Les autorités israéliennes ont décidé de s’attaquer à la violence des mineurs, y compris dans les écoles, après deux agressions mortelles qui ont provoqué une vive émotion dans le pays. Tous les lycées du pays ont consacré dimanche leur première heure de cours à la violence et la police a annoncé une série de mesures contre la délinquance juvénile. Jeudi, un jeune délinquant de 19 ans, Shlomi Gabay, a tué à coups de couteau un adolescent de 15 ans, Guila Raviv, dans le quartier Armon Hanatsiv, une colonie de Jérusalem-Est occupée. L’agression a été commise non loin du lycée de la victime. La raison de la dispute entre les deux jeunes n’était pas claire, pas plus que celle qui a poussé quelques jours plus tôt un autre adolescent à poignarder à mort un camarade de classe, nouvel immigrant de l’ex-URSS. Cette agression s’était produite dans un établissement scolaire de Nazareth Illit, un faubourg juif de la ville arabe de Nazareth (nord), mais en dehors des heures de classe. Pour tenter de parer à cette situation, le chef de la police, le commissaire Yehuda Vilk, a annoncé une série de mesures, notamment un accroissement des effectifs de la police et la création de nouvelles unités chargées de la répression de la délinquance des mineurs. «Nous allons accroître de façon sensible nos effectifs chargés de la jeunesse et créer de nouvelles unités qui seront spécialement chargées de la répression de la délinquance des mineurs», a-t-il dit. Il a ajouté qu’un projet était à l’étude au ministère de la Sécurité intérieure (police), en collaboration avec ceux de l’Éducation et de la Justice, pour «procéder à des fouilles corporelles à l’entrée des écoles ainsi qu’à des inspections-surprises dans les établissements scolaires afin de confisquer les armes blanches», de plus en plus nombreuses chez les élèves. Un programme « de vanités » Cité par le quotidien Maariv, le chef spirituel du parti ultraorthodoxe Shass (17 députés), le rabbin Ovadia Yossef, a blâmé le système éducatif laïc et imputé la violence à «l’abandon de la Torah», le livre saint juif. Il a qualifié le programme des écoles laïques de «vanités». Un député du Shass, David Azoulay, a imputé la violence aux «vêtements immodestes» des enseignantes. «Dans ces conditions, il ne faut pas être surpris que les enfants commettent des meurtres», a-t-il affirmé au Maariv. Les meurtres à Jérusalem et Nazareth Illit s’ajoutent à une longue liste de cas de violence entre élèves. Selon une étude de l’université Bar-Ilan de Tel-Aviv publiée le mois dernier, les établissements scolaires israéliens sont parmi les plus violents au monde. Selon cette étude effectuée ces derniers mois auprès de 16 000 élèves dans 232 écoles israéliennes, Israël tient la 8e place pour le nombre des victimes d’agressions entre élèves, sur 28 pays où une étude similaire a été effectuée. Plus de la moitié des élèves de 11 à 16 ans sont impliqués dans des actes de violence et près de 15% des élèves ont été blessés et ont dû recevoir des soins, selon l’un des auteurs de l’étude, le docteur Yossi Harel, du département de sociologie de l’université Bar-Ilan. Selon lui, 25 % des garçons et 6 % des filles ont avoué qu’ils portaient des armes à l’école, notamment poignards, canifs, matraques. Selon l’étude, l’agressivité dans la société israélienne est à l’origine de cette situation. «On ne peut séparer la violence dans les écoles de la violence ambiante dans laquelle baignent les élèves du pays», conclut-elle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les autorités israéliennes ont décidé de s’attaquer à la violence des mineurs, y compris dans les écoles, après deux agressions mortelles qui ont provoqué une vive émotion dans le pays. Tous les lycées du pays ont consacré dimanche leur première heure de cours à la violence et la police a annoncé une série de mesures contre la délinquance juvénile. Jeudi, un jeune délinquant de 19 ans, Shlomi Gabay, a tué à coups de couteau un adolescent de 15 ans, Guila Raviv, dans le quartier Armon Hanatsiv, une colonie de Jérusalem-Est occupée. L’agression a été commise non loin du lycée de la victime. La raison de la dispute entre les deux jeunes n’était pas claire, pas plus que celle qui a poussé quelques jours plus tôt un autre adolescent à poignarder à mort un camarade de classe, nouvel immigrant de l’ex-URSS....