Andreï Medvedev a balayé mercredi le favori brésilien Gustavo Kuerten hors du tournoi de Roland-Garros 7-5, 6-4, 6-4 pour aller en demi-finales. L’Ukrainien en état de grâce a retrouvé son tennis dévastateur qui l’avait porté au quatrième rang mondial en 1994. Aujourd’hui 100e mondial et âgé de 24 ans, il décroche une place dans le dernier carré pour la deuxième fois de sa carrière, six ans après sa défaite contre le futur vainqueur Sergi Bruguera. «Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas d’homme plus heureux que moi», a déclaré le Slave dans un sourire malicieux. Tout a fonctionné à la perfection pour Medvedev: puissants services, coups droits rageurs, mais aussi amorties judicieuses. En face, le jeu très technique de «Guga» n’a guère pu s’exprimer sur un court central balayé par un vent tourbillonnant. «Le vent était fort. Ce n’était pas les meilleures conditions. Mais je pense qu’il avait autant de problèmes à adapter son jeu que moi», a déclaré le vaincu, toujours beau joueur. Seule la première manche en forme de partie d’échecs s’est avérée indécise. Au bout de dix jeux de très haute tenue, c’est Kuerten qui a craqué sur les diagonales de fou de son rival, concédant son service puis le set au bout de cinquante-neuf minutes. Rage et frustration «J’étais le premier à dire qu’il était le favori numéro un», a souligné Medvedev après coup. «Quand on joue contre le meilleur joueur actuel sur terre battue, on attend de voir si on peut faire jeu égal avec lui. J’ai vu dès le début que j’avais ma chance». Medvedev l’a encore saisie en faisant un nouveau break à 4-3 dans la deuxième manche, concédée cette fois par le vainqueur de l’édition 1997 en une demi-heure. L’entame du troisième set a encore été accrochée – «Guga» revenant 2-2 puis menant 3-2 avant que Medvedev n’annule son break - mais trop de signes de nervosité ont montré que le Brésilien n’avait aucun contrôle de la situation. «Ma balle ne lui faisait pas mal. Je ne pouvais pas jouer mon jeu. Il ne m’a pas donné d’occasions de prendre mon rythme», expliquera-t-il. À 5-4, Medvedev a servi pour le match mais gaspillé trois balles de match, dont une sur double faute. Kuerten a repris la main, avec une balle de break mais l’a gâchée à son tour. Sur la quatrième balle de match, Medvedev s’est imposé et «Guga», de rage, a envoyé une balle dans les nuages bas du ciel parisien. «C’était un geste de frustration. Je ne sentais pas bien la balle. J’ai très mal joué aujourd’hui», a conclu le récent vainqueur des tournois de Monte-Carlo et Rome. Corretja vaincu par Meligeni et l’allergie Alex Corretja a tenu à terminer mercredi son quart de finale contre Fernando Meligeni même s’il savait qu’il n’avait aucune chance, perturbé par les conséquences d’une allergie contractée il y a trois jours. «Cinq minutes après le début du match, j’ai su que je ne gagnerais pas», a déclaré l’Espagnol, sixième joueur mondial et finaliste l’an dernier. «J’étais complètement mort». Pour rien au monde, cependant, le Catalan n’aurait voulu abandonner. «J’ai failli après deux sets (6-2 6-2) mais j’ai tenu jusqu’au bout. Je déteste abandonner car cela diminue le mérite de votre adversaire», a précisé ce joueur jugé parmi les plus sympathiques du circuit. Son vainqueur ne lui a en outre pas facilité la tâche. Tombeur de Patrick Rafter, numéro trois mondial, au tour précédent, il a déroulé son meilleur tennis. «Le score est facile mais au début, ce n’était pas facile», a déclaré le Brésilien. «Contre les Espagnols, même si vous menez deux sets à rien, il ne faut rien laisser passer». Au troisième set expédié 6-0, Meligeni a tout de même eu quelques doutes. «Il n’a pas vraiment joué, il est resté debout sans bouger en se contentant de renvoyer». «C’est probablement une des défaites les pires de ma carrière car je n’ai pas pu me battre», a expliqué Corretja. «J’espérais qu’en m’échauffant au fil du match, ça irait mieux, mais au contraire». Depuis deux ans, le joueur, qui avait déjà jeté l’éponge à Hambourg contre Albert Costa pour la même raison, n’avait pas été gêné par cette allergie. Lundi, au lendemain des premiers symptômes, il avait tenu le coup face à l’Autrichien Stefan Koubek. «J’ai pris un médicament et le premier jour, j’ai très bien réagi au traitement. Mais aujourd’hui, je ne me sentais pas bien du tout». «Chaque fois que je voulais courir, j’avais comme une centaine de kilos dans chaque jambe. Dès qu’il y avait un échange de quatre ou cinq balles, je savais que je ne pourrais pas continuer», a expliqué l’Espagnol. Il a tout de même eu la force de prononcer un «Bonne chance» à Meligeni qui affrontera vendredi l’Ukrainien Andreï Medvedev pour une place en finale. Jana Novotna sérieusement blessée à la cheville droite La Tchèque Jana Novotna s’est sérieusement blessée à la cheville droite alors que, associée à la Bélarusse Natasha Zvereva, elle participait à un quart de finale du double dames des Internationaux de France de tennis, contre l’Américaine Lindsay Davenport et la Française Mary Pierce, mercredi, au stade Roland-Garros. Le score en était à 3-2 et 40-40 en faveur de Novotna-Zvereva, avec Davenport au service, quand la Tchèque se tordit la cheville avant de heurter son équipière en tentant désespérément de reprendre une balle en coup droit. Victime d’une entorse externe avec des complications probables, elle est restée longtemps étendue au sol avant d’être emportée sur une chaise roulante. Il est vraisemblable qu’elle ne pourra pas défendre son titre à Wimbledon à partir du 21 juin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Andreï Medvedev a balayé mercredi le favori brésilien Gustavo Kuerten hors du tournoi de Roland-Garros 7-5, 6-4, 6-4 pour aller en demi-finales. L’Ukrainien en état de grâce a retrouvé son tennis dévastateur qui l’avait porté au quatrième rang mondial en 1994. Aujourd’hui 100e mondial et âgé de 24 ans, il décroche une place dans le dernier carré pour la deuxième fois de sa carrière, six ans après sa défaite contre le futur vainqueur Sergi Bruguera. «Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas d’homme plus heureux que moi», a déclaré le Slave dans un sourire malicieux. Tout a fonctionné à la perfection pour Medvedev: puissants services, coups droits rageurs, mais aussi amorties judicieuses. En face, le jeu très technique de «Guga» n’a guère pu s’exprimer sur un court central balayé par un vent...