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Actualités - Chronologie

L'armée russe offre au Kremlin une revanche symbolique sur les Occidentaux(photo)

L’armée russe a offert au Kremlin une revanche très symbolique sur les Occidentaux avec l’entrée triomphale au Kosovo de ses troupes dans la nuit de vendredi à samedi, qui a mis l’Otan devant le fait accompli. Les généraux russes ont réagi à leur manière au blocage des négociations russo-américaines sur le déploiement de leurs forces au Kosovo : ils ont agi sans prévenir l’Otan ni, ce qui est plus surprenant, le ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et l’émissaire de Boris Eltsine pour la Yougoslavie, Viktor Tchernomyrdine. Samedi, 200 à 300 parachutistes russes contrôlaient l’aéroport militaire de Slatina, au sud-ouest de Pristina, le chef-lieu du Kosovo, et l’agence Interfax évoquait l’arrivée prochaine de plusieurs centaines d’hommes pour renforcer la zone de responsabilité russe. Les forces britanniques, qui, selon les plans de l’Otan, devaient contrôler la zone de Pristina, ont commencé à arriver samedi après-midi, sans que l’on sache comment s’effectuera leur déploiement sur un terrain déjà occupé par les Russes. Une double vengeance Le Kremlin n’a pas caché la satisfaction que lui procurait cette opération rondement menée : le président Boris Eltsine a accordé samedi une promotion au général Viktor Zavarzine, qui, quelques heures plus tôt, était entré au Kosovo à la tête des unités de parachutistes. Pied de nez supplémentaire pour l’Alliance atlantique, le général Zavarzine est le représentant de la Russie au siège de l’Otan à Bruxelles et il a participé aux dernières négociations avec les Occidentaux sur l’application du plan de paix au Kosovo. Les généraux russes se sont vengés à leur façon de l’Otan, qui souhaite les marginaliser au Kosovo : les unités arrivées au Kosovo venaient, en effet, de Bosnie, où elles étaient théoriquement sous commandement opérationnel Otan, provoquant la colère du général américain Wesley Clark, chef militaire de l’Alliance atlantique et commandant suprême de la force de paix internationale au Kosovo (Kfor). En établissant une zone russe autour de l’aéroport de Slatina, sous le commandement du général Zavarzine, la Russie a commencé à régler sur le terrain ce que le secrétaire d’État adjoint américain, Strobe Talbott, et les diplomates russes n’arrivent pas à mettre au point depuis jeudi à Moscou. Les généraux russes n’ont pas seulement pris par surprise les Occidentaux, ils ont aussi laissé dans l’ignorance de leur projet MM. Ivanov et Tchernomyrdine. M. Ivanov a désavoué cette opération dans une déclaration à la chaîne de télévision américaine CNN, alors que M. Tchernomyrdine a simplement indiqué n’avoir «pas été mis au courant» de l’entrée des troupes russes au Kosovo. Là aussi, l’armée semble avoir pris sa revanche : les généraux russes avaient exprimé leur mécontentement à propos de l’accord de paix sur le Kosovo négocié entre Russes et Occidentaux, accusant la diplomatie russe de n’avoir pas suffisamment défendu les intérêts de Moscou et de Belgrade face à l’Otan. Le général Léonid Ivachov, chef du département de coopération militaire au ministère de la Défense et conseiller de la délégation russe pendant les négociations avec Belgrade et l’Otan, est le porte-drapeau de cette grogne au sein de l’armée. «Les militaires russes ne sont pas contents de nombreuses dispositions» de cet accord, avait-il déclaré le 3 juin à son retour de Belgrade, où il avait accompagné M. Tchernomyrdine pour présenter le plan au président yougoslave Slobodan Milosevic. Le général Ivachov avait dénoncé les ambiguités du plan de paix qui, selon lui, faisait dépendre «de la bonne ou de la mauvaise volonté de l’Otan et des États-Unis le niveau, le rôle et le mode de subordination» des unités russes dans la Kfor.
L’armée russe a offert au Kremlin une revanche très symbolique sur les Occidentaux avec l’entrée triomphale au Kosovo de ses troupes dans la nuit de vendredi à samedi, qui a mis l’Otan devant le fait accompli. Les généraux russes ont réagi à leur manière au blocage des négociations russo-américaines sur le déploiement de leurs forces au Kosovo : ils ont agi sans prévenir l’Otan ni, ce qui est plus surprenant, le ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et l’émissaire de Boris Eltsine pour la Yougoslavie, Viktor Tchernomyrdine. Samedi, 200 à 300 parachutistes russes contrôlaient l’aéroport militaire de Slatina, au sud-ouest de Pristina, le chef-lieu du Kosovo, et l’agence Interfax évoquait l’arrivée prochaine de plusieurs centaines d’hommes pour renforcer la zone de responsabilité russe. Les...