Plus de 36 heures après l’entrée par surprise des troupes russes au Kosovo, quelques mystères entourent encore cette opération, apparemment lancée par les militaires contre l’avis du ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov. Selon plusieurs sources citées par les médias russes, ce sont les ministères russe et yougoslave de la Défense qui ont coordonné secrètement l’envoi des troupes au Kosovo. Apparemment sans en référer à personne. Le convoi russe était escorté pendant la nuit par une colonne de la police serbe. La télévision privée NTV, citant des sources «bien informées», affirme que l’ordre a été donné par le général Anatoli Kvachnine, chef d’état-major de l’armée russe, sans l’avis du ministre de la Défense Igor Sergueïev. Le président Boris Eltsine, s’il n’a pas donné l’ordre, a «récupéré» avec enthousiasme cette opération d’éclat, en accordant immédiatement une promotion au général Viktor Zavarzine, qui commandait le convoi entré à Pristina. La correspondante de l’agence officielle russe Itar-Tass à Belgrade a raconté à la télévision NTV qu’elle se trouvait vendredi soir à une réception à l’ambassade de Russie à Belgrade : «Un haut responsable de l’état-major yougoslave m’a dit que la Serbie souhaitait vivement que les troupes russes de maintien de la paix soient les premières à entrer au Kosovo, pour des raisons symboliques», a-t-elle témoigné. Ensuite, ajoute-t-elle, «je sais que notre ambassade (à Belgrade) a essayé de contacter le convoi russe qui se dirigeait vers le Kosovo, pour lui transmettre l’ordre de s’arrêter à la frontière du Kosovo et de ne franchir en aucune façon la frontière, afin de synchroniser l’entrée avec les troupes de l’Otan à l’aube». Curieusement, ce convoi n’a officiellement pas pu être joint. Une «défaillance technique» étonnante, alors que le convoi était commandé par le général Zavarzine, représentant de la Russie à l’Otan, et personnage suffisamment important pour que l’on s’assure, a priori, d’un contact permanent avec lui. Ensuite, a raconté la journaliste d’Itar-Tass, la télévision serbe, qui était donc informée, a lancé un appel à la population de Pristina pour qu’elle sorte, en pleine nuit, accueillir les troupes russes. Erreur ou habile tactique militaire ? Igor Ivanov, apparemment surpris, a déclaré en pleine nuit à la télévision CNN que l’entrée des troupes au Kosovo était une erreur, et que l’ordre leur avait été donné de se replier immédiatement en Serbie. Samedi en milieu d’après-midi, il n’était plus question d’un repli. Si les troupes russes n’étaient pas entrées à Pristina dans la nuit par surprise, elles n’y seraient jamais entrées, assuraient samedi des sources militaires russes à Moscou, citées par Interfax, pour justifier l’ordre de marche donné aux unités. Ces mêmes sources accusent l’Otan d’avoir eu l’intention de «faire traîner» volontairement les négociations sur le déploiement de la Kfor, dans l’espoir de retarder l’arrivée des Russes tandis que les forces occidentales auraient pris position. «La Russie a dû agir sous peine d’être dépassée par les événements», a déclaré un militaire à Interfax. Le contrôle de l’aérodrome de Pristina, assurent les Russes, est notamment une étape stratégique importante pour permettre l’arrivée rapide de renforts. Les militaires russes affirment d’ailleurs que le déploiement des forces sur Pristina n’a pas été décidé sur un coup de tête vendredi soir. La preuve en est, disent-ils, que les soldats avaient pris le temps d’inscrire la mention “Kfor” sur tous les véhicules du convoi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Plus de 36 heures après l’entrée par surprise des troupes russes au Kosovo, quelques mystères entourent encore cette opération, apparemment lancée par les militaires contre l’avis du ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov. Selon plusieurs sources citées par les médias russes, ce sont les ministères russe et yougoslave de la Défense qui ont coordonné secrètement l’envoi des troupes au Kosovo. Apparemment sans en référer à personne. Le convoi russe était escorté pendant la nuit par une colonne de la police serbe. La télévision privée NTV, citant des sources «bien informées», affirme que l’ordre a été donné par le général Anatoli Kvachnine, chef d’état-major de l’armée russe, sans l’avis du ministre de la Défense Igor Sergueïev. Le président Boris Eltsine, s’il n’a pas donné...