La plupart des Etats bafouent les conventions internationales sur les réfugiés
le 17 juin 1999 à 00h00
Détentions arbitraires, mauvais traitements, rapatriements forcés : les violations des droits des réfugiés se sont multipliées durant l’année écoulée, dénonce Amnesty. «Les États du monde entier continuent de se soustraire aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international relatif aux réfugiés», affirme l’organisation de défense des droits de l’homme. Des pays comme le Japon ou les États-Unis placent encore régulièrement des demandeurs d’asile qui n’ont pas tous les papiers requis en détention : une Chinoise enceinte qui souhaitait se soustraire à la politique de limitation des naissances de Pékin a ainsi passé cinq mois en prison au Japon, avant de se voir refuser le statut de réfugié, affirme Amnesty. «Aux États-Unis, les réfugiés sont souvent détenus avec des prisonniers de droit commun dans des conditions très dures», ajoute l’organisation. Le gouvernement hongrois a dû de son côté carrément présenter des excuses officielles à des réfugiés kosovars qui sont restés onze jours dans une salle de transit de l’aéroport de Budapest sans même que des lits ou des couvertures leur soient fournis ou qu’un repas leur soit apporté. Ils ont survécu avec le repas quotidien que leur autorisaient leurs finances. Plus inquiétant encore, certains États pratiquent sans ménagement le renvoi des réfugiés dans leur pays d’origine où ils sont souvent emprisonnés et torturés. D’autres les maltraitent, tel un groupe de soldats thaïlandais qui «aurait battu à mort» un réfugié birman «parce qu’il avait regagné le camp après le couvre-feu». Ou les tuent: «en République démocratique du Congo, les forces gouvernementales ont continué d’exécuter des réfugiés, dont 55 Rwandais début avril», affirme Amnesty. Au lieu d’insister sur l’application de la convention internationale de 1951 qui protège les réfugiés, certains pays occidentaux souhaiteraient en amoindrir les exigences, affirme Amnesty. L’organisation cite un rapport confidentiel du gouvernement autrichien qui ne considèrerait plus la protection des réfugiés comme un «droit individuel subjectif», mais comme le résultat d’une décision «politique» des États. Le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’Onu est souvent impuissant et «peut se montrer sensible aux pressions politiques», estime l’organisation internationale. Il semble «que certains gouvernements aient subordonné la présence du HCR dans leur pays au fait que celui-ci s’abstienne de toute critique sur leur politique à l’égard des réfugiés». Amnesty demande s’il ne serait pas judicieux de créer un «nouvel organe», libre de toute pression politique, qui «veillerait à l’application de la convention internationale sur les réfugiés».
Détentions arbitraires, mauvais traitements, rapatriements forcés : les violations des droits des réfugiés se sont multipliées durant l’année écoulée, dénonce Amnesty. «Les États du monde entier continuent de se soustraire aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international relatif aux réfugiés», affirme l’organisation de défense des droits de l’homme. Des pays comme le Japon ou les États-Unis placent encore régulièrement des demandeurs d’asile qui n’ont pas tous les papiers requis en détention : une Chinoise enceinte qui souhaitait se soustraire à la politique de limitation des naissances de Pékin a ainsi passé cinq mois en prison au Japon, avant de se voir refuser le statut de réfugié, affirme Amnesty. «Aux États-Unis, les réfugiés sont souvent détenus avec des prisonniers de droit...
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