J’écoutais, l’autre soir, à TV5, un commentaire fourni sur la guerre du Kosovo. Vint le tour d’un polémologue notoire qui s’extasiait sur ce fait exceptionnel que l’Otan a gagné la guerre sans perdre une âme. Quel prodige ! Les milliers de Serbes et de Kosovars qui ont cuit sous les bombes, c’est de la friture, ça ne compte pas. Il y a des hommes et des sous-hommes… Puis, l’irrédentiste Serbie offrait à des armes sophistiquées, qui relèvent de la plus haute technologie, un champ expérimental de choix. Et les armes, ça s’utilise et ça s’éprouve. Les médias ayant nivelé l’opinion, tous les ratés technologiques devenaient déplorables, mais possibles et excusables. Technologiques ou humains, qu’importe ! Il fallait savoir, et l’occasion de tester n’était pas à perdre ; un champ de tir étranger et d’envergure ne s’offrant pas tous les jours… D’autant plus que chaque membre de l’Alliance sera sommé, en fin de course, de participer aux frais de la guerre, malgré la décoinfiture d’un euro naissant. Une mise au pas forcée, doublée d’un chef d’orchestre impérieux et intraitable. Que voudriez-vous que l’on fît avec une Russie exsangue, une Chine matraquée mais nécessiteuse et embrouillée, et un pauvre petit Machin ? Baguette en main, le chef d’orchestre triomphe d’avoir évité le cuisant souvenir du Vietnam et restauré un prestige, que des frasques aventureuses avaient récemment terni. Chef de guerre puis chef de paix ! Quelle paix ? Celle des armes ? Et où ? Dans les Balkans ? L’Alliance croit-elle donc avoir gommé, à coups de bombes, le terme même de balkanisation, si lourd d’histoire ? Ses éminents stratèges, tout au moins ceux d’Europe, rompus au dialogue et à la concertation, sont-ils sûrs que réduire par la force des armes un conflit ethnique, c’est vraiment le résoudre ? À l’aube du troisième millénaire, le nationalisme n’est plus de mise, dit-on. On le souhaiterait vivement. Mais qui donc a provoqué l’exécrable nationalisme serbe ? Le savoir historique serait ici éclairant. Mais comme le disait ce sage La Fontaine : «La raison du plus fort est toujours la meilleure». Certes, mais pour combien de temps ?
J’écoutais, l’autre soir, à TV5, un commentaire fourni sur la guerre du Kosovo. Vint le tour d’un polémologue notoire qui s’extasiait sur ce fait exceptionnel que l’Otan a gagné la guerre sans perdre une âme. Quel prodige ! Les milliers de Serbes et de Kosovars qui ont cuit sous les bombes, c’est de la friture, ça ne compte pas. Il y a des hommes et des sous-hommes… Puis, l’irrédentiste Serbie offrait à des armes sophistiquées, qui relèvent de la plus haute technologie, un champ expérimental de choix. Et les armes, ça s’utilise et ça s’éprouve. Les médias ayant nivelé l’opinion, tous les ratés technologiques devenaient déplorables, mais possibles et excusables. Technologiques ou humains, qu’importe ! Il fallait savoir, et l’occasion de tester n’était pas à perdre ; un champ de tir étranger...
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