précédé son arrivée à Wimbledon. D’autre part, le match opposant le Britannique Tim Henman, tête de série N°6, à l’Américain Chris Woodruff, 126e mondial, comptant pour le deuxième tour du tournoi, a été arrêté mercredi soir en raison de la tombée de la nuit. Le score en était à 6-4, 2-3 en faveur de Henman, qui allait servir. Cédric Pioline débarrassé de l’épouvantail Arnaud Clément Cédric Pioline, 39e mondial, s’est rapidement débarrassé en 6-3, 6-1, 6-3, de l’épouvantail Arnaud Clément, 74e mondial, qui hantait ses jours depuis que le tirage au sort lui avait attribué cet adversaire pour la deuxième fois en un mois. La première fois, c’était au premier tour du tournoi de Roland-Garros. Et Pioline, après avoir remporté les deux premiers sets dans l’huile, s’était inexplicablement empêtré dans les filets de son jeune compatriote pour succomber 3-6, 3-6, 7-6, 6-4, 6-3. Le fait que Clément ait déjà remporté deux des trois rencontres qui les avaient opposés au cours de leurs carrières n’était pas pour le réconforter, mercredi, à l’occasion de leur nouvelle rencontre. Au deuxième tour cette fois. Cela commença effectivement de la même façon, Pioline, jambes et bras alertes, remportant facilement les deux premières manches. Mais cela se termina différemment. Car à 3-5 et alors qu’il était au service dans le troisième set, Clément concéda trois égalités avant de s’incliner sur une accélération de coup droit à la première balle de match. Récent vainqueur du tournoi de Nottingham, Pioline venait de remporter là sa dixième victoire de la saison sur un gazon sur lequel il n’avait concédé qu’une seule défaite. La qualification de Sébastien Grosjean, 30e mondial, fut si tranquille face au Britannique Jamie Delgado, 376e joueur mondial sorti des qualifications, que le Marseillais finit par s’endormir. Quand il se réveilla, le tableau affichait 6-2, 6-2, 7-6 (7/2). L’impétueux Delgado, monté souvent au filet, avait subi nombre de passings sous l’œil de Patrice Hagelauer, dont on ne sait s’il couvait son nouveau protégé britannique ou son ancien joueur français depuis que cet entraîneur national préside aux destinées du tennis de ce côté-ci de la Manche. Au prochain tour, Grosjean devrait affronter encore un Britannique, Tim Henman, tête de série N°6, ce qui sera évidemment une autre paire de manche. Le quatrième Français en lice, Fabrice Santoro, 43e mondial, a disparu discrètement, son habituel stratégie d’usure ayant échoué contre le coriace Suédois Magnus Norman, 60e mondial. Il eut bien un break d’avance dans le troisième set, mais il le perdit, laissant revenir son offensif adversaire à 4-4 avant de s’incliner 6-2, 6-3, 7-6 (7/5). Dans l’histoire de leurs rencontres, l’Allemande Barbara Rittner, 47e mondiale, menait trois victoires à deux face à Sandrine Testud, tête de série N°13. La Lyonnaise, battue la dernière fois en 1998, à Palerme, sur abandon, a rétabli l’équilibre en s’imposant 7-6 (7/2), 6-1. Enfin délivrée de ses tendinites chroniques, Testud manquait de compétition. Rittner de même qui, opérée au pied droit à la fin de l’année dernière, était restée ensuite trois mois sans jouer. Modèle d’équilibre, Nathalie Tauziat, tête de série N°8, a battu la Néerlandaise Amanda Hopmans, 89e mondiale, souvent à la recherche de ses appuis, 6-3, 6-4. Au prochain tour, elle rencontrera une autre Néerlandaise, Seda Noorlander, 126e mondiale, tandis que Sarah Pitkowski, 36e mondiale, qui, victorieuse de la Britannique Louise Latimer, 137e mondiale, 7-5, 5-7, 6-3, sera confrontée à l’Américaine Venus Williams, tête de série N°6. Déclarations Sébastien Grosjean (Fra, vainqueur du Britannique Jamie Delgado) : «J’ai bien retourné d’entrée, il était toujours en danger sur son service. Je me suis un peu relâché à deux sets zéro et un break d’avance, et il a commencé à mieux jouer du fond du court, plus libéré, et à venir plus au filet. Sur le gazon, ça tourne très vite, alors il a saisi l’opportunité de revenir dans le match, en jouant plus agressif, mais je m’en suis bien tiré dans le tie-break. Sur le gazon, je ne me mets pas de pression, car je n’y joue pas souvent. J’essaie juste de me faire plaisir, en faisant des choses que je ne fais pas sur d’autres surfaces, comme par exemple lâcher mon revers. Ici, c’est le contraire de Roland Garros, plus c’est humide, plus ça va vite. Cette semaine, il fait beau, alors c’est un avantage pour les joueurs de fond de court contre les grands serveurs. Je me suis entraîné mardi avec Sampras, car son entraîneur me l’a demandé. C’est un plus pour moi, car il sert beaucoup plus fort que mon adversaire d’aujourd’hui. Je rejoue avec lui demain et ce sera une bonne préparation si je dois jouer vendredi contre Tim Henman». Steffi Graf (All/N°2), qualifiée pour le troisième tour aux dépens de la Sud-Africaine Mariaan de Swardt, en trois sets: «Je me suis très bien sentie en entrant sur le court central, il y avait une super-ambiance. Le problème, c’est la façon dont mon adversaire a servi au début du match, alors que je ne servais pas bien du tout. Elle n’a pas fait beaucoup d’erreurs dans les premiers jeux, elle a mené 5-1, et j’étais un peu comme une spectatrice. De la façon dont les points défilaient, le soutien du public ne pouvait pas faire une grosse différence. Heureusement que je suis revenue à 5-4, car je me suis sentie beaucoup mieux après. Si j’avais perdu ce set 6-1 ou 6-2, cela n’aurait pas été la même chose. À partir du deuxième set, j’ai réussi à la faire un peu plus jouer».
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