Dominik Hrbaty et Andre Agassi se sont qualifiés mardi pour les demi-finales de Roland-Garros sans se poser de questions. L’Américain, tête de série numéro 13, a démoli le qualifié uruguayen Marcelo Filippini en 1h12 6-2, 6-2, 6-0. Hrbaty a renvoyé à ses doutes un des favoris du tournoi, Marcelo Rios, 7-6, 6-2, 6-7 6-3. «Je joue chaque match l’un après l’autre. Le fait que je sois dans un tournoi du Grand Chelem ne change rien», a déclaré le jeune Slovaque de 21 ans, 30e mondial. «Cela montre la force du tennis actuel. Il joue bien, il produit un des meilleurs tennis et il mérite sa place», a commenté son prochain adversaire Agassi. Pour arriver jusqu’au dernier carré, Hrbaty s’était déjà offert un probant succès sur le numéro un mondial Evgueni Kafelnikov au deuxième tour. Face au Chilien, tête de série numéro neuf, il ne s’est jamais départi de son culot, frappant d’incroyables balles le long des lignes, usant Rios à l’aide de sa très longue première balle de service. «D’habitude, il ne sert pas aussi bien. C’était difficile de retourner», a déclaré le vaincu. Rios a bien résisté un set, empochant la troisième manche après avoir tout de même attendu la cinquième balle de set pour l’emporter au jeu décisif. Mais le gaucher le plus doué de la terre battue n’a pas pu rééditer sa performance des huitièmes de finale, où il avait remonté deux sets au Basque Alberto Berasategui. Dans la quatrième manche, le récent vainqueur de Hambourg et Sankt-Polten s’est effondré, perdant son service pour être mené 3-0, puis 5-3. Agassi en promenade Sur la première balle de match du Slovaque bondissant, Rios a cédé, épuisé, se plaignant après coup de douleurs aux jambes. «J’étais en meilleure condition que lui pour gagner aujourd’hui», a déclaré Hrbaty. Rios n’est jamais parvenu à dépasser le stade des quarts de finale en six participations au tournoi de la Porte d’Auteuil. Sa meilleure performance à ce jour dans un tournoi du Grand Chelem est sa place en finale des Internationaux d’Australie en 1998, où il avait été battu par Petr Korda. L’an passé, il figurait au troisième rang des têtes de série après avoir été numéro un mondial quelques semaines plus tôt. Mais il s’était incliné face au futur vainqueur Carlos Moya. Agassi, lui, a passé dimanche ce redoutable obstacle espagnol en huitième de finale. En pleine renaissance, l’ancien double finaliste de 1990 et 1991 n’a eu aucun mal à poursuivre mardi sa route, effectuant une démonstration aux dépens du malheureux Filippini. Totalement sûr de lui dans ses attaques, à tous les coups gagnantes, il s’est offert le luxe de conclure le match par un ace sur sa deuxième balle de service. «Il reste encore deux matches. Ce seront les plus difficiles. Je dois juste exécuter mes coups parfaitement et on verra», a résumé l’Américain. Roland-Garros est le seul tournoi du Grand Chelem qu’il n’a jamais gagné. Hingis et Sanchez balaient les Autrichiennes Martina Hingis et Arantxa Sanchez ont pris rendez-vous mardi pour la première demi-finale dames de Roland-Garros en ne laissant aucune miette à leurs deux rivales autrichiennes. Barbara Schwartz et Sylvia Plischke avaient pourtant de l’appétit à l’entrée de leurs quarts de finale respectifs : la première avait éliminé la cinquième mondiale Venus Williams au tour précédent, la seconde avait battu ce dernier mois quatre joueuses classées dans le Top 20. Plischke, 34e mondiale, s’était au passage offert un succès probant sur la Catalane, 6-4, 6-1 aux Internationaux d’Italie. Mais Arantxa n’a rien laissé échapper cette fois. «Elle est beaucoup plus motivée ici, a noté l’Autrichienne. Elle voulait arriver en demi-finale et, en plus, je l’avais battue à Rome, elle avait une revanche à prendre». «J’ai toujours bien marché ici. J’adore l’ambiance, j’adore cette ville», a confirmé la triple lauréate du tournoi. Malgré un début de match accroché, la tête de série numéro sept a posé son emprise sur la rencontre en prenant le service de son opposante à 3-2 dans la première manche, puis en débordant de nouveau son adversaire 5-2 dans la deuxième. «Je l’ai peut-être surprise en prenant la balle très tôt, en attaquant souvent la balle», a-t-elle dit. Malgré un premier service toujours aléatoire, la Catalane a en outre prouvé par son jeu défensif, sans doute le meilleur du circuit, qu’elle restait une sérieuse candidate au trophée. Deux balles de match sauvées par Plischke n’ont pas entamé sa volonté de fer, récompensée sur la troisième. Le revers de Schwartz Hingis n’a guère non plus tremblé face à une énigmatique rivale dotée d’un des plus beaux revers de la quinzaine. Après deux jeux enlevés par l’inattendue tombeuse de Venus Williams au précédent tour, qualifiée et 125e mondiale, la numéro un mondiale a simplement trouvé la clé tactique du match, pilonnant sans cesse le revers de Schwartz avant de la faire craquer sur son coup droit bien moins tranchant. «Quelquefois, j’étais là et elle ne s’y attendait pas, a expliqué Hingis. Avec elle, il faut être patiente. Elle fait un point gagnant, il suffit de passer au suivant». La stratégie toute simple dont Venus Williams avait pensé pouvoir se passer a payé : 31 fautes directes au débit de l’Autrichienne. Hingis a en outre bien mieux servi, s’offrant un pourcentage de première balle de 74 %. «J’ai essayé de frapper fort la balle et de rester dans le court. Derrière la ligne, je ne peux rien. Mais j’ai commis bien trop d’erreurs», a résumé la jeune sensation de cette édition, 20 ans, qui s’est tout de même déclarée satisfaite d’un «match ok» et d’un «bon tournoi». Hingis a rendu hommage à sa rivale malheureuse, jugeant, en réponse à une question, que son jeu était supérieur à celui d’Amélie Mauresmo, 17e mondiale. La Suissesse va maintenant rencontrer Sanchez pour la dixième fois de sa carrière. Elle s’est imposée neuf fois, dont une fois en quart de finale de Roland-Garros en 1997. Mais, a plaisanté l’Espagnole, «ce n’était pas sur le court central».
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