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Actualités - Opinion

Un corbeau et des renards

Dans l’affaire de la «source ministérielle» chargeant l’ancien Premier ministre Rafic Hariri de tous les maux de la République, il y a un corbeau – la source – et des renards, à qui manque pourtant la ruse légendaire. Le chef du gouvernement monte d’ores et déjà sur ses grands chevaux en brandissant la menace de la confiance. Est-il besoin d’en arriver là si vite ? Depuis son accession au pouvoir, M. Hoss est persuadé que l’opposition haririenne n’a qu’un seul but : l’évincer de la présidence du Conseil. Sans doute a-t-il de bonnes raisons de le croire ; mais, justement, ne fait-il pas le jeu de ses rivaux en évoquant la question de confiance ? Le vice-président du Conseil Michel Murr joue, quant à lui, la carte «cool». Il ajoutait mercredi une nouvelle perle à sa vision particulière de la démocratie en invoquant une prétendue liberté de presse pour justifier un pamphlet qui pourrait très bien faire l’objet d’un procès en diffamation. En effet, la pilule est amère et dure à avaler quand la fameuse source indique, par exemple, que M. Hariri tente d’exploiter l’assassinat des quatre magistrats de Saïda à des fins personnelles. Le voyage du ministre de l’Information Anouar el-Khalil est une aubaine pour lui. S’il était resté à Beyrouth, il n’aurait fait que s’enferrer davantage dans des justifications de plus en plus gauches ; de quoi alimenter les quolibets de tous les médias, à l’exception évidemment de son alliée l’Ani. Quid de l’opposition ? Comme le souligne le député Jamil Chammas, il est tout de même curieux que, parmi les 24 députés qui ont adressé la question écrite au gouvernement, nul n’ait songé à riposter aux accusations elles-mêmes. De fait, un observateur de mauvaise foi pourrait conclure que les incriminations de l’Ani sont fondées, conformément au célèbre adage «qui ne dit mot consent». L’affaire est grave. Si le pouvoir a des preuves sur d’éventuelles malversations de M. Hariri, qu’il s’adresse aux tribunaux. Mais, de grâce, que se dessèchent les sources médisantes tant elles nuisent à la transparence dont le nouveau régime a fait son cheval de bataille.
Dans l’affaire de la «source ministérielle» chargeant l’ancien Premier ministre Rafic Hariri de tous les maux de la République, il y a un corbeau – la source – et des renards, à qui manque pourtant la ruse légendaire. Le chef du gouvernement monte d’ores et déjà sur ses grands chevaux en brandissant la menace de la confiance. Est-il besoin d’en arriver là si vite ? Depuis son accession au pouvoir, M. Hoss est persuadé que l’opposition haririenne n’a qu’un seul but : l’évincer de la présidence du Conseil. Sans doute a-t-il de bonnes raisons de le croire ; mais, justement, ne fait-il pas le jeu de ses rivaux en évoquant la question de confiance ? Le vice-président du Conseil Michel Murr joue, quant à lui, la carte «cool». Il ajoutait mercredi une nouvelle perle à sa vision particulière de la...