Pour la première fois, deux Brésiliens disputeront les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem : Gustavo Kuerten, tête de série numéro 8, et Fernando Meligeni, 54e mondial, ont en effet passé, lundi, le cap des huitièmes de finale des Internationaux de France de tennis. Si, pour Kuerten, vainqueur de l’édition 1997 et favori du tournoi parisien, le succès face au Tchèque Bohdan Ulihrach était escompté, la tâche paraissait autrement plus difficile pour son compatriote, dont le meilleur résultat à Paris était deux places en huitièmes de finale, l’an dernier et en 1993. Né en Argentine et résidant à Sao Paulo, Meligeni avait déjà créé la surprise samedi en dominant l’Australien Patrick Rafter (N°3). Sorte de Roberto Benigni des cours, Meligeni a déjà gagné à Roland-Garros le prix d’interprétation pour sa dégaine et ses mimiques. Raquette à la main gauche, et dans un bon jour, il peut aussi se révéler un remarquable joueur, au registre étendu. S’il a visé souvent le revers de l’Espagnol Felix Mantilla, un pur relanceur, pour s’ouvrir ainsi le court, Meligeni a su également faire durer l’échange. Après avoir perdu négligemment le deuxième set, le Brésilien, pour une fois épargné par les blessures, a conclu au jeu décisif de la quatrième manche 6-1, 5-7, 7-5, 7-6 (7/1). Kuerten, homme-araignée, a encaissé un 0-3 d’entrée face à Ulihrach avant de régler ses trajectoires. Il a conclu les deux premiers sets de manière identique : 6-4 avec jeu blanc. Et le troisième set s’est transformé en une formalité pour le vainqueur de Rome (6-2). Arnaud Di Pasquale victime de son inexpérience Il n’y a plus de Français à Roland-Garros. 61e mondial, le dernier en lice, Arnaud Di Pasquale, péchant par inexpérience, a en effet été éliminé, 7-6 (7/5), 7-6 (7/3), 6-1, en 2 heures et 12 minutes, par l’Ukrainien Andrei Medvedev, 100e mondial, en huitième de finale des Internationaux de France, lundi, au stade Roland-Garros. Medvedev n’est peut-être plus le jeune homme agile, un peu large du bassin, qui dansait autour de la balle avec la souplesse d’un ours. Avec son short en tissu Prince de Galles, il aurait plutôt désormais la raideur d’un gentleman monégasque. Mais il a conservé un coup de patte très suave, qui lui permet d’alterner les amorties désespérantes avec des missiles en coup droit. Sans doute ce vétéran chauve de 24 ans, résident du célèbre Rocher, n’a-t-il pas encore retrouvé toute sa splendeur passée. Celle qui en avait fait un demi-finaliste en 1993, à l’âge de dix-huit ans, et le N°4 mondial la saison suivante. Possédant un bagage technique très complet, il est cependant toujours difficile à prendre en défaut. Et surtout, il avait l’expérience de 25 tournois du Grand Chelem alors que Di Pasquale, de quatre ans son cadet, n’en était qu’à son quatrième. Or, si les jeux décisifs sont affaire de hasard, ils font aussi la part belle à l’expérience. Outre quelques splendides occasions ratées, le jeune Français perdit donc le premier sur une double faute et n’évita pas un nouvel échec dans le deuxième, après avoir été mené 3-0 pour la seconde fois au début de la manche. Il rechercha d’autre part parfois inutilement la difficulté, usant et abusant d’un coup droit avec lequel il inscrivit, certes, 20 points, mais commit également une bonne partie de ses 60 fautes directes, contre 49. Face à un adversaire entré pour la dernière fois en quart de finale d’un tournoi du Grand Chelem en 1994, il aurait pu faire basculer le sort en sa faveur. Mais il eut fallu pour cela qu’il se montrât un peu plus efficace au service. Ne marqua-t-il pas seulement 58 % des points avec sa première balle, contre 71 % pour Medvedev? Corretja, discrètement Finaliste des Internationaux de France de tennis l’an dernier et dernier Espagnol encore en lice à Roland-Garros, Alex Corretja a discrètement taillé sa route jusqu’aux quarts de finale. Loin des projecteurs, l’Espagnol, tête de série numéro six, a battu lundi l’Autrichien Stefan Koubek, 65e, malgré une allergie – probablement d’origine alimentaire – qui lui a fait craindre un moment de ne pas pouvoir tenir sa place. «Hier (dimanche), je me suis réveillé au milieu de la nuit. Je n’étais pas bien et j’avais le sentiment que je ne pourrais pas jouer. Aujourd’hui, sur le court, je me sentais fatigué. Mais mon mental était très fort, j’étais très présent et lui n’a pas très bien joué. J’ai eu de la chance», a-t-il admis. Jusqu’ici, Corretja n’a affronté aucune des têtes d’affiche, ni même de véritables grands spécialistes de la terre battue – «Certains sont quand même très durs, les Argentins et les Espagnols sont difficiles à battre», rappelle-t-il. En quart de finale, Corretja aura encore un adversaire à sa portée en la personne du Brésilien Fernando Meligeni, seulement 54e mondial mais tombeur successif de Patrick Rafter, numéro trois, et Felix Mantilla, numéro 14. Un tirage favorable qui pourrait laver l’honneur du tennis hispanique. «C’est dommage d’être le dernier Espagnol en lice. Nous sommes tous copains et on aime que les copains soient eux aussi dans les derniers tours. Ils ont tous eu la possibilité de gagner. C’est triste mais moi, je dois me concentrer sur mon tennis», a-t-il conclu.
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