Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Correspondance La tulipomania revisitée(photos)

On sait que la Hollande est le berceau des tulipes et les tulipes sont des fleurs élégantes et d’une infinie grâce. Ce que l’on sait moins, c’est que Cette fleur a rendu les hommes fous. Tel est, en effet, le titre d’un ouvrage qui vient de sortir simultanément en Angleterre et aux États-Unis. Son auteur, qui se nomme Anna Pavord, est une journaliste spécialisée en botanique et qui collabore au quotidien britannique The Independant. Elle est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages qui sont des références dans ce domaine. Subjuguée par cette fleur, elle a voulu en saisir toute l’essence et la racine depuis son bourgeonnement en Asie centrale jusqu’à son plein épanouissement en Hollande. Et c’est une moisson fabuleuse qu’elle a obtenu. En 439 pages, très joliment illustrées, elle fait l’historique scientifique et légendaire de la plante et s’arrête longuement sur «la tulipomania». En quoi consiste ce phénomène ? Cette fascination collective se situe entre 1634 et 1637, lorsque les horticulteurs hollandais ont dépensé des sommes folles pour acquérir les bulbes. Cette vague n’était pas générée par une passion pour la fleur mais par l’avidité de gain des jardiniers qui se sont mis à spéculer sur «l’azen», cette mesure ancienne qui servait à peser les bulbes. Tout avait commencé avec un boulanger hollandais nommé Jeuriaen Jansz qui avait appris que des acheteurs avaient secrètement planté les bulbes précieux, qu’il leur avait vendus à un prix bas pour les revendre à un prix fort. L’année suivante, il y a eu une vente aux enchères de 99 plants dont chacun a atteint un prix équivalent au salaire de deux ans d’un charpentier. À cette époque, les espèces les plus recherchées, donc les plus coûteuses, étaient celles striées de blanc ou de jaune et celles recouvertes d’un fin duvet velouté. Ce n’est qu’au 20e siècle que des scientifiques ont découvert que ces variations étaient dues à un virus qui, en affaiblissant les bulbes, causaient ces métamorphoses. La frénésie a commencé à décroître en 1637, mais les Hollandais ont continué à cultiver, avec rationalité cette fois, la fleur qui avait déclenché le délire de tous. C’est ainsi qu’ils ont pris le temps de constituer des pépinières et de s’occuper de greffes, de boutures, de terreaux adéquats, etc. Tulipe, ou turban en turc Quant au halo initial donné aux tulipes, il est le fait des dirigeants de l’Empire ottoman qui, en étendant leur territoire vers les montagnes de l’Asie centrale et le Caucase, ont ramené à Istanbul cette fleur qui leur paraissait étrange et qui poussait à l’état sauvage. Des spécimens ont été plantés dans les palais des sultans. Les artisans en ont fait les motifs de tapis, de tissus brodés et de céramiques. On raconte que le sultan Sélim II avait demandé au shérif de la région de Aziz (qui fait aujourd’hui partie de la Syrie) de lui envoyer 50 000 tulipes pour les jardins impériaux. À noter que le mot tulipe vient du turc «tolipend», qui signifie turban, vu sa ressemblance avec cette coiffe. En 1730, au moment où la tulipe a cessé d’être la favorite des sultans, ce fut donc au tour de l’Europe de tomber sous sa magie. On n’est pas tout à fait sûr de l’identité de la personne qui a introduit la fleur en Europe. Il est dit que la première personne qui l’a décrite, dans une gravure, est le botaniste suisse Conrad Gesner, après l’avoir vue en Bavière. À la fin du 16e siècle, le bulbe avait atteint la notoriété qu’on lui connaît. Ceux qui ne pouvaient pas cultiver les tulipes achetaient leurs représentations picturales qui ont porté des signatures aussi prestigieuses que celles de Brueghel et Bosschaert. Les écrivains ont aussi été émerveillés par cette fleur. La Bruyère écrit : «(...)Aussi est-elle nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées ; elle a un beau vase et un beau calice… Il la contemple et il l’admire… Sa tulipe, il ne la livrerait pas pour mille écus et qu’il donnera pour rien quand les tulipes seront négligées et que les œillets auront prévalu».
On sait que la Hollande est le berceau des tulipes et les tulipes sont des fleurs élégantes et d’une infinie grâce. Ce que l’on sait moins, c’est que Cette fleur a rendu les hommes fous. Tel est, en effet, le titre d’un ouvrage qui vient de sortir simultanément en Angleterre et aux États-Unis. Son auteur, qui se nomme Anna Pavord, est une journaliste spécialisée en botanique et qui collabore au quotidien britannique The Independant. Elle est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages qui sont des références dans ce domaine. Subjuguée par cette fleur, elle a voulu en saisir toute l’essence et la racine depuis son bourgeonnement en Asie centrale jusqu’à son plein épanouissement en Hollande. Et c’est une moisson fabuleuse qu’elle a obtenu. En 439 pages, très joliment illustrées, elle fait l’historique...